Ce livre propose :

Une introduction générale qui témoigne des racines psychothérapeutiques de la PNL, de la place qu’elle occupe dans le champ thérapeutique, des pratiques de recherche originales qui lui ont donné naissance et des quatre registres qu’elle a investis en profondeur : la relation thérapeutique, l’explication de l’expérience subjective du sujet, l’analyse du fonctionnement psychique du sujet et la réalisation du changement.

Cinq psychothérapies décrites en continu séance par séancesur les pages de droite, par les cliniciens qui les ont réalisées, en partant du principe que de tels récits ont été considérés, dès la conception de l’ouvrage, comme fil conducteur permettant de valider la clinique. Ces récits mettent concrètement en évidence la manière dont les cliniciens en PNL tiennent compte du vécu subjectif du client, de ses ressources et des processus qu’il doit modifier pour dépasser ses problèmes et se développer.

Sur les pages de gauche,ce travail est complété par l’analyse et les commentaires de la conceptrice de l’ouvrage, dans le but de mettre en lumière, sous différents angles, ce que le clinicien décrit sur la page de droite. Ces analyses et commentaires relèvent de plusieurs registres selon les besoins : observations, explications, comparaisons, références bibliographiques multiples ou interprétations phénoménologiques mettent en lumière la double appartenance de la PNL : celle qui l’enracine dans le champ thérapeutique et celle qui la relie au développement des sciences de l’esprit.

Dès lors, quand on suit le développement de ces commentaires de façon globale, on s’aperçoit vite que ce double contenu est le centre d’une pensée holistique, qui se déploie à tous les niveaux du livre, en exploitant et en reliant entre elles de nombreuses connaissances modernes. En effet, l’esprit curieux de l’auteur rebondit sur ses nombreuses ressources en sciences humaines, de sorte que l’on arrive progressivement à une réflexion intégrative et systémique qui va bien au-delà de la découverte pure et simple de l’originalité de la PNL. Nous apprenons ainsi à l’appréhender et à la comprendre à partir de l’histoire du complexe « psyché-corps-soin », ce qui pose les jalons d’une vraie philosophie de la psychothérapie.

© Derek Yarra

La perspective psychanalytique se conçoit à partir d’un certain nombre d’idées majeures, parmi lesquelles je compte : une conception des relations entre les aspects inconscient, préconscient et conscient du psychisme ; le concept de transfert/contre-transfert ; la notion de monde objectal interne ; l’idée d’une expérience engendrée en modes dépressifs, schizoparanoïdes ou autistiques-contigües, accompagnés de leurs formes respectives de subjectivité, d’angoisse, de défense, de relation d’objet et de croissance psychique ; les concepts de clivage, d’identification projective et de défense maniaque ; la notion du besoin humain de vérité ;  l’idée de vitalité (aliveness) et de léthargie (deadness) psychiques ; la conception d’un espace psychique entre réalité et fantasme dans lequel l’individu est susceptible de développer la capacité de penser symbolique, et ainsi venir imaginairement au monde ; la notion de cadre analytique ; la compréhension du rôle décisif que, depuis la naissance, joue la sexualité dans le développement sain ou psychopathologique ; une conception des voies par lesquelles le développement des capacités de symbolisation et de conscience de soi est inséparable de développement des relations d’objets externes et internes (incluant la triangulation œdipienne et le miroir du visage de la mère).

Thomas H. Ogden, Cet art qu’est la psychanalyse

Est-il imaginable que la psychanalyse soit demeurée indemne du désastre du nazisme ? Pulsion, autoconservation, mystique de l’inconscient : entre la masse soudée autour de son Führer et l’effondrement de l’autonomie du droit, les psychanalystes assistèrent à l’entrée en force de la « nature », de ses forces souterraines et de sa « biologie » dans le champ langagier, politique, racial. Ils ont beaucoup lutté. Mais la transformation des conceptions analytiques qu’ils introduisirent alors ne les a-t-elle pas trahis ? Qu’advint-il de l’énigme de la transformation de la haine individuelle en psychose de masse quand le traitement psychanalytique de la Shoah privilégia l’écoute empathique en donnant la prévalence au trauma et à la pathologie des victimes ? Qu’est-il resté du paradoxe de l’engendrement de l’anti-civilisation par la civilisation elle-même ? Les psychanalystes ont-ils pris la pleine mesure de la désorientation, clinique et théorique, infligée par le déchaînement nazi ?

Après avoir retracé l’itinéraire qui l’a conduit à la compréhension des patients schizophrènes et à la conviction que les états psychotiques pouvaient être traités psychanalytiquement, H. Rosenfeld s’interroge sur les facteurs thérapeutiques et anti-thérapeutiques dans l’analyse. Qu’ils soient liés au rôle de l’analyste ou à celui du narcissisme et de l’identification projective, Rosenfeld démontre que la compréhension de ces deux notions est essentielle pour éviter l’impasse dans l’analyse.

Sa démarche – étayée sur une méthodologie très détaillée et critique – apporte, outre une analyse des phénomènes de collusion, une théorie des relations d’objet narcissique, ainsi qu’une conception originale de l’interprétation, fondée sur une attention très soutenue au transfert et au contre-transfert.

En conclusion, H. Rosenfeld reprend non seulement l’évolution des théories et des techniques analytiques de la psychose et des techniques analytiques de la psychose et des états narcissiques, mais propose, à partir de sa propre évolution, un nouveau modèle d’analyse, qui noue une compréhension précise de l’histoire et de l’organisation mentale du patient au hic et nunc de la situation transférentielle.

« Ce n’est pas la psychanalyse qui est nouvelle, mais Freud. De même que ce n’est pas l’Amérique qui était nouvelle, mais Christophe Colomb. » Par cette formule provocatrice, Arthur Schnitzler prenait acte de la puissance d’innovation liée au nom propre de Freud « découvreur ». C’est un fait que le terme « freudisme » a très tôt doublé la « psychanalyse » — sauf à rappeler que la référence à l’homme Freud ne saurait accréditer quelque « vision du monde », mais ne se légitime que du réel inconscient qu’il a mis au jour.

Cet ouvrage se veut à la fois bilan des effets majeurs de la « pensée Freud », comme contribution majeure de la pensée contemporaine, en ses diverses dimensions, et manifeste de l’engagement freudien. Que mettre sous le terme « freudisme » ? Comment l’expression s’est-elle imposée ? Que signifie « être freudien » ? Quel programme, voire quelle éthique de recherche, soutient la référence au nom de Freud ? Introduire au freudisme, c’est montrer son apport et sa signification sur la triple scène du savoir des processus inconscients (métapsychologie), du symptôme et de la sexualité (clinique) et de la conception de la culture (anthropologie). Ainsi se dessine, au seuil du nouveau siècle, la vitalité chronique de « l’hypothèse de l’inconscient ».

– 17 – 

Dans la Haute Antiquité, le peuple savait seulement qu’il avait des rois.
Les suivants, il les aima et leur donna des louanges.
Les suivants il les craignit.
Les suivants, il les méprisa.
Celui qui n’a pas confiance dans les autres n’obtient pas leur confiance.
(Les premiers) étaient graves et réservés dans leurs paroles.
Après qu’ils avaient acquis des mérites et réussi dans leurs desseins, les cent familles disaient : Nous suivons notre nature.

C’est une triple rencontre avec lui-même comme sujet de ses désirs, de sa continuité et de ses ruptures que l’être humain – animal « critique », c’est à dire voué à la crise dans sa vie intérieure comme dans sa vie sociale – se risque lorsqu’il s’engage dans une psychanalyse.
L’objet de cet ouvrage est d’analyser les processus intrasubjectifs, interpersonnels et groupaux mis en jeu par l’expérience d’une rupture dans la continuité de soi. C’est aussi d’établir quel cadre théorique et méthodologique et quel dispositif technique sont aptes à instituer certaines fonctions (de conteneur et d’espace transitionnel principalement) susceptibles à leur tour d’enclencher un travail de la rupture.
Bien que les contributeurs de ce volume n’aient pas tous trouvé leur inspiration dans l’œuvre laissée ouverte par Winnicott, c’est en référence aux phénomènes transitionnels découverts par ce dernier qu’est proposée ici une méthode générale d’analyse transitionnelle permettant, dans les situations de crise, de préparer ou de parachever un travail psychanalytique plus classique soit en cure individuelle, soit en groupe, soit dans des institutions.

« L’importance fonctionnelle du Moi s’exprime en ceci qu’il lui est concédé normalement la maîtrise des passages à la motilité. Il est semblable ainsi, par rapport au Ça, au cavalier censé tenir en bride la force supérieure du cheval, à ceci près que le cavalier tente la chose avec des forces propres, tandis que le Moi le fait avec des forces empruntées. Cette comparaison nous emmène un peu plus loin. De la même façon qu’il ne reste souvent pas d’autre solution au cavalier, s’il ne veut pas se séparer du cheval, que de le conduire là où il veut aller, le Moi a coutume lui aussi de convertir la volonté du Ça en action, comme si cette volonté était la sienne propre. »

Sigmund Freud

 

 

 

 

 

Nul ne nous a obligés à devenir psychanalystes. Mais si nous prenons l’initiative de le devenir, il nous faut avoir le courage d’être sincères et conséquents.

André Green

Un ouvrage passionnant, rédigé à partir d’archives freudiennes récemment disponibles, en particulier diverses correspondances de Freud lui-même avec ses disciples. Les auteurs se penchent sur la naissance de la psychanalyse et nous présentent la véritable histoire d’une pensée et d’un mouvement accouchés dans la douleur qui n’ont pas fini de marquer notre histoire. Dans la polémique actuelle suscitée par la parution du Livre noir de la psychanalyse, cet ouvrage peut apporter quelques éclaircissements.

– 16 – 
Celui qui est parvenu au comble du vide arde fermement le repos.
Les dix mille êtres naissent ensemble ; ensuite je les vois s’en retourner.
Après avoir été dans un état florissant, chacun d’eux revient à son origine.
Revenir à son origine s’appelle être en repos.
Être en repos s’appelle revenir à la vie.
Revenir à la vie s’appelle être constant.
Savoir être constant s’appelle être éclairé.
Celui qui ne sait pas être constant s’abandonne au désordre et s’attire des malheurs.
Celui qui sait être constant a une âme large.
Celui qui a une âme large est juste.
Celui qui est juste devient roi.
Celui qui est roi s’associe au ciel.
Celui qui s’associe au ciel imite le Tao.
Celui qui imite le Tao subsiste longtemps ; jusqu’à la fin de sa vie, il n’est exposé à aucun danger.

La PNL est une approche psychothérapeutique qui a vu le jour en Californie, au début des années 70. Elle articule une pragmatique de la communication très attentive au comportement verbal et non verbal, à un soubassement théorique venu de la psychologie clinique, de la philosophie, de la science des modèles et de plusieurs sciences de l’esprit, ce qui en fait une  » surprise efficiente » qui devait s’étudier sans concessions. Cette étude traite de sa signification, de sa spécificité et de ses limites, en prenant appui sur un travail analytique et critique.

– 15 –
Dans l’Antiquité, ceux qui excellaient à pratiquer le Tao étaient déliés et subtils, abstraits et pénétrants.
Ils étaient tellement profonds qu’on ne pouvait les connaître.
Comme on ne pouvait les connaître, je m’efforcerai de donner une idée (de ce qu’ils étaient).
Ils étaient timides comme celui qui traverse un torrent en hiver.
Ils étaient graves comme un étranger (en présence de l’hôte).
Ils s’effaçaient comme la glace qui se fond.
Ils étaient rudes comme le bois non travaillé.
Il étaient vides comme une vallée.
Ils étaient troubles comme une eau limoneuse.
Qui est-ce qui sait apaiser peu à peu le trouble (de son cœur) en le laissant reposer ?
Qui est-ce qui sait naître peu à peu (à la vie spirituelle) par un calme prolongé ?
Celui qui conserve ce Tao ne désire pas d’être plein.
Il n’est pas plein (de lui-même), c’est pourquoi il garde ses défauts (apparents), et ne désire pas (d’être jugé) parfait.

À l’heure du « développement personnel », du « bonheur en vingt leçons » et du devoir de « positiver », la force de la psychanalyse est de ne pas sous-estimer la violence de la vie psychique. Derrière la façade des vies « comme il faut », la folie privée est la chose du monde la mieux partagée.
Ce livre, à travers des instantanés de séances, cherche à faire entendre la parole souvent dérangeante, et en dépit du bon sens, de l’inconscient. Le bouleversement des anciennes rigidités familiales, les nouvelles libertés du choix sexuel ont le « mérite » de révéler mieux que jamais l’âpreté de la relation homme-femme, l’expérience à la fois éprouvante et passionnante de leur altérité.
Les « vérités » de la psychanalyse ne sont pas toujours bonnes à entendre – l’inconscient ignore le « politiquement correct » –, mais au moins elles ne font pas l’impasse sur la complexité des vies intérieures.

– 14 – 
Vous le regardez (le Tao) et vous ne le voyez pas : on le dit incolore.
Vous l’écoutez et vous ne l’entendez pas : on le dit aphone.
Vous voulez le toucher et vous ne l’atteignez pas : on le dit incorporel.
Ces trois qualités ne peuvent être scrutées à l’aide de la parole. C’est pourquoi on les confond en une seule.
Sa partie supérieure n’est point éclairée ; sa partie inférieure n’est point obscure.
Il est éternel et ne peut être nommé.
Il rentre dans le non-être.
On l’appelle une forme sans forme, une image sans image.
On l’appelle vague, indéterminé.
Si vous allez au-devant de lui, vous ne voyez point sa face ; si vous le suivez vous ne voyez point son dos.
C’est en observant le Tao des temps anciens qu’on peut gouverner les existences d’aujourd’hui.
Si l’homme peut connaître l’origine des choses anciennes, on dit qu’il tient le fil du Tao.

Zao Wou-Ki

L’espace est silence

Si l’oeuvre de Zao Wou-Ki (1920-2013) est aujourd’hui célèbre, les occasions d’en percevoir la complexité sont demeurées trop rares. Depuis sa dernière rétrospective en France, en 2003, aucune exposition à Paris n’a permis de mesurer toute l’importance de sa peinture et particulièrement l’enjeu que représentait pour lui l’emploi de très grands formats tout au long de sa carrière.

Artiste au croisement de trois mondes, parti de sa Chine natale à Paris en 1948, à l’instant où l’art vivant se partageait de manière évidente entre la France et les Etats-Unis, il est demeuré attaché à une scène parisienne qu’il appréciait, tout en ayant pleinement perçu la vivacité de la création outre-Atlantique et en dépassant les oppositions culturelles et les luttes esthétiques.

L’exposition réunira pour la première fois un grand nombre de polyptyques et de peintures de grand format issus des principales collections européennes et asiatiques. En insistant sur la portée universelle de son art, sur sa place aux côtés des plus grands artistes de la deuxième moitié du XXème siècle, et en soulignant l’ouverture d’une oeuvre qui a su se montrer perméable à tout ce qui n’était pas la peinture – à commencer par la musique et la poésie –, le musée souhaite voir renouveler la lecture portée sur son oeuvre et faire partager au public l’expérience d’une création débordant les frontières.

Commissaires : François Michaud, Erik Verhagen