Renaud, album « Renaud », 2016

C’est pas donné aux animaux, pas non plus au premier blaireau
Mais quand ça vous colle à la peau, putain qu’est-ce que ça vous tient chaud
Écrire et faire vivre les mots, sur la feuille et son blanc manteau
Ça vous rend libre comme l’oiseau, ça vous libère de tout les mots,
Ça vous libère de tous les maux

C’est un don du ciel, une grâce, qui rend la vie moins dégueulasse
Qui vous assigne une place, plus près des anges, que des angoisses.

Poèmes, chansons, brûlots, vous ouvrent des mondes plus beaux
Des horizons toujours nouveaux, qui vous éloignent des troupeaux
Et il suffit de quelques mots, pour toucher le cœur des marmots,
Pour apaiser les longs sanglots, quand votre vie part à vau-l’eau
Quand votre vie part à vau-l’eau.

C’est un don du ciel une grâce, qui rend la vie moins dégueulasse
Qui vous assigne une place, plus près des anges, que des angoisses.

Les poèmes d’un Léautaud, ceux d’un Brassens d’un Nougaro
La plume d’un Victor Hugo éclairent ma vie comme un flambeau

Alors gloire à ces héros, qui par la magie d’un stylo
Et parce qu’ils font vivre les mots, emmènent mon esprit vers le haut,
Emmènent mon esprit vers le haut.

C’est un don du ciel, une grâce, qui rend la vie moins dégueulasse
Qui vous assigne une place, plus près des anges, que des angoisses
Qui vous assigne une place, plus près des anges, que des angoisses.

Jean-Jacques Goldman, A l’envers, [Album « Démodé »], 1981

J’ai bu dans toutes les tasses
J’ai gouté à  tous les verres
J’ai perdu cent fois la face
Mais sans rien gagner derrière

J’voudrais bien trouver ma place
Naufragé cherche une terre
Déposer un peu d’angoisse
Y respirer un peu d’air
Autre part, autre frontière

La tête à  l’envers
J’fais jamais jamais jamais l’affaire

Déguisé comme un gagnant
Tout dehors et rien dedans
Bronzage été comme hiver
Ça j’ai jamais su le faire

J’suis tombé profond profond
J’croyais tous les zéros frères
Mais dans la jungle des bas-fonds
Rallume un peu la lumière
J’suis pas plus doué pour l’enfer

La vie à  l’envers
J’fais jamais jamais jamais l’affaire

J’ai cherché dans tous les livres
En long en large en travers
J’ai rien trouvé qui délivre
J’ai rien trouvé qui espère

J’t’ai pas dit les mots des autres
J’connais pas l’vocabulaire
Suffit pas d’être sincère
Y a des façon des manières
J’suis pas doué j’sais pas y faire

Le cœur à  l’envers
J’fais jamais jamais jamais l’affaire

Jean-Jacques Goldman, Brouillard, [Album « Démodé »], 1981

Brouillard et matin
Blanches et froides mes mains
Le poids du sac aux épaules

Brumes dans la tête
Les secondes et les gestes
Le froid qui brûle et qui frôle

L’heure n’est pas aux projets, regrets passés, oubliés rêves et délires
Si tu ne sais pas où tu vas, l’habitude est là pour te le dire

Muscle qui fatigue
C’est l’outil qui te guide
Le feu l’acier qui imposent

Douces dans la tête
Des voix, loin, te répètent
Il y a des rêves qu’on ose

L’heure n’est plus aux projets, regrets passés oubliés rêves et délires
La route est là, ton pas claque pour de vrai, pour ne plus revenir

Je prendrai la nationale
Guidé par une évidence
Par une fièvre brutale et je partirai

Je prendrai les pluies du Sud
Pures et lourdes à bras le corps
Les tiédeurs et les brûlures et je renaîtrai
J’écouterai les secondes dans les pays arrêtés
Elles durent tout un monde, une éternité
Et quand j’atteindrai le terme quand le tour sera joué
Je n’aurai jamais plus jamais les yeux baissés

Oublier les visages
Regretter son sourire
Les larmes au coin de ses cils

Savoir briser partir
Pour ne jamais haïr
C’est tellement difficile

L’heure n’est plus aux projets, regrets passés, oubliés rêves et délires
La route est là, ton pas claque pour de vrai pour ne plus revenir

Jean-Jacques Goldman, A nos actes manqués, album « Fredericks Goldman Jones », 1990

A tous mes loupés, mes ratés, mes vrais soleils
Tous les chemins qui me sont passés à  côté
A tous mes bateaux manqués, mes mauvais sommeils
A tous ceux que je n’ai pas été

Aux malentendus, aux mensonges, à  nos silences
A tous ces moments que j’avais cru partager
Aux phrases qu’on dit trop vite et sans qu’on les pense
A celles que je n’ai pas osées
A nos actes manqués

Aux années perdues à  tenter de ressembler
A tous les murs que je n’aurais pas su briser
A tout c’que j’ai pas vu tout près, juste à  côté
Tout c’que j’aurais mieux fait d’ignorer

Au monde, à  ses douleurs qui ne me touchent plus
Aux notes, aux solos que je n’ai pas inventés
Tous ces mots que d’autres ont fait rimer et qui me tuent
Comme autant d’enfants jamais portés

A nos actes manqués

Aux amours échouées de s’être trop aimé
Visages et dentelles croisés justes frôlés
Aux trahisons que j’ai pas vraiment regrettées
Aux vivants qu’il aurait fallu tuer

A tout ce qui nous arrive enfin, mais trop tard
A tous les masques qu’il aura fallu porter
A nos faiblesses, à  nos oublis, nos désespoirs
Aux peurs impossibles à  échanger

A nos actes manqués

Johnny Hallyday, N’en vouloir à personne, texte d’Isabelle Bernal, album « L’attente », 2012

Quand la vie nous envoie
Dans les yeux
La poussière
Dans la peau
La peur
Dans les mains
La sueur
Rester debout

Quand la vie nous envoie
Dans la tête
La colère
Dans le coeur
La peine
Dans le corps
La douleur
Rester debout
Et malgré tout

N’en vouloir à personne
Et jusqu’au bout
Etre encore qui nous sommes
Prendre des coups
Et accepter la somme
De ce qui fait qu’on touche
Le fond et qu’on pardonne
N’en vouloir à personne

Quand la vie nous envoie
Dans les mains
De l’or
Dans les yeux
Le rêve
Dans l’âme
La paix
Etre à genoux

Quand la vie nous envoie
Dans le coeur
L’amour
Dans la peau
L’envie
Dans le corps
La vie
Etre à genoux
Par dessus tout

N’en vouloir à personne
Et être heureux
De c’que la vie nous donne
Et jusqu’au bout
Etre encore qui nous sommes
Tout ce qui fait qu’au fond
De nous un coeur résonne
N’en vouloir à personne

Et malgré tout
N’en vouloir à personne
Et jusqu’au bout
Etre encore qui nous sommes
Prendre des coups
Et accepter la somme
De ce qui fait qu’on touche
Le fond et qu’on pardonne

Et malgré tout
N’en vouloir à personne
Et être heureux
De c’que la vie nous donne
Et jusqu’au bout
Etre encore qui nous sommes
Tout ce qui fait qu’au fond
De nous un coeur résonne
N’en vouloir à personne

N’en vouloir à personne
N’en vouloir à personne

Véronique Sanson, Indestructible, album « Indestructible », 1998

Dans les antichambres obscures
On se retourne vers l’enfance
Pour y traquer les blessures
Les raisons de nos souffrances

On devine derrière le mur
La beauté d’un ciel immense
Le pardon d’après l’offense
Et la vie paraît moins dure

Indestructible
On est indestructible
Indestructible
Tout nous paraît possible

On déambule en silence
Dans les couloirs de la peur
On se joue l’indifférence
Dans les rues de la douleur

On continue notre errance
Entre le bien et le mal
Entre l’eau pure et l’eau sale
Mais toujours avec élégance

Indestructible
On est indestructible
Indestructible
Une âme inamovible

Une symphonie de malheur
Un opéra de lassitude
J’voudrais partir avant l’heure
Mais l’altitude
Ça me fait bien trop peur

Indestructible
On est indestructible
Indestructible
Le parfait cœur de cible

Une existence à rêver
D’une éternité d’avance
Puis la mort à tutoyer
Comme une vieille connaissance

Indestructible
On est indestructible
Indestructible
Mais beaucoup trop sensible
Indestructible
Une âme inamovible
Indestructible
Un parfait cœur de cible
Indestructible
Tout nous paraît possible

Indestructible
Tout nous paraît possible
Indestructible
Tout nous paraît possible
Indestructible

Johnny Hallyday, Te manquer, texte de Jeanne Cherhal, album « Rester vivant », 2014

Je partirai un soir quand tu m’aimeras encore
Je partirai d’ici pour raviver le feu
Pour tracer de mémoire les contours de ton corps
Je partirai aussi pour le plaisir du jeu

Te manquer, te manquer
Je voudrais te manquer

Je garderai pour toi le plus doux des silences
Je resterai des jours intraçable et muet
Je ferai de ma voix l’écho de mon absence
Et tout cet amour un sentiment parfait

Oui te manquer, te manquer
Je voudrais te manquer

J’inventerai loin de toi un exil volontaire
Mais brisant ma solitude avec des choses de rien
Quelques vers ou le bois d’un arbre centenaire
Que la chaleur du sud aura mis sous mes mains

Oui te manquer, te manquer
Je voudrais te manquer

Je serai l’étranger passant sous ta fenêtre
Je serai l’inconnu au détour d’un sentier
Je serai le danger que tu courras peut être
Je serai devenu ton désir tout entier

Te manquer, te manquer
Je voudrais te manquer

Alors je rentrerai lorsque je serai sur
De t’avoir tant manqué que tu n’en pourras plus
Tu m’ouvriras les bras en moi je te jure
Que tu retrouveras tout ce qui t’avait plu

Je redirai les mots qui te faisaient sourire
Et je te regarderai comme pour la première fois
Je danserai de nouveau dans l’éclat de ton rire
Oui je redeviendrai un mystère quelques fois

Te manquer, te manquer
Je voudrais te manquer
Te manquer, te manquer
Je voudrais te manquer