« On voudrait croire que, quand les choses en viennent enfin à s’accorder, c’est là le bonheur…

Or, c’est précisément quand les choses se recoupent complètement et coïncident que cette adéquation, en se stabilisant, se stérilise.

La coïncidence est la mort. C’est par dé-coïncidence qu’advient l’essor.

Dieu lui-même dé-coïncide d’avec soi, en mourant sur la Croix, pour promouvoir la vie vivante. Dans la faille de la dé-coïncidence une initiative est à nouveau possible se déployant en liberté.

Or, comme l’Age classique a fait de l’adéquation la définition même de la vérité, ou de la coïncidence avec la Nature le grand précepte de l’art comme de la morale, il est revenu à la modernité de rompre avec ce confort de la pensée.

François Jullien fait jouer ici le concept de « dé-coïncidence » dans la Bible, la peinture, la littérature, la philosophie, pour montrer comment il est à la source de l’art et de l’existence. « 

Philosophe, écrivain, poète, collaborant à la revue Edwarda, à Art press, La Nouvelle Quinzaine, littéraire, Lignes, L’Art même…, Véronique Bergen livre avec Les Premières fois un récit intimiste, une plongée dans les premières expériences fondatrices, qu’elles soient érotiques, amoureuses, initiatiques, spirituelles, musicales…

Sept chapitres plus un, sept portes ouvrent sur la magie particulière des premières explorations de l’existence, entre réminiscences et rêve, entre addiction à l’intensité des premières fois et pari en faveur de leur recréation continuée.

Premières fois
Un livre de Véronique Bergen

Il a été tiré de l’édition originale de cet ouvrage deux cents cinquante exemplaires sur O-lin Naturel 90 gr. numérotés de 1 à 250.
Les 50 exemplaires suivants représentent un tirage hors commerce.

Son format est de 10cm x 18cm.

Et un orateur dit : « Parle-nous de la Liberté ».
Et il répondit :
« A la porte de la cité et au coin du feu dans vos foyers je vous ai vus vous prosterner et adorer votre propre liberté,
Comme des esclaves qui s’humilient devant un tyran et bien qu’il les terrassent le glorifient.
Dans le jardin du temple et dans l’ombre de la citadelle j’ai vu les plus libres d’entre vous porter leur liberté comme un boulet à traîner.
Et en moi mon coeur saigna ; car vous ne pourrez être libre que si le désir de quérir la liberté devient un harnais pour vous, et si vous cessez de parler de liberté comme d’un but à atteindre et d’une fin en soi.
Vous ne serez réellement libre tant que vos jours ne seront pas chargés de soucis et que l’indigence et la souffrance ne pèseront pas sur vos nuits,
Mais plutôt lorsque votre vie sera ceint de ces contraintes et dès lors au-dessus d’elles vous vous élèverez, nu et délié.
Et comment pourriez-vous vous élever au-dessus de vos jours et de vos nuits si vous ne brisiez pas les chaînes que vous avez vous-même, à l’aube de votre esprit, attachées autour de votre midi ?
En vérité ce que vous appelez liberté est la plus solide de ces chaînes, même si ses maillons qui brillent au soleil et éblouissent vos yeux.
Et qu’est-ce que la liberté sinon des fragments de vous-même que vous cherchez à écarter pour devenir libre ?
Si vous croyez que la clé de la liberté se trouve derrière une loi injuste qu’il suffit d’abolir, dites-vous que cette loi a été inscrite de votre propre main sur votre propre front.
Vous ne pouvez l’effacer en brûlant tous vos livres de lois, ni même en lavant les fronts de vos juges, dussiez-vous y déverser la mer entière.
Et si vous pensez qu’en détrônant un despote, vous retrouverez votre liberté, voyez d’abord si son trône érigé en vous-même est bel et bien détruit.
Car nul tyran ne pourra dominer des sujets libres et fiers, que s’il existe déjà une tyrannie dans leur liberté et une honte dans leur fierté.
Et si vous cherchez à chasser vos soucis ou à dissiper vos craintes pour libérer ainsi votre esprit, sachez que vous-même les avez choisis avant que vous ne les ayez subis.
Et que le siège de votre frayeur est dans votre coeur et non point dans la main de celui qui vous fait peur.
En vérité tout ce qui se meut en vous est dans une constante semi-étreinte : ce qui vous terrifie et ce qui vous réjouit, ce que vous chérissez et ce que vous haïssez, ce que vous désirez saisir et ce que vous cherchez à fuir.
Vos actes sont des jeux d’ombres et de lumières en couples enlacés.
Toute ombre se dégrade, se fond et se meurt à l’arrivée d’une lumière,
Et quand l’ombre s’évanouit et n’est plus, toute lumière qui s’attarde derrière ses lisières devient alors une ombre pour une autre lumière.
Et ainsi quand votre liberté se désenchaîne devient elle-même les chaînes d’une plus grande liberté. »

Khalil Gibran, Le prophète

Un voyage inédit aux sources du langage et de la peinture.
Dans ce livre unique, Alain Rey et Fabienne Verdier partent à la découverte des sources de leur inspiration langagière et picturale. Les forces telluriques, la musique, le chant de la terre, le cosmos… À deux voix, ils dessinent les contours des formes sensibles du monde : une « polyphonie » littéraire et artistique, illustrée des tableaux, des films, des Carnets et des photographies de l’artiste à l’œuvre dans son atelier.

UNE ÉDITION CINQUANTENAIRE EXCEPTIONNELLE

Pour ses 50 ans, Le Petit Robert s’illumine de 22 œuvres originales de l’artiste Fabienne Verdier.

Le Petit Robert - Voix-Vortex
  • 22 tableaux originaux de Fabienne Verdier commentés par Alain Rey
  • Une préface d’Alain Rey sur l’histoire du Petit Robert et l’édition anniversaire
  • Un cahier de 8 pages sur l’échange artistique et littéraire entre le lexicographe et l’artiste
  • Une nouvelle édition avec de nombreux mots et sens nouveaux, de nouvelles expressions, locutions et citations littéraires
  • Et toujours, une description inégalée de la langue française : 300 000 mots et sens, 35 000 citations littéraires, 150 000 synonymes et contraires, 75 000 étymologies
Prix : 64,50 €
ISBN : 978-2-32101-060-9
Relié sous jaquette
Format : 24,7 x 26,8 cm
3 022 pages

Parution le 17 août 2017

DEUX NOUVELLES ÉDITIONS
DE FIN D’ANNÉE

Parution le 19 octobre 2017

Le Petit Robert devient quinquagénaire

À l’occasion de ses 50 ans, Le Petit Robert annonce la parution dès le 17 août 2017 d’une nouvelle édition anniversaire qui se déclinera sous trois versions. La nouvelle progéniture sera notamment illustrée par vingt-deux œuvres originales de l’artiste Fabienne Verdier commentées par le linguiste Alain Rey. Un voyage poétique au sein d’un dictionnaire qui se consulte comme il se contemple pour nous rappeler que les mots et la magie de leurs sens infinis ne sont qu’un gigantesque cadavre exquis.

Dans ma jeunesse, je rendis visite à un saint dans son bosquet silencieux qui se trouvait derrière les collines ; alors que nous nous entretenions de la nature de la vertu, un brigand arriva en claudiquant péniblement.

Lorsqu’il atteignit le bosquet, il s’agenouilla devant le saint et dit :
« Ô Saint, je voudrais être consolé ! Mes péchés sont trop lourds. »
Et le saint répliqua : « Moi aussi, mes péchés sont trop lourds. »
Le brigand dit : « Mais je suis un voleur et un pillard. »
Et le saint répliqua : « Moi aussi, je suis un voleur et un pillard. »
Le brigand dit : « Mais je suis un assassin, et le sang de plusieurs hommes crie dans mes oreilles. »
Et le saint répliqua : « Moi aussi, je suis un assassin, et dans mes oreilles crie le sang de plusieurs hommes. »
Le brigand dit : « J’ai commis d’innombrables crimes. »
Et le Saint de répliquer : « Moi aussi j’ai commis des crimes sans nombre. »
Puis le brigand se releva et regarda le saint ; il y avait un étrange regard dans ses yeux.
Et quand il nous quitta, il descendit la colline en sautillant.
Je me retournai vers le saint, disant : « Pourquoi t’accuses-tu de crimes non commis ?
Ne vois-tu pas que cet homme est parti en ne croyant plus en toi ? »
Et le saint répondit :
« Il est vrai qu’il ne croira plus en moi. Mais il est parti très consolé. »
À ce moment-là, nous entendîmes le brigand chanter très loin, et l’écho de sa chanson remplissait la vallée de joie.

Pour réaliser cette anthologie, Jean-Pierre Dahdah a recherché dans toute l’oeuvre de Khalil Gibran, en anglais ou en arabe, ainsi que dans sa correspondance, les joyaux de sa pensée, les passages fulgurants, les textes éclairants, les maximes et adages utiles à notre existence et à notre réflexion.
Cette sélection est articulée selon le plan même de son chef-d’oeuvre, Le Prophète, afin de rester proche des thèmes chers au poète, thèmes majeurs qui l’ont fasciné toute sa vie durant.
Ce recueil nous propose donc les textes essentiels qui nous permettent de mieux comprendre l’originalité profonde de l’inspiration de Khalil Gibran.

En 1947, Raymond Queneau prend l’autobus, du Panthéon à Saint-Lazare, et se montre satisfait de son voyage au point de le renouveler quatre-vingt dix-neuf fois ; bel exercice de style… Quelque cinquante ans plus tard, Stéphane Tufféry revient sur les traces de son illustre prédécesseur, proposant à son tour une centaine de parcours R.A.TyPiques qui entremêlent les confessions d’un rappeur, les rêveries d’un chimiste, les affres d’un paranoïaque ou les déclamations d’une certaine Marguerite Duraille…

Cette planète est notre berceau mais nous l’avons saccagée.
Nous ne pourrons plus jamais la soigner ni la retrouver comme avant.
Quand la maison s’effondre, il faut partir.
Recommencer tout,
autrement et ailleurs.
Le Dernier Espoir, c’est la fuite.

Décidant d’aller voir si l’aventure humaine peut recommencer ailleurs, un jeune ingénieur en aéronautique conçoit et fabrique un gigantesque voilier solaire, capable de se propulser dans le vide interstellaire. A son bord, 144.000 passagers, dont la descendance aura une chance de parvenir à destination, après un voyage de 1000 ans.

Il y a tout juste quarante ans, Queneau exécutait 99 variations d’une même histoire. Il le fit avec un tel brio, il créa des effets si drôles que ces « exercices de style » furent un succès en librairie. Alors, se demanderont lecteurs, critiques, littérateurs, buveurs, sorbonnocrates et pataphysiciens, quel est l’intérêt de recommencer ? Pourquoi ne pas attendre quelques siècles, comme La Fontaine le fit pour Esope ?

« J’ai tenté, en acceptant la contrainte que me proposait Queneau, d’illustrer les avatars du français et de lui en imposer de nouveaux. Mais j’ai surtout voulu apprendre et m’amuser, en espérant que le lecteur en fasse autant. Cela ne signifie pas que les limites soient atteintes, que ces exercices soient exhaustifs. A l’instar des yeux de la belle marquise qui peuvent faire mourir d’amour de mille façons, le récit d’origine peut être repris à l’infini, ou peu s’en faut.

On pourrait l’écrire encore de manière biblique, créole, aphasique, scolaire, pathétique, géographique, architecturale, bibliographique, etc. On pourrait le mimer, le chanter ou le danser. On pourrait utiliser l’alphabet grec, les caractères cyrilliques, les motifs rupestres. On pourrait peut-être même le traduire et l’appliquer à une autre culture. » Bernard Demers

Le narrateur rencontre, dans un autobus, un jeune homme au cou long, coiffé d’un chapeau orné d’une tresse au lieu de ruban. Le jeune voyageur échange quelques mots assez vifs avec un autre voyageur, puis va s’asseoir à une place devenue libre. Un peu plus tard, le narrateur rencontre le même jeune homme en grande conversation avec un ami qui lui conseille de faire remonter le bouton supérieur de son pardessus.

Cette brève histoire est racontée quatre-vingt-dix-neuf fois de quatre-vingt-dix-neuf manières différentes, dans l’édition souhaitée par Raymond Queneau. La prolongent, de façon exceptionnelle dans le présent volume, vingt-deux exercices supplémentaires et neuf variations publicitaires inédites.

L’occasion de redécouvrir une œuvre majeure, à la fois avant-gardiste et populaire, qui renouvèle avec humour les relations entre auteur, texte et lecteur.

Le narrateur rencontre, dans un autobus, un jeune homme au cou long, coiffé d’un chapeau orné d’une tresse au lieu de ruban. Le jeune voyageur échange quelques mots assez vifs avec un autre voyageur, puis va s’asseoir à une place devenue libre. Un peu plus tard, le narrateur rencontre le même jeune homme en grande conversation avec un ami qui lui conseille de faire remonter le bouton supérieur de son pardessus.
Cette brève histoire est racontée quatre-vingt-dix-neuf fois, de quatre-vingt-dix-neuf manières différentes. Mise en images, portée sur la scène des cabarets, elle a connu une fortune extraordinaire. Exercices de style est un des livres les plus populaires de Queneau.

« Une heure n’est pas qu’une heure,
c’est un vase rempli de parfums,
de sons, de projets et de Climats »
Marcel Proust

Naissance d’une femme,
Un livre de Sam Guelimi

Il a été tiré de l’édition originale de cet ouvrage quinze exemplaires « Luxe » sur Rives Tradition Naturel 120 gr. numérotés de 1 à 15, quarante-cinq exemplaires « Noble » sur Pur Coton Absinthe 120 gr. numérotés de 16 à 60 et cent quatre-vingt-dix exemplaires « Normal » sur O-lin Naturel 90 gr. numérotés de 61 à 250.
Les 50 exemplaires suivants représentent un tirage hors commerce.

Son format est de 10cm x 18cm.

Vêtements

Un jour la Beauté et le Laid se rencontrèrent sur le rivage. Et ils se dirent :  » Allons nous baigner dans la mer.  »
Alors ils se dévêtirent et nagèrent. Au bout d’un moment le Laid revint sur le rivage ; il s’habilla avec les vêtements de la Beauté et poursuivit son chemin.
Et la beauté sortit aussi de la mer, mais ne trouva pas ses habits ; parce qu’elle était trop timide pour rester nue, elle s’habilla avec les vêtements du Laid. Et la Beauté poursuivit son chemin.
Et à compter de ce jour les hommes et les femmes prennent l’un pour l’autre.
Cependant il en est qui ont aperçu le visage de la Beauté, et ils la reconnaissent malgré ses habits. Et il en est qui connaissent le visage du Laid, et ses vêtements ne le dissimulent pas à leurs yeux.

Par l’auteur du Prophète, 322 maximes sur la liberté, la justice, l’amour, l’art, le temps, l’espace, la guerre, le génie, le bien et le mal, les lois, les valeurs morales, le savoir, le sacré…
Ces aphorismes, que Khalil Gibran notait sur des bouts de papier au fil de son inspiration, nous livrent la quintessence de la pensée du grand poète et philosophe du Liban.

On ne voit pas le désir avec le même regard, on ne rêve pas le plaisir avec les mêmes images selon que l’on vit à l’âge de la fresque ou de la gravure sur métal, du daguerréotype ou du pixel, de l’épigramme, du roman ou du clip télévisé. Est-ce un hasard si chaque nouvelle technique visuelle a toujours d’abord été testée sur des images érotiques ? Qu’il s’agisse de peinture, de gravure, de lithographie, de photo, de cinéma, ou d’image numérique, c’est toujours le même scénario : avant d’en chercher les applications utiles ou rentables, on commence toujours par essayer la trouvaille sur une représentation érotique, pour le plaisir. Et à chaque nouveau médium, l’érotisme est confronté à une remise en cause qui l’oblige à se redéfinir, avec parfois le risque d’y perdre son âme ou de disparaître corps et biens.

Khalil Gibran (1883-1931) est un Libanais de la montagne qui se découvre dans l’exil une passion sans modération pour son pays. C’est un lecteur de la Bible qui parle comme un soufi, un chrétien qui chérit la gloire de l’Islam, un amateur de femmes mûres qui cherche sur le miroir de son oeuvre la pureté de son âme. Le poète Adonis a très bien parlé de lui  » C’est un astre qui tourne seul hors de l’orbite de l’autre soleil qu’est la littérature, dans son acception universelle.  » Il a passé sa vie à écrire et à peindre. Il naît à Bécharré, sous l’occupation ottomane, Bécharré, ses cascades, ses forêts, ses hivers de neige, ses chants galiléens, ses collines plantées de vieux ceps, et  » leurs grappes suspendues comme des lustres d’or « , où il rentrera après trois étapes décisives (Paris, New York, Boston), dans un cercueil en bois de cèdre, pour un dernier et triomphal hommage. Alexandre Najjar, son dernier biographe, présente ce volume d’Oeuvres complètes – dont la plus grande partie a été traduite de l’arabe et de l’anglais par Jean-Pierre Dahdah – et l’enrichit d’un  » Dictionnaire Gibran « .
Nous découvrons par ces textes une existence étrange, plus méditative qu’active, hantée par l’idée de la purification intérieure et dont les événements semblent s’enchaîner pour imaginer ce livre resté unique, Le Prophète (publié ici dans la magnifique traduction de Salah Stétié), construit comme un livre sacré.  » C’est le plus grand pari de ma vie. Tout mon être est dans Le Prophète. Tout ce que j’ai fait avant […] n’était qu’une période d’apprentissage.  » Le petit prince oriental en exil s’est glissé dans la peau d’un messie. Il est animé d’une puissance et d’une fraîcheur singulières. Ses mots ont baigné dans les eaux de deux sources, jaillies d’Orient et d’Occident, de l’écriture et de la parole, de l’exil et du pays perdu ; et par ondoiements divers touchent la rive sans fin de l’universel.

Daniel Rondeau

L’éros est un principe de vie, une pulsion de force vitale, un besoin de dépassement, d’accomplissement, d’accouplissement.

L’éros est un ressort. Un formidable stimulant pour la création. Dès que l’homo sapiens a ressenti le besoin de s’exprimer, l’érotisme a été la voie souveraine de l’imaginaire.

Constituée, en 1996, à Lausanne, la Fondation Internationale d’Arts et Littératures Erotiques – F.I.N.A.L.E – s’est donnée pour but de «réunir les créations inspirées par l’érotisme, sous forme d’écrits, d’oeuvres d’art, d’objets ou de divers supports, en désirant être un centre de documentation et de conservation des expressions érotiques et des comportements amoureux.»

Dans le monde francophone, F.I.N.A.L.E. est unique, car il n’y a pas d’autres lieux qui archivent le patrimoine lié à l’érotisme.

éros, indéfiniment a puisé dans les riches collections de la Fondation pour présenter ses trésors et singularités.

Littérature, éditions, revues, cinéma, prostitution, sexologie, LGTB, bandes dessinées, jeux & Cie, spectacles de cabarets, gastronomie, mort, censures, … tels sont quelques-uns des chapitres traités.

Sur 432 pages : des dessins, photographies, ex-libris, livres, magazines, objets, … avec 1’300 images.

Par leurs contributions originales, dix-neuf auteur(e)s ont élargi éros, indéfiniment : Julien Bodivit, Philippe Brenot, Rolf Burger, Thierry Chatelain, Isabelle Falconnier, Jean-Luc Fornelli, Michel Froidevaux, Benoît Junod, Pierre Yves Lador, Viviane Morey, Danièle Mussard, Patrick Morier-Genoud, Michel Pennec, Emmanuel Pierrat, Michel Rime, Jean-Marc Schillling, Claude-Hubert Tatot, Chloé Voillat, Véronique Willemin.

Par dessus tout, il convient de célébrer indéfiniment l’éros.

Suite à d’étranges rêves, le Roi d’un pays lointain, conseillé par son Sage et son Bouffon, décide de convoquer le premier Grand Tournoi de la Vérité. Les concurrents sont des athlètes de haut niveau ; leurs disciplines sont l’athéisme et les grandes religions du monde. A la recherche de la Beauté éternelle et de la Sagesse véritable, ils mettront tout en œuvre pour se dépasser et communiquer le meilleur d’eux-mêmes.

Mais que se passe-t-il quand un juif, un chrétien, un musulman, un hindou, un bouddhiste et un athée se rencontrent ?

Qui sortira vainqueur de cette compétition ?

Une fable brillante et pleine d’humour, où les religions sont au cœur d’un récit passionnant.

La force d’attraction

Trois essais : le premier porte sur le rêve, ou plutôt le « rêver », à partir d’un roman insolite ; le second sur le transfert, ou plutôt les transferts, à partir de Freud ; le troisième, à partir d’une expérience personnelle, sur l’attrait qu’exerce les mots.

Trois figures de l’altérité, de notre étranger intime, qui disent la force d’attraction qu’exerce sur nous la chose même, à jamais hors d’atteinte.

Ce livre pourrait avoir pour épigraphe le conseil donné jadis par le peintre Caspar David Friedrich : « Clos ton œil physique afin de voir d’abord avec l’œil de l’esprit. Ensuite fais monter au jour ce que tu as vu dans la nuit. »

J.-B. Pontalis (1924-2013)

Psychanalyste, écrivain, éditeur, il a reçu le grand prix de littérature de l’Académie française en 2011 pour l’ensemble de son œuvre.

Séances,
Un livre de Dominique Ristori

Séances est le premier né de la collection Coup d’oeil. Son format est de 111mm par 170mm. Il compte 88 pages. Il est édité à 350 exemplaires numérotés. Sa sortie est prévue en février 2016.

«Et quand personne ne me lira, ai-je perdu mon temps de m’être entretenu tant d’heures oisives à pensements si utiles et agréables? Moulant sur moi cette figure, il m’a fallu si souvent dresser et composer pour m’extraire, que le patron s’en est fermi et aucunement formé soi-même. Me peignant pour autrui, je me suis peint en moi de couleurs plus nettes que n’étaient les miennes premières. Je n’ai pas plus fait mon livre que mon livre m’a fait. Livre consubstantiel à son auteur.»
(II, 18, «Du démentir»)

«Et quand personne ne me lira, ai-je perdu mon temps de m’être entretenu tant d’heures oisives à pensements si utiles et agréables? Moulant sur moi cette figure, il m’a fallu si souvent dresser et composer pour m’extraire, que le patron s’en est fermi et aucunement formé soi-même. Me peignant pour autrui, je me suis peint en moi de couleurs plus nettes que n’étaient les miennes premières. Je n’ai pas plus fait mon livre que mon livre m’a fait. Livre consubstantiel à son auteur.»
(II, 18, «Du démentir»)

Il fut gentilhomme, propriétaire terrien, voyageur, maire de Bordeaux, courtisan, négociateur au service de ses rois. Il fut aussi un lecteur éclairé, l’auteur d’un livre unique, et pendant plus de vingt ans, sur plus de mille pages, le bâtisseur de sa propre image, celle d’un homme retiré, jouissant d’un exil intérieur propice à l’exercice du jugement. C’est dans l’espace qui s’étend entre ces deux figures, l’homme à cheval et l’homme de papier, qu’il faut appréhender Les Essais. Grand amateur de livres, Montaigne juge sévèrement «l’écrivaillerie» de son temps et combat la culture livresque lorsqu’elle conduit au pédantisme. Familier des interminables périodes de ses confrères en «parlerie», il use d’un langage «coupé», d’un style primesautier – «soldatesque», dit-il. Non content d’inventer une forme, l’essai, il se dote d’une écriture qui est le truchement de son âme et, on le sent bien, l’exact reflet de la vivacité de son esprit. De sorte qu’il ne nous enseigne pas : il nous parle – de lui, de l’humain à travers lui, et donc de nous. D’une voix et sur un ton jusqu’alors inouïs, et peu entendus depuis, il sape en ironiste le conformisme intellectuel et, le premier, revendique pour chacun le droit à l’esprit critique et au libre examen dans tous les domaines (celui de la foi excepté). Montaigne est à l’Humanisme ce que le franc-tireur est aux troupes régulières : on ne le trouve jamais là où on l’attend, et c’est le gage de sa survie. C’est pourquoi, alors que tant d’ouvrages contemporains sont oubliés, Les Essais demeurent un livre vivant.
Ce livre, on le publie ici d’après la seule version imprimée de l’ultime état du texte : l’édition posthume de 1595, aujourd’hui majoritairement considérée comme la plus proche du dessein de l’auteur. Afin d’en faciliter la lecture, les notes sur le vocabulaire et la syntaxe, ainsi que la traduction des citations, figurent au bas des pages. Les sentences peintes sur les poutres de la «librairie» de Montaigne et les notes qu’il a portées dans les marges de ses livres complètent le volume.

Michel de Montaigne

Né le 28 février 1533 à Bordeaux. Son père a fait les guerres d’Italie. Il a un  précepteur allemand qui lui a toujours parlé en latin. Il a eu son bac et est magistrat à 21 ans après avoir fait des études de droit. Ami du poète Etienne de la Boétie.

Deux évènements l’ont incité à écrire ses essais : le chagrin de la mort de son père et celle de la Boétie ainsi que son envie de se faire connaître. Il se retire chez lui et écrit mais souffre de calculs rénaux et part en voyage. Pendant ce temps il est élu maire de Bordeaux mais refuse. Il accepte convaincu par le roi. Il est réélu maire. Il est catholique mais tolérant. C’était l’ami d’Henri de Navarre.

Dans ses Essais (1571), il y fait son autoportrait, parle beaucoup de la mort, est contre la torture et les procès pour sorcellerie et contre la colonisation de l’Amérique car selon lui elle amène a des violences incroyables. Montaigne est un héritier de l’humanisme mais est presque déjà un penseur baroque car il constate que dans le monde, rien n’est stable.

La Société Internationale des Amis de Montaigne (S.I.A.M.) est une association loi 1901, fondée en juin 1912. L’association a pour objet l’étude et la promotion de l’oeuvre de Montaigne. Constituée d’environ 200 membres, allant de l’universitaire chevronné au lecteur curieux d’en savoir plus sur les Essais, sur Montaigne et son temps, sa principale production depuis un siècle est le Bulletin (B.S.A.M.). Les abonnés sont des particuliers ou des bibliothèques, principalement en France, en Italie, aux Etats-Unis, au Canada et au Japon.

« À moins de trente ans, J.-B. Pontalis a déjà vécu ou pensé dans l’intimité de trois hommes illustres considérés comme des maîtres dans leur discipline et leur temps, Louis Renault, Sartre, Lacan. Philosophe, psychanalyste, grand lecteur, éditeur. Et Écrivain. Tôt occupé par le bonheur et la douleur d’aimer, subjugué par le secret de fabrique du rêve, collectionneur des contrées de l’absence, traqueur d’obscurité, il se tient en sentinelle, à l’affût de chaque vacillement, de tout surgissement. Mieux encore qu’écrire, admirablement, il veut s’écrire. Il invente l’autobiographie, de brefs récits, comme autant de petits romans où la parole se trouve en se perdant, dans le désordre de la mémoire. »
Martine Bacherich.

Nous devons à André Lanly, éminent philologue et professeur émérite à l’université de Nancy, d’avoir servi l’un des monuments les plus difficiles à déchiffrer de la littérature française en osant lui donner sa forme moderne. C’en est fini des obstacles de l’orthographe, du doute sur le sens des mots, de l’égarement suscité par la ponctuation. Lire ce chef-d’œuvre devient ici un pur bonheur.

«Ce ne sont pas mes actes que je décris, c’est moi, c’est mon essence. J’estime qu’il faut être prudent pour juger de soi et tout aussi scrupuleux pour en porter un témoignage soit bas, soit haut, indifféremment. S’il me semblait que je suis bon et sage, ou près de cela, je l’entonnerais à tue-tête. Dire moins de soi que la vérité, c’est de la sottise, non de la modestie. Se payer moins qu’on ne vaut, c’est de la faiblesse et de la pusillanimité, selon Aristote. Aucune vertu ne se fait valoir par le faux, et la vérité n’est jamais matière d’erreur. Dire de soi plus que la vérité, ce n’est pas toujours de la présomption, c’est encore souvent de la sottise. Être satisfait de ce que l’on est et s’y complaire outre mesure, tomber de là dans un amour de soi immodéré est, à mon avis, la substance de ce vice [de la présomption]. Le suprême remède pour le guérir, c’est de faire tout le contraire de ce que prescrivent ceux qui, en défendant de parler de soi, défendent par conséquent d’appliquer sa pensée à soi. L’orgueil réside dans la pensée. La langue ne peut y avoir qu’une bien lègère part.»
Les Essais, Livre II, chapitre VI.

Certains livres, rares, tirent leur caractère unique de ce que leur gestation a la dimension d’une vie humaine tout entière. C’est le cas du Prophète, dont Khalil Gibran eut l’intuition à seize ans, mais qu’il porta en lui durant un quart de siècle. Autrement dit, ce livre singulier à plus d’un titre a accompagné tout le parcours d’homme de son auteur et est le contemporain de toutes ses oeuvres.

C’est dans la composition du Jardin du Prophète que Gibran va épuiser ses dernières forces, et le livre ne paraîtra d’ailleurs que deux ans après sa mort. Au caractère lumineux des paraboles du Prophète a succédé une tonalité plus sombre, plus grave, ne serait-ce que par les thèmes abordés: la séparation, la laideur, la solitude, le temps… La dimension autobiographique est ici plus présente que dans la plupart de ses ouvrages, au point qu’on peut y voir comme une sorte de testament spirituel.