Freud & l’art : une relation surréaliste

par Natacha Nataf

Il a révolutionné nos représentations des pulsions sexuelles et des désirs inconscients, rencontré Breton puis Dalí le « fanatique », analysé des œuvres de Léonard de Vinci et Michel-Ange, collectionné des milliers d’antiques… Alors pourquoi le père de la psychanalyse fait-il aujourd’hui seulement l’objet d’une exposition d’envergure à Paris ? Beaux Arts vous dit tout sur ce maître des paradoxes.

https://www.beauxarts.com/grand-format/freud-lart-une-relation-surrealiste/

Les fous du Monte Verità 

Sur les rives du lac Majeur, Ascona somnole dans la quiétude d’une après-midi bercée par les reflets du soleil. Les terrasses de la promenade des rives du lac accueillent des badauds détendus dans le climat tessinois. Bercés par la douceur du paysage, ils ne remarquent guère la petite colline qui se gravit à pied non loin de là (quelques centaines de mètres à peine). Mais comment imaginer que la commune la plus basse de Suisse (196 mètres) abrite un « axe du monde », un point de rapprochement vertical entre le Ciel et la Terre, la colline baptisée le Monte Verità, la montagne de la vérité ?

[…]

Delphine Bovey

https://www.vivreensemblelongtemps.ch/les-fous-du-monte-verita-ascona.html

Monte Verità
La Montagne de la vérité

France | 1997 | 52 minutes | Betacam SP

Un film de Henry Colomer

A la fin du siècle dernier, naît en Allemagne un mouvement tourné vers le passé, vers la pureté des origines, un idéal de liberté et de beauté : le mouvement de réforme de la vie. Il invite ses adeptes à fuir la ville, ses conflits, ses plaisirs factices. Artistes libertaires, colonies végétariennes, … de nombreuses sectes naissent alors. Le film recherche les racines de ce mouvement dans l’histoire allemande et analyse son implantation en 1900 dans un lieu « inspiré » : le Monte Verita, la colline de la vérité, sur les bords du Lac Majeur, au-dessus d’Ascona. Fondé par Henri Oedenkoven, fils d’un grand industriel d’Anvers et Ida Hoffman, musicienne du Montenegro , ainsi que par Gusto Gräser, le « prophète aux pieds nus » décrit par Hermann Hesse, et quatre autres pionniers, Monte Verità devient un lieu de refuge pour de nombreux rebelles de la politique et des arts : des écrivains et des poètes, comme Hermann Hesse et Erich Müsham, des danseurs, comme Isadora Duncan, Mary Wigman, Rudolf von Laban, le psychanalyste Otto Gross,… Le réalisateur décrit les sectes et les mouvements qui gravitent autour de ce noyau, avec toutes leurs ambiguités, notamment celui des « oiseaux migrateurs », auquel Gusto Gräser a été lié, qui a rendu familières et présentables des idées et des modèles de comportements que l’on retrouvera dans l’idéologie nazie : un passé idéalisé, les valeurs du sol et de l’enracinement, l’attachement organique du groupe à son chef, l’antisémitisme et le racisme.

Lors de l’inauguration du musée d’art contemporain en 1982, puis de sa réouverture et de sa transformation en LAAC en 2005, Daniel Abadie, témoin vivant de plusieurs générations d’artistes, était là. Pour lui, le LAAC est un musée né de la passion de Gilbert Delaine, semblable à celle qui anime les artistes, en dehors de toute mode, critique ou loi du marché. D’où son vif intérêt à imaginer une exposition comme Un autre œil.

Pour ce projet qui sera montré sur trois lieux consécutifs – au LAAC à Dunkerque, au musée Saint Roch d’Issoudun et enfin au musée de l’Abbaye Sainte Croix des Sables-d’Olonne – Daniel Abadie a choisi près de 150 œuvres rarement montrées, voire inédites qui renouvellent notre regard sur les mouvements artistiques et leur filiation tout en faisant écho à la collection.
Tout est né d’un choc qu’il a ressenti en 1991 à l’Albright-Knox Museum de Buffalo, aux États-Unis, face à trois peintures de 1913, fondamentalement différentes : de Vassily Kandinsky, Fernand Léger et Robert Delaunay. Il comprend alors que ce qui relie les peintres d’une génération est la leçon qu’ils tirent de leurs prédécesseurs : chacun répondant à sa manière aux questions laissées par la génération précédente. C’est la différence des propositions qui fait cohabiter, dans la peinture du XXe siècle, devenue aujourd’hui historique, des mouvements apparemment incompatibles.
L’exposition souligne est ainsi conçue autour de ce paradoxe.

Un autre œil commence après la Seconde Guerre mondiale, en cohérence avec la collection du LAAC, en évoquant les problématiques du début du XXe siècle. L’exposition montre comment les approches successives forment au-delà de leur contradictions apparentes des unités inattendues. Elle tisse des liens entre les problématiques posées et les réponses trouvées, offrant ainsi une lecture nouvelle de ce siècle passé qui nous est si proche. Elle dévoile à quel point, entre incertitudes, débats et contradictions, chaque génération réagit, répercute, résiste ou poursuit la recherche de ses prédécesseurs.

4 expériences de retour à la nature (2/4)

Monte Verità, une réforme de la vie sur la montagne

Inspirés par le mouvement germanique de la Lebensreform (la réforme de la vie), six jeunes gens fondent en 1900 à Ascona la communauté Monte Verità qui devient rapidement un important centre culturel où se croisent dans un foisonnement intellectuel rare, artistes, écrivains et danseurs.

https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/retours-a-la-nature-24-monte-verita-une-reforme-de-la-vie-sur-la-montagne

Summer camp (5/5): Monte Verità, la célébration des corps d’une communauté pré-hippie

Au début du XXe siècle, une petite communauté pré-hippie s’installe sur les bords du lac Majeur. Elle va accueillir écrivains, peintres, musiciens ou danseuses dans une célébration naturaliste des corps.

https://www.lesinrocks.com/2012/08/26/arts/summer-camp-monte-verita-11288720/

Scène de la colonie du Monte Verità – Revue Initiales n° 4, septembre 2014

Présentation
Monte Verità revisité, constellé, réinitialisé

Après George Maciunas, John Baldessari et Marguerite Duras, c’est à une expérience collective et à un lieu que s’intéresse en 2014 la revue Initiales avec cette quatrième livraison dédiée à Monte Verità.

Une communauté à géométrie variable à laquelle théoriciens et artistes donneront corps à travers les 130 pages de cette revue d’art et de recherche « rétro-prospective ».

Initiales M.V. pour Monte Verità, du nom de cette colline du canton du Tessin en Suisse où s’implanta, en 1900 et jusqu’à la fin de la Première guerre mondiale, une communauté d’artistes et anarchistes pré-hippie.
Un collectif donc, à rebours du travail de décryptage d’une figure unique, puisqu’ici, de l’écrivain Herman Hesse au psychanalyste Otto Gross, en passant par Dalcroze et Laban, deux théoriciens de l’art chorégraphique, les danseuses Mary Wigman et Isadora Duncan ou encore l’économiste Max Weber, c’est toute une galerie de portraits qui s’offre à nous. Et autant de personnalités diverses, réunies temporairement, le temps d’un projet qui connaîtra ses heures de gloire avant une descente aux enfers parfois mal interprétée.
Autre enjeu majeur pour cette revue d’art et de recherche qu’est la revue Initiales, la disparition relative de cet épisode qui échappa longtemps aux radars de l’histoire de l’art, jusqu’à sa redécouverte, à la fin des années 1970, par le commissaire d’exposition Harald Szeemann. Et donc une réflexion plus générale sur la question et la matérialité de l’archive. Installé à Tegna, à quelques kilomètres de Monte Verità, Szeemann fondera successivement, en 1978, 1983 et 1987, trois musées documentant les vestiges de l’ancienne communauté – dont l’un d’entre eux, construit sur le site de l’ancienne Casa Anatta accueille depuis 1981 l’exposition permanente « Les Mamelles de la vérité ». Curateur et théoricien culte, Harald Szeemann sera l’une des figures à hanter ce projet éditorial. Le contexte politique, économique et idéologique de cette période, qui présente bien des similitudes avec notre époque, constituera également un angle de lecture.
De nombreux artistes d’aujourd’hui enfin, de Kaye Donachie à Nico Vascellari en passant par David Evrard, Lola González, Gaëlle Cintré ou Romana Schmalisch viendront également émailler ce quatrième numéro.

Une colline dominant Ascona et le lac Majeur est devenue dès 1900 un haut lieu de la liberté de pensée et de vie. A Monte Verità le jaillissement des esprits fut proprement stupéfiant à un moment où en Europe les interrogations sur un mode de vie alternatif et les condamnations de la société industrielle se faisaient pressantes: recherches croisées et innovations dans tous les arts, ardeur réformatrice jusqu’à la libération des corps et du sexe, ascétisme végétarien, valeurs opposées à la morale bourgeoise dans une succession de groupes et de courants d’idées, chorégraphes d’avant-garde, révolutionnaires russes, Allemands en nombre comme dans une banlieue de Munich, vagabonds-prophètes inspirant Hermann Hesse, chercheurs de grand renom réunis autour de Carl Gustav Jung, historiens des religions tel Mircea Eliade ou inspirateurs futurs du New Age rapprochant l’Orient et l’Occident. Il n’existait pas de livre en langue française pour décrire l’un des feux d’artifice les plus étonnants du 20e siècle. Le voici, dans une approche nouvelle et contemporaine des pouvoirs d’un lieu.

À 97 ans, du haut de ses 1.90m, Pierre Soulages est solide comme un roc. L’esprit alerte, la main toujours sûre, il est l’un des derniers mythes vivants de la peinture abstraite.

Pour ce documentaire, Stéphane Berthomieux nous propose de vivre l’expérience de la lumière qui vient du noir en parvenant à conjuguer trois niveaux de récits : les archives, les témoignages mis en scène et les voix-off. Cette approche à la fois biographique et poétique nous permet de découvrir la place de Soulages dans l’art des XXe et XXIe siècles tout en prenant conscience de la modernité de sa peinture, de la puissance de son noir et de l’énergie qui s’en dégage.

De le science à l’émerveillement, et avec comme trame centrale l’Outrenoir, nous suivons Soulages dans sa quête de la lumière. Ce documentaire apparaît comme un hommage à une oeuvre puissante et à un homme intemporel.

Le Glenstone Museum à la conquête de nouveaux espaces

Installé à Potomac (Maryland) depuis 2006, le Glenstone Museum inaugurera le 4 octobre ses nouveaux espaces d’expositions et d’accueil. Il devient l’une des plus grandes institutions privées au monde dédiées à l’art moderne et contemporain.

https://www.connaissancedesarts.com/archi-jardin-et-patrimoine/le-glenstone-museum-la-conquete-de-nouveaux-espaces-11103667/

Nue sur les toilettes pour dénoncer la prétention de l’art contemporain

Lisa Levy se dit exaspérée par la « connerie » du monde de l’art, grangréné selon elle « par l’ego et la prétention ». En signe de protestation, cette artiste, comédienne et psychothérapeute, a prévu de rester assise durant deux jours entièrement nue sur des toilettes dans une galerie d’art new yorkaise.

Cette exposition, proposée à l’occasion des vingt ans du mahJ, est la première présentée en France sur Sigmund Freud (1856-1939). Par un ensemble de 200 pièces – peintures, dessins, gravures, ouvrages, objets et dispositifs scientifiques –, dont des œuvres majeures de Gustave Courbet (L’Origine du monde), Oskar Kokoschka, Mark Rothko ou Egon Schiele, elle jette un regard nouveau sur le cheminement intellectuel et scientifique de l’inventeur de la psychanalyse.

Plus qu’une histoire de l’impressionnisme, ce sont des histoires qui sont ici racontées par deux spécialistes.
Documentés de façon très précise, mais dans un style romancé, ces trente récits de journées bien réelles retracent l’évolution d’un mouvement qui a révolutionné la peinture. Du scandale d’Impression, soleil levant exposé chez Nadar en 1874, au don par Claude Monet de ses Nymphéas à l’État français en 1918, l’ouvrage nous fait revivre les disputes d’Edgar Degas et Gustave Caillebotte au café Guerbois, le mariage d’Eugène Manet avec Berthe Morisot, le conflit qui oppose Pierre-Auguste Renoir à Camille Pissarro, l’installation du docteur Gachet à Auvers-sur-Oise ou la faillite du marchand Paul Durand-Ruel.
En revenant sur les hauts lieux et les grandes dates de l’impressionnisme, ce « roman vrai » permet de comprendre l’histoire de ce groupe d’artistes qui, en quittant l’atelier pour peindre sur le motif, allaient, par leur travail sur la touche et la lumière, bouleverser le regard.

Une Rétrospective
Pierre Soulages

En collaboration avec le Centre Pompidou

Du 15 juin 2018 au 25 novembre 2018 – Tous les jours de 9 h à 19 h

La Fondation Pierre Gianadda, qui fête les quarante ans de sa création, consacre son exposition d’été à Pierre Soulages, le peintre du noir et de la lumière.