Une Rétrospective
Pierre Soulages

En collaboration avec le Centre Pompidou

Du 15 juin 2018 au 25 novembre 2018 – Tous les jours de 9 h à 19 h

La Fondation Pierre Gianadda, qui fête les quarante ans de sa création, consacre son exposition d’été à Pierre Soulages, le peintre du noir et de la lumière.

Marcel Duchamp en 3 minutes

Par Claire Maingon • le 18 juin 2018

Il a fait entrer un simple urinoir au musée. Considéré comme le père de l’art contemporain, Marcel Duchamp n’a cessé de questionner le rôle de l’artiste et le statut de l’œuvre d’art. Il est aujourd’hui à l’honneur au musée des Beaux-Arts de Rouen, qui propose une exposition pour « comprendre Marcel Duchamp ». L’occasion de revenir sur la vie et l’œuvre révolutionnaire de l’inventeur du ready-made.

Zao Wou-Ki

L’espace est silence

Si l’oeuvre de Zao Wou-Ki (1920-2013) est aujourd’hui célèbre, les occasions d’en percevoir la complexité sont demeurées trop rares. Depuis sa dernière rétrospective en France, en 2003, aucune exposition à Paris n’a permis de mesurer toute l’importance de sa peinture et particulièrement l’enjeu que représentait pour lui l’emploi de très grands formats tout au long de sa carrière.

Artiste au croisement de trois mondes, parti de sa Chine natale à Paris en 1948, à l’instant où l’art vivant se partageait de manière évidente entre la France et les Etats-Unis, il est demeuré attaché à une scène parisienne qu’il appréciait, tout en ayant pleinement perçu la vivacité de la création outre-Atlantique et en dépassant les oppositions culturelles et les luttes esthétiques.

L’exposition réunira pour la première fois un grand nombre de polyptyques et de peintures de grand format issus des principales collections européennes et asiatiques. En insistant sur la portée universelle de son art, sur sa place aux côtés des plus grands artistes de la deuxième moitié du XXème siècle, et en soulignant l’ouverture d’une oeuvre qui a su se montrer perméable à tout ce qui n’était pas la peinture – à commencer par la musique et la poésie –, le musée souhaite voir renouveler la lecture portée sur son oeuvre et faire partager au public l’expérience d’une création débordant les frontières.

Commissaires : François Michaud, Erik Verhagen

Les vitraux d’Ervy-le-Châtel pour chefs-d’œuvre

..Et s’il est un art vivant, le vitrail est devenu un art plus exigeant comme en témoigne la commande passée par la Ville de Nogent-sur-Seine pour son église Saint-Laurent, explique Anne-Claire Garbe. Trois baies du bas-côté Renaissance, érigé par le grand architecte Philibert Delorme à la demande du roi Henri II. Le projet soumis par la grande plasticienne Fabienne Verdier en collaboration avec Flavie Serrière-Vincent-Petit (La manufacture Vincent-Petit, à Troyes) sera réalisé dans le courant de cette année 2018…

Werner Spies. Un inventaire du regard. Écrits sur l’art et la littérature
Coffret de dix volumes vendus ensemble
Trad. de l’allemand par un collectif de traducteurs. Édition de Thomas W. Gaehtgens avec la collaboration de Dorian Astor et Maria Platte

Ce coffret en dix volumes des écrits de Werner Spies sur l’art et la littérature est un «inventaire», qui couvre deux siècles d’histoire de l’art, de la fin du XVIIIe siècle jusqu’aux créations les plus contemporaines. Assorti d’environ 1 500 illustrations, il constitue une monument incomparable, et nous fait comprendre, peut-être pour la première fois, tout ce qui s’est joué dans l’œuvre de Picasso. Max Ernst – de son propre aveu – apprendra lui-même à mieux se connaître dans le reflet de cet œil vif.

Nymphéas. L’abstraction américaine et le dernier Monet

Exposition du 13 avril au 20 août 2018

En 1955, Alfred Barr fait entrer au Museum of Modern Art de New York un grand panneau des Nymphéas (W1992) de Monet, alors que ces grandes « décorations » demeurées dans l’atelier de Giverny commencent à attirer l’intérêt des collectionneurs et musées.
Monet est alors présenté comme « une passerelle entre le naturalisme du début de l’impressionnisme et l’école contemporaine d’abstraction la plus poussée » de New York, ses Nymphéas mis en perspective avec les tableaux de Pollock, tels que Autumn Rhythm (number 30), 1950. La réception du dernier Monet s’opère alors en résonnance avec l’entrée au musée de l’expressionnisme abstrait américain. Au même moment est forgée la notion d’ »impressionnisme abstrait ».
C’est sur ce moment précis de la rencontre entre la redécouverte des grandes décorations du maître de Giverny et la consécration de l’École abstraite new-yorkaise que l’exposition du musée de l’Orangerie s’arrêtera, à travers une sélection de quelques œuvres tardives de Monet et une vingtaine de grandes toiles d’artistes américains tels que Jackson Pollock, Mark Rothko, Barnett Newman, Clyfford Still, Helen Frankenthaler, Morris Louis, Philip Guston, Joan Mitchell, Mark Tobey, Sam Francis, Jean-Paul Riopelle et Ellsworth Kelly.

Commissaire général
Cécile Debray, conservateur en chef, directrice du musée de l’Orangerie

Lorsque Yvon Lambert appelle Roland Barthes dans la seconde partie des années 1970 pour lui parler de Cy Twombly, l’accueil est réticent. L’auteur des Fragments d’un discours amoureux ne veut plus répondre à des commandes et ferme les portes. Mais le galeriste, encore situé rue de L’Échaudé, insiste. Et il fait bien.

Barthes, imprégné de culture gréco-latine, fasciné par l’acte d’écriture (au point de pratiquer lui-même des écritures imaginaires), semble trouver son artiste en la personne de Twombly. Il transforme notre regard et nourrit à jamais notre approche de l’artiste américain installé en Italie.

Initiatrice des tableaux tirs à la carabine, auteur des sculptures monumentales des Nanas et du jardin des tarots, Niki de Saint-Phalle (1930-2002) traverse les avant gardes de la fin du XXème siècle sans s’inféoder à d’autre mot d’ordre que celui d’exprimer généreusement sa vie et son temps dans un féminisme enjoué.

Cette biographie éclaire le dialogue que la femme et la créatrice entretiennent, contribuant ainsi à rétablir l’artiste à sa juste place – l’une des premières – au sein de l’histoire de l’art de la seconde partie du XXème siècle. Première biographie documentée de l’artiste fondée sur les archives familiales.
Entrée sur la scène de l’art armée d’un fusil destiné à « faire saigner la peinture », Niki de Saint Phalle (1930-2002) a créé une œuvre protéiforme traversée de façon continue par ce qu’elle a vu et vécu. Cette biographie de référence – la première en langue française qui lui est consacrée – éclaire le dialogue que la femme et la créatrice ont constamment entretenu. Elle révèle le parcours hors du commun de cette artiste autodidacte, élevée en Amérique dans une famille de la vieille aristocratie française, et met en évidence la cohérence de son engagement artistique, depuis ses débuts peu connus de peintre, jusqu’aux animaux de l’Arche de Noé, en passant par les Tableaux-tirs, les Autels, les Mariées, les Nanas, les diverses sculptures monumentales, créées ou non avec son compagnon Jean Tinguely, sans oublier les films et les innombrables dessins, pétris de poésie et d’humour, qu’elle a réalisés. Croisant, pour la première fois et de manière systématique, quantités de sources (témoignages, correspondance, journaux, travaux préparatoires, archives sonores et audiovisuelles, notes, manuscrits) recueillies dans plusieurs pays (Amérique, France, Allemagne, Suisse, Belgique, Italie), cet ouvrage a bénéficié de la confiance de la Fondation Niki de Saint Phalle installée en Californie. Il campe une personnalité exceptionnelle par la forme remarquablement joueuse qu’elle a donnée à son féminisme, par l’énergie qu’elle a déployée, notamment pour construire son Jardin des tarots en Toscane, et l’opulence de son œuvre, conçue en menant vies privée et professionnelle de concert. A travers le portrait de celle qui fut la seule femme du groupe des Nouveaux réalistes (Klein, César, Arman, Villeglé, etc.), cette biographie dessine celui d’une époque dont les révoltes et les audaces fascinent toujours la jeune génération.