Les liens entre Réalité et Traumatisme posent une question épistémologique que cet ouvrage remet en perspective, et qui est à la base du désaccord entre Freud et Ferenczi. Comme l’a remarqué Balint,  » Le fait historique représenté par le désaccord entre Freud et Ferenczi fit sur le monde analytique l’effet d’un traumatisme (…) Le choc était extrêmement profond et douloureux. Tout se passe en effet comme si cette opposition Freud/Ferenczi autour de la question de l’Origine – externe ou intense – du traumatisme, continuait à être active au sein de la communauté psychanalytique, au point d’interdire toute pensée de leur articulation, alors que les théories de Winnicott, la conception moderne de l’Histoire, ou les travaux de S. Viderman permettent justement une telle articulation !
Cet ouvrage, à travers le notions de  » Noyau traumatique du Moi « , de « Collapsus topique », d' »Animisme à deux » de « Noyau chaud » et de « Noyau froid », issues de la conception freudienne de l’Objet, telle qu’elle apparaît dans « Deuil et Mélancolie » introduit à une réévaluation des liens entre trauma « réel » et trauma « psychique », et postule l’existence de « Traumatismes sans fin » et de « Traumatismes avec fin », la capacité du sujet à constituer au sein de sa psyché une « potentialité » à subir psychiquement un traumatisme, se révélant, en fin de compte, anti-traumatique ; il donne au lecteur, au cœur même de la pratique psychanalytique, des exemples de ces types de traumatismes.