Parue en 2006, la version du Tchouang-tseu proposée par Jean Levi est ici présentée dans une édition révisée, et augmentée en annexe de plusieurs textes pouvant servir à éclairer les problèmes que posent la compréhension et la traduction d’une telle œuvre. Il s’agit en particulier du compte rendu de Jean François Billeter paru dans la revue Etudes chinoises, ainsi que d’un échange de lettres entre celui-ci et Jean Levi, où ils discutent de leurs conceptions de la tâche du traducteur. C’est pour eux l’occasion d’aborder divers points concernant aussi bien le taoïsme et l’histoire de la Chine que les théorisations arbitraires, mais fort en vogue, d’un François Jullien.

Jean-Claude Lavie, L’amour est un crime parfait
Dominique Clerc Maugendre, La maladie du moi
Martine Bacherich, À en perdre la tête
Paul-Laurent Assoun, Au premier regard
Edmundo Gómez Mango, Le désordre
Antoine Compagnon, L’amour, l’amour, toujours l’amour
Pierre Pachet, Vies sans amour
Francis Marmande, L’étrange amour de préférence
Jean-Paul Demoule, L’amour passé
Éric Michaud, Un Sauveur : Adolf Hitler ou La tyrannie du visible
Joseph Moingt, L’amour est de rigueur
Charles Baladier, La philosophie de l’amour et du désir au Moyen Âge
Francoise Coblence, Et l’amour, et l’autre
François Gantheret, Unissons-nous?
Evelio Cabrejo Parra, Fête narcissique des premières syllabes
Michela Gribinski, La voie passive
Michel Gribinski, Construire un feu Aimer un père

Varia, XX :
Catherine Chabert, Les trois sœurs
Adam Phillips, The unimportance of being Ernest
Alain Boureau, Revanche du lièvre
Daniel Roche, Heinele
Danielle Margueritat, Le père incorporé
Jean-Philippe Dubois, Le jeu des mots
Georges-Arthur Goldschmidt, Quand Freud entend l’allemand
Bruno Bayen, Une origine pour la nature morte
Georges Didi-Huberman, Une page de larmes, un miroir de tourments

Ce livre contient soixante-seize propositions sur la nudité. Ce sont autant de poèmes, mais à la manière d’Emmanuel Hocquard, c’est à dire sans aucune affectation poétique et cependant tout entièrement dans le langage, ses pièges, ses contre-sens, ses impasses. L’idée qui sous-tend la démarche de l’auteur est énoncée en LXIII : « La nudité reste secrète même si le corps est dévoilé ». Il va donc s’agir non pas de lever ce secret, c’est impossible, mais de le cerner, pour le rendre encore plus présent, et il va s’agir en quelque sorte de déshabiller la nudité de tout ce dont elle est recouverte, lieux-communs de l’esthétique comme de la psychologie. Une autre idée enfin est, que la photographie permet de mieux envisager ce secret.

Qu’ils traitent de Marc Aurèle ou de Plotin, du stoïcisme ou de la mystique, les ouvrages de Pierre Hadot, avec une érudition toujours limpide, montrent que, pour les Anciens, la philosophie n’est pas construction de système, mais choix de vie, expérience vécue visant à produire un « effet de formation », bref un exercice sur le chemin de la sagesse.

En suivant Pierre Hadot, nous comprenons comment lire et interpréter la sagesse antique, en quoi les philosophies des Anciens, et la pensée de Marc Aurèle en particulier, peuvent nous aider à mieux vivre. Et si « philosopher, c’est apprendre à mourir », il faut aussi apprendre à « vivre dans le moment présent, vivre comme si l’on voyait le monde pour la dernière fois, mais aussi pour la première fois ».

– 70 –

Mes paroles sont très faciles à comprendre, très faciles à pratiquer.
Dans le monde personne ne peut les comprendre, personne ne peut les pratiquer.
Mes paroles ont une origine, mes actions ont une règle.
Les hommes ne les comprennent pas, c’est pour cela qu’ils m’ignorent.
Ceux qui me comprennent sont bien rares. Je n’en suis que plus estimé.
De là vient que le Saint se revêt d’habits grossiers et cache des pierres précieuses dans son sein.

– 69 –

Voici ce que disait un ancien guerrier :
Je n’ose donner le signal, j’aime mieux le recevoir.
Je n’ose avancer d’un pouce, j’aime mieux reculer d’un pied.
C’est ce qui s’appelle n’avoir pas de rang à suivre, de bras à étendre, d’ennemis à poursuivre, ni d’arme à saisir.
Il n’y a pas de plus grand malheur que de résister à la légère.
Résister à la légère, c’est presque perdre notre trésor.
Aussi, lorsque deux armées combattent à armes égales, c’est l’homme le plus compatissant qui remporte la victoire.

“Ce que nous considérons aujourd’hui comme la ‘civilisation chinoise’ est intimement lié au despotisme impérial. Nous devons la juger là-dessus – non pour nier sa grandeur, ni pour réduire le rôle qu’elle a joué dans l’histoire, mais pour déterminer le rapport que nous voulons entretenir avec elle.”

Jean-François Billeter

 

Destructivité et champ du négatif

Un parcours avec André Green

https://www.psychanalyse.be/parution/la-destructivite-pulsion-de-mort-travail-du-negatif/

À l’automne 1983, Michel Foucault prononce, à l’Université de Californie à Berkeley, un cycle de six conférences intitulé Discours et vérité, dont on trouvera ici, pour la première fois, l’édition complète et critique.
Dans ces conférences, la richesse de la notion de parrêsia et son rôle stratégique pour la réflexion éthique et politique de Foucault émergent de manière évidente. Foucault retrace notamment les transformations de cette notion dans le monde antique : d’abord droit politique du citoyen athénien, la parrêsia devient, avec Socrate, l’un des traits essentiels du discours philosophique puis, avec les cyniques, de la vie philosophique elle-même dans ce qu’elle peut avoir de provoquant et même de scandaleux; enfin, aux premiers siècles de l’Empire, la parrêsia apparaît au fondement des relations entre le maître et le disciple dans la culture de soi. En faisant l’analyse de la notion de parrêsia, Foucault poursuit en même temps son projet d’une histoire du présent et pose des jalons pour une généalogie de l’attitude critique dans nos sociétés modernes et contemporaines.
Ce volume contient également la transcription d’une conférence prononcée par Foucault en mai 1982 à l’université de Grenoble, devant un public de spécialistes de la philosophie antique, qui présente un état antérieur et différent de sa réflexion sur la parrêsia.

« Frieda Fordham a entrepris la tâche, difficile sous tous les rapports de présenter un résumé clair de mes diverses tentatives pour comprendre mieux, et d’une façon plus large, la psyché humaine. Comme je ne peux prétendre avoir atteint quelque théorie précise expliquant l’ensemble, ou même la plus grande part des complexités psychiques, mon œuvre consiste en une circonvolution autour de facteurs inconnus. Exposer d’une façon claire et simple mes idées est, par conséquent, pour le moins ardu […].

Malgré cet état de choses quelque peu problématique, Frieda Fordham a réussi à se sortir de toutes les occasions de faire des interprétations inexactes. Elle a présenté d’une façon simple et satisfaisante les principaux aspects de mon œuvre psychologique. Je lui dois beaucoup pour ce travail admirable. »

C. G. Jung

C’est en 1886 que l’Almanach Vermot voit le jour et depuis 129 ans, ses lecteurs lui sont restés fidèles. De génération en génération, la lecture du Vermot est devenue un monument de la culture populaire française.

• Des rubriques hebdomadaires : dicton et Saint du jour, proverbes, heure de lever et de coucher du soleil.
• Une part belle à l’humour : plus de 700 dessins humoristiques / 400 histoires drôles et perles repérées dans la presse.
• De nombreux jeux et autres distractions : mots croisés, mots fléchés, sudokus, charades et bons mots.
• Des actualités : nouvelles insolites du monde entier, portrait de célébrités, sans oublier l’annuaire des députés siégeant à l’Assemblée nationale…
• Des nouvelles rubriques de culture générale : noms de villages saugrenus, chansons yéyé, secrets d‘État, règles du protocole, chiffres étonnants de la science, mots de la francophonie, records sportifs…
• Des conseils pratiques en cuisine, santé, nature…

Il y a peu, j’ignorais encore (et vous aussi, peut-être) l’existence de cette mouvance aujourd’hui très tendance, le « développement personnel ». Et c’est en visitant les librairies que j’ai découvert l’explosion de ces drôles d’ouvrages censés nous aider à trouver un bonheur… préfabriqué.

Devant des titres aussi prometteurs que Soyez heureux tout en souffrant, Votre moi est important, Devine qui tu es, devant des concepts aussi surréalistes que la reconstruction de l’espace intérieur, l’art du soi génératif et le training autogène, devant enfin des conseils aussi surprenants que : Apprenez à traire une vache ou Demandez votre chemin à trois personnes dans la rue… même si vous le connaissez (sic), l’occasion était trop belle de brocarder gentiment ces guides de savoir-être.

Voilà pourquoi, dans ce livre, je m’étonne, j’essaie de comprendre, mais surtout je m’amuse (et vous aussi, je l’espère !) en suggérant à mon tour des recettes de bonheur, plus légères. Et à une injonction du genre : Pour mieux affronter les autres, apprends à t’affronter toi-même, je propose dans hésiter : Je triche en jouant au solitaire…

– 68 –

Celui qui excelle à commander une armée n’a pas une ardeur belliqueuse.
Celui qui excelle à combattre ne se laisse pas aller à la colère.
Celui qui excelle à vaincre ne lutte pas.
Celui qui excelle à emporter les hommes se met au-dessous d’eux.
C’est là ce qu’on appelle posséder la vertu qui consiste à ne point lutter.
C’est ce qu’on appelle savoir se servir des forces des hommes.
C’est ce qu’on appelle s’unir au ciel.
Telle était la science sublime des Anciens.

Je répète, donc je suis ! Notre vie bat au rythme de la répétition que l’inconscient nous impose. La répétition est positive quand elle nous permet d’apprendre, de créer et de nous affirmer toujours davantage. Mais la répétition peut aussi se révéler pathologique quand elle nous fait rejouer à notre insu les traumatismes de l’enfance, multiplier les ruptures amoureuses, souffrir de troubles obsessionnels compulsifs, dépendre d’une drogue, du jeu ou du sexe, ou échouer de façon répétée devant les mêmes épreuves.

Aussi dirons-nous que l’inconscient est tantôt une force de vie qui nous pousse à répéter les mêmes comportements heureux, tantôt une force de mort qui nous pousse à répéter compulsivement les mêmes comportements d’échecs.

Pierre Soulages, 99 ans ce lundi : « C’est la peinture qui me maintient en forme »

L’artiste, né à Rodez en 1919, fête aujourd’hui ses 99 ans mais il ne se laisse pas troubler par les anniversaires. Dans un long entretien, il confie des souvenirs d’enfance à Rodez, des souvenirs d’atelier, de fréquentations politiques…

[…]

https://www.midilibre.fr/2018/12/24/pierre-soulages-99-ans-ce-lundi-cest-la-peinture-qui-me-maintient-en-forme,5993793.php

À paraître en janvier 2019

Le concept de transformation est omniprésent dans la psychanalyse, bien qu’il soit rarement utilisé d’une manière spécifique. C’est seulement avec Bion qu’il prend une signification particulière, c’est-à-dire qu’il devient un concept absolument central, définissant une nouvelle théorie et une nouvelle technique pour la psychanalyse. Au départ, Bion ne fait que proposer une théorie de l’observation en psychanalyse plus efficace et susceptible d’augmenter le niveau formel des concepts psychanalytiques. Mais bien vite, il en arrive à la définition d’un nouveau paradigme. Contrairement au paradigme classique, ce dernier peut être défini comme esthétique ou intersubjectif. La relation mère enfant est le modèle central de ce nouveau paradigme. Et la transformation est un outil des plus précieux (« clarificateur [illuminating] ») pour saisir l’évolution de l’expérience émotionnelle de la séance. Le concept de transformation permet de rendre l’analyste plus réceptif au discours inconscient et au spectre des manifestations oniriques en séance : rêverie, transformation en rêve, transformation en hallucinose, flash onirique, rêverie « somatique », etc. C’est cela qu’il s’agit d’analyser dans ce numéro issu des communications du 78e Congrès des psychanalystes de langue française.

– 67 –

Dans le monde tous me disent éminent, mais je ressemble à un homme borné.
C’est uniquement parce que je suis éminent, que je ressemble à un homme borné.
Quand à (ceux qu’on appelle) éclairés, il y a longtemps que leur médiocrité est connue !
Je possède trois choses précieuses : je les tiens et les conserve comme un trésor.
La première s’appelle l’affection ; la seconde s’appelle l’économie ; la troisième s’appelle l’humilité, qui m’empêche de vouloir être le premier de l’empire.
J’ai de l’affection, c’est pourquoi je puis être courageux.
J’ai de l’économie, c’est pourquoi je puis faire de grandes dépenses.
Je n’ose être le premier de l’empire, c’est pourquoi je puis devenir le chef de tous les hommes.
Mais aujourd’hui on laisse l’affection pour s’abandonner au courage ; on laisse l’économie pour se livrer à de grandes dépenses ; on laisse le dernier rang pour rechercher le premier :
Voilà qui conduit à la mort.
Si l’on combat avec un cœur rempli d’affection, on remporte la victoire ; si l’on défend (une ville), elle est inexpugnable.
Quand le ciel veut sauver un homme, il lui donne l’affection pour le protéger.

– 66 –

Pourquoi les fleuves et les mers peuvent-ils être les rois de toutes les eaux ?
Parce qu’il savent se tenir au dessous d’elles.
C’est pour cela qu’ils peuvent être les rois de toutes les eaux.
Aussi lorsque le Saint désire d’être au-dessus du peuple, il faut que, par ses paroles, il se mette au-dessous de lui.
Lorsqu’il désire d’être placé en avant du peuple, il faut que, de sa personne, il se mette après lui.
De là vient que le Saint est placé au-dessus de tous et il n’est point à charge au peuple ; il est placé en avant de tous et le peuple n’en souffre pas.
Aussi tout l’empire aime à le servir et ne s’en lasse point.
Comme il ne dispute pas (le premier rang), il n’y a personne dans l’empire qui puisse le lui disputer.

À paraître en janvier 2019

L’objectif de ce numéro 235 est d’évoquer -sans prétention exhaustive-, les apports conséquents de plusieurs grands psychanalystes britanniques, pour l’ensemble du corpus clinique et théorique de la psychanalyse. Malgré une diffusion parfois sélective et plus tardive en France qu’en d’autres pays européens et d’Amérique du Sud-, ces apports nourrissent désormais la pratique, et témoignent de la richesse de leurs avancées et perspectives permettant une approche de plus en plus subtile de l’évolution intra et intersubjective de nos psychismes.

– 65 –

Dans l’Antiquité, ceux qui excellaient à pratiquer le Tao ne l’employaient point à éclairer le peuple ; ils l’employaient à le rendre simple et ignorant.
Le peuple est difficile à gouverner parce qu’il a trop de prudence.
Celui qui se sert de la prudence pour gouverner le royaume est le fléau du royaume.
Celui qui ne se sert pas de la prudence pour gouverner le royaume fait le bonheur du royaume.
Lorsqu’on connaît ces deux choses, on est le modèle (de l’empire).
Savoir être le modèle (de l’empire), c’est être doué d’une vertu céleste.
Cette vertu céleste est profonde, immense, opposée aux créatures.
Par elle on parvient à procurer une paix générale.

André Comte-Sponville et François Jullien, sous la médiation de Françoise Dastur, confrontent la vision occidentale du bonheur avec celle de la pensée chinoise : d’une part, une culture chrétienne marquée par le dolorisme et la culpabilité et d’autre part une philosophie chinoise qui se dispense de l’idée du bonheur, au profit d’une autre préoccupation, celle de nourrir sa vie.
Entre la vision occidentale du bonheur comme but de la vie humaine et, en miroir, celle de la pensée chinoise d’un “vivre à propos”, il est intéressant de se demander si c’est bien la quête du bonheur qui doit véritablement gouverner la vie des êtres humains.
Cette rencontre, organisée par François Lapérou, pour Arte-Filosofia, nous fait découvrir que l’aspiration au bonheur, prétendument universelle, est en réalité un produit de l’histoire et de la culture.

Claude Colombini-Frémeaux

– 64 –

Ce qui est calme est aisé à maintenir ; ce qui n’a pas encore paru est aisé à prévenir ; ce qui est faible est aisé à briser ; ce qui est menu est aisé à disperser.
Arrêtez le mal avant qu’il n’existe ; calmez le désordre avant qu’il n’éclate.
Un arbre d’une grand circonférence est né d’une racine aussi déliée qu’un cheveu ; une tour de neuf étages est sortie d’une poignée de terre ; un voyage de mille lis à commencé par un pas !
Celui qui agit échoue, celui qui s’attache à une chose la perd.
De là vient que le Saint n’agit pas, c’est pourquoi il n’échoue point.
Il ne s’attache à rien, c’est pourquoi il ne perd point.
Lorsque le peuple fait une chose, il échoue toujours au moment de réussir.
Soyez attentif à la fin comme au commencement, et alors vous n’échouerez jamais.
De là vient que le Saint fait consister ses désirs dans l’absence de tout désir. Il n’estime point les biens d’une acquisition difficile.
Il fait consister son étude dans l’absence de toute étude, et se préserve des fautes des autres hommes.
Il n’ose pas agir afin d’aider tous les êtres à suivre leur nature.

Photos : Mona Kuhn explore la présence humaine

Mona Kuhn, fantastique photographe brésilienne d’origine allemande vivant aux Etats-Unis, ne voulait plus faire de nus. Une maison dans le désert, à Joshua Tree, a réactivé cette envie. « She Disappeared into Complete Silence » est peut-être son plus beau livre.

[…]

https://www.grazia.fr/culture/arts-architecture/photos-mona-kuhn-explore-la-presence-humaine-910128

– 63 –

(Le sage) pratique le non-agir, il s’occupe de la non-occupation, et savoure ce qui est sans saveur.
Les choses grandes ou petites, nombreuses ou rares, (sont égales à ses yeux).
Il venge ses injures par des bienfaits.
Il commence par des choses aisées, lorsqu’il en médite de difficiles ; par de petites choses, lorsqu’il en projette de grandes.
Les choses les plus difficiles du monde ont nécessairement commencé par être aisées.
Les choses les plus grandes du monde ont nécessairement commencé par être petites.
De là vient que, jusqu’à la fin, le Saint ne cherche point à faire de grandes choses ; c’est pourquoi il peut accomplir de grandes choses.
Celui qui promet à la légère tient rarement sa parole.
Celui qui trouve beaucoup de choses faciles éprouve nécessairement de grand difficultés.
De là vient que le Saint trouve tout difficile ; c’est pourquoi, jusqu’au terme de sa vie, il n’éprouve nulles difficultés.

Ces textes, jusqu’alors inédits, retranscrivent les derniers séminaires donnés par W. R. Bion dans la clinique Tavistock, à Londres, entre 1976 et 1979. En laissant une large part au dialogue, le psychanalyste souligne l’importance de l’observation et de la présence “tierce” en cours de séance, explore le rêve et la conception psychanalytique du temps, aborde le rapport entre l’art et la psychanalyse. L’ouvrage inclut en outre un entretien de Bion avec Anthony G. Bannet, réalisé en 1976.

– 62 –

Le Tao est l’asile de tous les êtres ; c’est le trésor de l’homme vertueux et l’appui du méchant.
Les paroles excellentes peuvent faire notre richesse, les actions honorables peuvent nous élever au-dessus des autres.
Si un homme n’est pas vertueux, pourrait-on le repousser avec mépris ?
C’est pour cela qu’on avait établi un empereur et institué trois ministres.
Il est beau de tenir devant soi une tablette de jade, ou d’être monté sur un quadrige ; mais il vaut mieux rester assis pour avancer dans le Tao. Pourquoi les anciens estimaient-ils le Tao ? N’est-ce pas parce qu’on le trouve naturellement sans le chercher tout le jour ? N’est-ce pas parce que les coupables obtiennent par lui la liberté et la vie ?
C’est pourquoi (le Tao) est l’être le plus estimable du monde.