MAI-THU PERRET, MAISON D’ÉPOPÉES

A Genève, la rétrospective de la plasticienne suisse prend la forme d’un espace domestique fantasmé où s’entrechoquent les références aux figures oubliées de l’histoire de l’art et aux utopies communautaires du début du XXe siècle.

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Lors de l’inauguration du musée d’art contemporain en 1982, puis de sa réouverture et de sa transformation en LAAC en 2005, Daniel Abadie, témoin vivant de plusieurs générations d’artistes, était là. Pour lui, le LAAC est un musée né de la passion de Gilbert Delaine, semblable à celle qui anime les artistes, en dehors de toute mode, critique ou loi du marché. D’où son vif intérêt à imaginer une exposition comme Un autre œil.

Pour ce projet qui sera montré sur trois lieux consécutifs – au LAAC à Dunkerque, au musée Saint Roch d’Issoudun et enfin au musée de l’Abbaye Sainte Croix des Sables-d’Olonne – Daniel Abadie a choisi près de 150 œuvres rarement montrées, voire inédites qui renouvellent notre regard sur les mouvements artistiques et leur filiation tout en faisant écho à la collection.
Tout est né d’un choc qu’il a ressenti en 1991 à l’Albright-Knox Museum de Buffalo, aux États-Unis, face à trois peintures de 1913, fondamentalement différentes : de Vassily Kandinsky, Fernand Léger et Robert Delaunay. Il comprend alors que ce qui relie les peintres d’une génération est la leçon qu’ils tirent de leurs prédécesseurs : chacun répondant à sa manière aux questions laissées par la génération précédente. C’est la différence des propositions qui fait cohabiter, dans la peinture du XXe siècle, devenue aujourd’hui historique, des mouvements apparemment incompatibles.
L’exposition souligne est ainsi conçue autour de ce paradoxe.

Un autre œil commence après la Seconde Guerre mondiale, en cohérence avec la collection du LAAC, en évoquant les problématiques du début du XXe siècle. L’exposition montre comment les approches successives forment au-delà de leur contradictions apparentes des unités inattendues. Elle tisse des liens entre les problématiques posées et les réponses trouvées, offrant ainsi une lecture nouvelle de ce siècle passé qui nous est si proche. Elle dévoile à quel point, entre incertitudes, débats et contradictions, chaque génération réagit, répercute, résiste ou poursuit la recherche de ses prédécesseurs.

À 97 ans, du haut de ses 1.90m, Pierre Soulages est solide comme un roc. L’esprit alerte, la main toujours sûre, il est l’un des derniers mythes vivants de la peinture abstraite.

Pour ce documentaire, Stéphane Berthomieux nous propose de vivre l’expérience de la lumière qui vient du noir en parvenant à conjuguer trois niveaux de récits : les archives, les témoignages mis en scène et les voix-off. Cette approche à la fois biographique et poétique nous permet de découvrir la place de Soulages dans l’art des XXe et XXIe siècles tout en prenant conscience de la modernité de sa peinture, de la puissance de son noir et de l’énergie qui s’en dégage.

De le science à l’émerveillement, et avec comme trame centrale l’Outrenoir, nous suivons Soulages dans sa quête de la lumière. Ce documentaire apparaît comme un hommage à une oeuvre puissante et à un homme intemporel.

Nue sur les toilettes pour dénoncer la prétention de l’art contemporain

Lisa Levy se dit exaspérée par la « connerie » du monde de l’art, grangréné selon elle « par l’ego et la prétention ». En signe de protestation, cette artiste, comédienne et psychothérapeute, a prévu de rester assise durant deux jours entièrement nue sur des toilettes dans une galerie d’art new yorkaise.

Une Rétrospective
Pierre Soulages

En collaboration avec le Centre Pompidou

Du 15 juin 2018 au 25 novembre 2018 – Tous les jours de 9 h à 19 h

La Fondation Pierre Gianadda, qui fête les quarante ans de sa création, consacre son exposition d’été à Pierre Soulages, le peintre du noir et de la lumière.

Marcel Duchamp en 3 minutes

Par Claire Maingon • le 18 juin 2018

Il a fait entrer un simple urinoir au musée. Considéré comme le père de l’art contemporain, Marcel Duchamp n’a cessé de questionner le rôle de l’artiste et le statut de l’œuvre d’art. Il est aujourd’hui à l’honneur au musée des Beaux-Arts de Rouen, qui propose une exposition pour « comprendre Marcel Duchamp ». L’occasion de revenir sur la vie et l’œuvre révolutionnaire de l’inventeur du ready-made.

Zao Wou-Ki

L’espace est silence

Si l’oeuvre de Zao Wou-Ki (1920-2013) est aujourd’hui célèbre, les occasions d’en percevoir la complexité sont demeurées trop rares. Depuis sa dernière rétrospective en France, en 2003, aucune exposition à Paris n’a permis de mesurer toute l’importance de sa peinture et particulièrement l’enjeu que représentait pour lui l’emploi de très grands formats tout au long de sa carrière.

Artiste au croisement de trois mondes, parti de sa Chine natale à Paris en 1948, à l’instant où l’art vivant se partageait de manière évidente entre la France et les Etats-Unis, il est demeuré attaché à une scène parisienne qu’il appréciait, tout en ayant pleinement perçu la vivacité de la création outre-Atlantique et en dépassant les oppositions culturelles et les luttes esthétiques.

L’exposition réunira pour la première fois un grand nombre de polyptyques et de peintures de grand format issus des principales collections européennes et asiatiques. En insistant sur la portée universelle de son art, sur sa place aux côtés des plus grands artistes de la deuxième moitié du XXème siècle, et en soulignant l’ouverture d’une oeuvre qui a su se montrer perméable à tout ce qui n’était pas la peinture – à commencer par la musique et la poésie –, le musée souhaite voir renouveler la lecture portée sur son oeuvre et faire partager au public l’expérience d’une création débordant les frontières.

Commissaires : François Michaud, Erik Verhagen