Zao Wou-Ki une donation exceptionnelle
Dessins, céramiques et encres de Chine, bronzes
et céladons de la collection du Maître

Musée Cernuschi 24 juin – 23 octobre 2016

L’entrée dans la collection du musée Cernuschi de la donation de Madame Françoise Marquet-Zao est historique.

Tout d’abord, elle rappelle que, dès 1946, les œuvres de Zao Wou-ki avaient été présentées pour la première fois en France au Musée Cernuschi. Vadime Elisseeff, alors conservateur au musée, avait eu le discernement et l’audace de présenter au public parisien cet artiste à la fois jeune et inconnu ! La presse de l’époque avait tout de suite reconnu le talent de Zao Wou-ki. Deux ans plus tard, le jeune peintre chinois arrivait à Paris, une ville qui allait demeurer l’espace privilégié de sa création.

Les œuvres de la donation évoquent justement cette période clé au cours de laquelle Zao Wou-ki multiplie les expériences techniques et chemine de la figuration vers l’abstraction. Ainsi pour le seul travail sur papier, l’artiste pratique le fusain, l’aquarelle, la gouache et bien sûr l’encre. Il réalise quelques portraits d’un trait sûr aux accents matissiens, s’inspire aussi bien de modèles vivants nus que de gravures et d’estampages chinois antiques. Après quelques années de rupture, il retrouvera la voie de l’encre à partir des années 1970 et ne la quittera plus. La série de compositions abstraites datées des décennies 1970 à 2000, illustre avec précision les multiples facettes de cette recherche.

Il faut également souligner l’extrême importance des objets antiques collectionnés par Zao Wou-ki pour les collections patrimoniales du musée Cernuschi. Il commence à les rassembler à partir de la fin des années 1960, mais c’est surtout à partir des années 1990 et 2000 que les acquisitions se font plus nombreuses, au gré des achats, des cadeaux d’amis à l’occasion d’anniversaire ou de visites à l’atelier. Ces pièces datées des Shang aux Qing, témoignent de plusieurs millénaires d’histoire de l’art de la Chine. Ces vases rituels, brûle-parfums aux patines vertes et bleutées, ces céladons aux formes simples sont aussi des sources irremplaçables pour tous ceux qui souhaitent connaître le goût et l’intérêt pour l’antiquité chinoise de Zao Wou-ki.

La donation compte également des œuvres des artistes chinois amis de Zao Wou-ki, en particulier Walasse Ting. Alors même que le musée Cernuschi prépare un hommage à cet artiste pour l’automne 2016, ces œuvres viennent enrichir les collections à point nommé.

Comme l’époque dont il est le reflet, l’art contemporain est fascinant. Qu’il apparaisse comme une bataille, une image, une idée, un jeu ou un spectacle, il suscite toutes les réactions, de l’adhésion la plus enthousiaste au refus le plus radical. Alors comment comprendre un art dont l’oeuvre paradigmatique serait le comble du dérisoire, en l’occurrence un urinoir ?

En prenant pour fil conducteur la leçon historique de Marcel Duchamp, Jean-Luc Chalumeau, critique d’art et universitaire, qui dès 1971 publiait une Introduction à l’art d’aujourd’hui expliquant l’importance de jeunes artistes explore dans ce nouvel ouvrage la situation artistique actuelle mondiale, devenue extraordinairement contrastée, où les créateurs les plus authentiques se heurtent à quelques imposteurs triomphant sur le marché. En toute indépendance, il donne à comprendre la qualité des uns et dénonce le scandale incarné par les autres.

Aux textes consacrés à l’analyse de 50 oeuvres s’ajoutent des « repères « qui replacent les artistes et leur travail dans une perspective historique, offrant ainsi au lecteur tous les éléments de référence indispensables pour mieux comprendre l’art contemporain.

À toutes les questions que vous vous êtes toujours posées sur l’art contemporain, ce guide apporte une réponse pédagogique, ludique et interactive. En partant des réactions les plus courantes du public (Où est le sujet ? Il n’y a plus que le concept ! L’art, c’est quoi ?…), il décrit les grandes orientations de l’univers contemporain en présentant ses principaux artistes et ses oeuvres majeures.

Le peintre et l’empereur

Un Fils du Ciel, dont l’histoire n’a pas retenu le nom, avait fait venir dans son palais le peintre le plus réputé de son empire. C’était un homme sans âge qui vivait dans un ermitage accroché aux flancs d’une montagne farouche. L’empereur lui commanda une fresque pour ses nouveaux appartements. Il voulait qu’y soient représentés deux dragons, l’un bleu et l’autre jaune, symbole des deux énergies primordiales dont l’union engendre l’harmonie céleste.

Le peintre promit de réaliser son chef-d’œuvre, d’y mettre la quintessence de son art, mais posa ses conditions : du temps, des vivres et des fournitures illimitées. Puis l’artiste reprit le chemin de son ermitage.

Les mois passèrent, pendant lesquels les caravanes charriaient vers le refuge du peintre provisions, torches, pinceaux, poudres d’or et de couleurs. Un an s’était écoulé et l’artiste n’avait toujours pas quitté sa retraite. L’empereur enrageait à chaque fois qu’il passait devant le mur désespérément vide. Il envoya un message au peintre, le sommant de venir au plus vite achever son travail. Mais l’artiste lui fit parvenir une lettre où il demandait, avec toutes les formules de politesse d’usage, un délai, et des fournitures supplémentaires. Il avait encore besoin d’un peu de temps car il approchait du but, il était sur le point de repousser les limites de son art. Intrigué, l’empereur accepta.

Six autres mois passèrent et, ne pouvant plus supporter le mur blanc qui semblait le narguer, le Fils du Ciel le fit recouvrir d’une immense tenture. Trois ans s’étaient écoulés quand le peintre, que l’empereur avait presque fini par oublier, refit son apparition à la cour. La tenture fut retirée et l’artiste peignit la fresque. Quand elle fut terminée, l’empereur vint contempler ce chef-d’œuvre tant attendu. Il découvrit alors avec stupéfaction deux espèces de zigzags grossièrement esquissés, l’un bleu et l’autre jaune. Cela ressemblait vaguement à deux calligraphies ! Et ce n’était même pas les idéogrammes du dragon ! Le visage impérial revêtit tour à tour le masque de la stupéfaction, le rictus de l’indignation pour exploser en grimace de colère. Et Sa Majesté, furibonde, fit jeter en prison le peintre qui s’était si bien moqué d’elle et dont l’entretien fort long avait fini par coûter cher.

L’empereur avait fait installer son lit face à la fresque car il avait souhaité contempler le chef d’œuvre en s’endormant. C’était plutôt raté mais, épuisé par tant d’émotions, il n’eut pas le courage de faire déplacer sa couche et s’y allongea, tournant résolument le dos à l’odieux gribouillage !

Au plus profond de la nuit, des rugissements réveillèrent le maître de la Chine. Celui-ci se tourna vers la fresque et, dans la pièce tout embrasée par un clair de lune, il crut voir deux éclairs, pareils à des dragons, l’un bleu et l’autre jaune. Ils s’affrontaient, s’enlaçaient, se repoussaient, échangeaient leurs places en une danse infinie.

Le lendemain, à l’aube, l’empereur fit sortir le peintre de son cachot pour qu’il lui explique sa vision nocturne. Le vieil artiste sourit et lui dit que la réponse se trouvait dans son ermitage.

Après avoir longtemps chevauché jusqu’à la montagne farouche, puis grimpé un sentier qui serpentait le long d’un précipice vertigineux, le peintre fit entrer l’empereur dans sa cabane adossée à la paroi rocheuse. Au fond de la cahute s’ouvrait la bouche béante d’une caverne qui pénétrait dans les entrailles de la montagne. Le peintre alluma une torche et guida le Fils du Ciel dans l’obscurité. Sur les parois, tout près de l’entrée, étaient peints des dragons bleus et jaunes comme l’empereur les avait tant espérés, avec tous les détails les plus réalistes, les écailles luisantes, les griffes acérées, les naseaux fumants… Mais à mesure que la torche s’enfonçait dans les profondeurs, elle réveillait des images de plus en plus épurées pour aboutir à de simples lignes de force. Il ne resta plus à la fin que l’essence vibrante des dragons, les énergies primordiales figurées par les mêmes traits de couleurs que ceux tracés sur la fresque.

Alors l’empereur prit chaleureusement les mains du vieux peintre et lui sourit, tout émerveillé d’avoir marché à son tour dans les pas de l’artiste, au coeur de la montagne farouche.

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A une trentaine de kilomètres de Florence, la Villa Celle est un immense domaine qui s’inscrit dans un magnifique paysage toscan. Acquise au début des années 1970 par la famille Gori, cette propriété abrite leur collection. Depuis, Giuliano Gori et sa famille invitent des artistes italiens et étrangers à intervenir in situ, que ce soit à l’intérieur des bâtiments du XVIIe siècle, à l’extérieur, dans l’immense parc à l’anglaise du XIXe ou dans les champs alentours. Inaugurée le 12 juin 1982 avec 9 pièces dans les jardins et 6 installations à l’intérieur du bâtiment, la villa Celle, […] présente désormais près de 80 œuvres. C’est aujourd’hui l’une des collections les plus remarquables en Europe, tout particulièrement en matière « d’arte ambientale », en relation avec la nature.

– L’étude la plus complète consacrée à l’art contemporain de ces trente dernières années, parue en 2008 et publiée aujourd’hui en format broché
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