– 55 –

Celui qui possède une vertu solide ressemble à un nouveau-né qui ne craint ni la piqûre des animaux venimeux, ni les griffes des bêtes féroces, ni les serres des oiseaux de proie.
Ses os sont faibles, ses nerfs sont mous, et cependant il saisit fortement les objets.
Il ne connaît pas encore l’union des deux sexes, et cependant certaines parties (de son corps) éprouvent un orgasme viril. Cela vient de la perfection du semen.
Il crie tout le jour et sa voix ne s’altère point, cela vient de la perfection de l’harmonie (de la force vitale).
Connaître l’harmonie s’appelle être constant.
Connaître la constance s’appelle être éclairé.
Augmenter sa vie s’appelle une calamité.
Quand le cœur donne l’impulsion à l’énergie vitale, cela s’appelle être fort.
Dès que les êtres sont devenus robustes, ils vieillissent.
C’est ce qu’on appelle ne pas imiter le Tao.
Celui qui n’imite pas le Tao périt de bonne heure.

– 54 –

Celui qui sait fonder ne craint point la destruction ; celui qui sait conserver ne craint point de perdre.
Ses fils et ses petits-fils lui offriront des sacrifices sans interruption.
Si (l’homme) cultive le Tao au-dedans de lui-même, sa vertu deviendra sincère.
S’il le cultive dans sa famille, sa vertu deviendra surabondante.
S’il le cultive dans le village, sa vertu deviendra étendue.
S’il le cultive dans le royaume, sa vertu deviendra florissante.
S’il le cultive dans l’empire, sa vertu deviendra universelle.
C’est pourquoi, d’après moi-même, je juge des autres hommes ; d’après une famille, je juge des autres familles ; d’après un village, je juge des autres villages ; d’après un royaume, je juge des autres royaumes ; d’après l’empire, je juge de l’empire.
Comment sais-je qu’il en est ainsi de l’empire ? C’est uniquement par là.

Le livre blanc du développement personnel vous propose des textes inédits avec une diversité de thèmes abordés : l’éducation émotionnelle, les différences par rapport aux thérapies, les processus d’individuation, l’éthique, la place du corps, le couple intérieur, le chamanisme, les constellations archétypales, la reliance, la sagesse, etc. Chacune leur tour, les contributrices et contributeurs nous parlent de l’histoire du développement personnel, ce qu’il est ou n’est pas et surtout, comment nous pouvons le construire ensemble. Dans cet ouvrage vous trouverez des pistes de réflexion pour paver le chemin vers un monde plus humain, plus écologique ; un contrepoint à la tendance matérialiste et consumériste de notre société.

À une époque où la sécurité nous est donnée comme valeur principale, où l’exacerbation des peurs de toutes sortes et la servitude volontaire sont encouragées, ce livre fait l’éloge de la prise de risque. Cet ouvrage pose comme question centrale : qu’est-ce que risquer sa vie, à savoir prendre le risque de vivre ? Dans de courts chapitres, sont explorés les divers lieux où le risque se rencontre : la vie amoureuse, la séparation, la dépendance, mais aussi la vie sociale, le langage ou les biotechnologies.

– 53 –

Si j’étais doué de quelque connaissance, je marcherais dans la grande Voie.
La seule chose que je craigne, c’est d’agir.
La grande Voie est très unie, mais le peuple aime les sentiers.
Si les palais sont très brillants, les champs sont très incultes, et les greniers vides.
Les princes s’habillent de riches étoffes ; ils portent un glaive tranchant ; ils se rassasient de mets exquis ; ils regorgent de richesses.
C’est ce qu’on appelle se glorifier du vol ; ce n’est point pratiquer le Tao.

« … Il ne faut pas oublier que la relation analytique est fondée sur l’amour de la vérité, c’est-à-dire sur la reconnaissance de la réalité, et qu’elle exclut tout semblant
et tout leurre… »

Les deux articles rassemblés dans ce volume sont consacrés à la pratique de la psychanalyse. Dans le premier, « L’analyse finie et l’analyse infinie », Freud donne une vue d’ensemble sur les possibilités et les limites de la technique analytique. C’est, de ce fait, un article de référence auquel reviennent inlassablement les théoriciens et les praticiens depuis sa première publication en 1937. Le second texte, écrit la même année, traite d’une des dimensions les plus subtiles du travail du psychanalyste pendant la cure, les « Constructions dans l’analyse », et de la place essentielle qui leur revient à côté de l’interprétation.
Ces deux textes tardifs montrent que Freud est resté constamment préoccupé par les questions techniques de la psychanalyse, jusqu’au soir de sa vie, avant de devoir abandonner son cabinet et ses patients pour prendre la voie de l’exil.

Freud & l’art : une relation surréaliste

par Natacha Nataf

Il a révolutionné nos représentations des pulsions sexuelles et des désirs inconscients, rencontré Breton puis Dalí le « fanatique », analysé des œuvres de Léonard de Vinci et Michel-Ange, collectionné des milliers d’antiques… Alors pourquoi le père de la psychanalyse fait-il aujourd’hui seulement l’objet d’une exposition d’envergure à Paris ? Beaux Arts vous dit tout sur ce maître des paradoxes.

https://www.beauxarts.com/grand-format/freud-lart-une-relation-surrealiste/

– 52 –

Le principe du monde est devenu la mère du monde.
Dès qu’on possède la mère, on connaît ses enfants.
Dès que l’homme connaît les enfants et qu’il conserve leur mère, jusqu’à la fin de sa vie il n’est exposé à aucun danger.
S’il clôt sa bouche, s’il ferme ses oreilles et ses yeux jusqu’au terme de ses jours, il n’éprouvera aucune fatigue.
Mais s’il ouvre sa bouche et augmente ses désirs, jusqu’à la fin de sa vie, il ne pourra être sauvé.
Celui qui voit les choses les plus subtiles s’appelle éclairé ; celui qui conserve la faiblesse s’appelle fort.
S’il fait usage de l’éclat (du Tao) et revient à sa lumière, son corps n’aura plus à craindre aucune calamité.
C’est là ce qu’on appelle être doublement éclairé.

L’accès à la psychologie des profondeurs passe par la découverte d’un langage différent des discours psychologiques classiques et traditionnels.

Cet ABC ouvre la voie qui mène à la connaissance et à l’approfondissement des oeuvres de Jung si complexes pour le néophyte.

L’introduction à ce vocabulaire s’appuie sur de nombreux textes de Jung lui-même, permettant ainsi de se familiariser avec l’esprit de son auteur. Grâce à cette vue d’ensemble, le regard peut s’accrocher et s’approcher du fondement de cette oeuvre colossale pour lui donner un sens pratique.

Méthodiquement et progressivement, cet ouvrage
expose les terminologies spécifiques au créateur de cette  » quête des sens  » dont l’aboutissement est le Soi. L’aspect initiatique du processus d’individuation se révèle au fur et à mesure des rencontres avec la persona, l’ombre, l’anima et l’animus ainsi que la révélation des structures psychiques, collectives et individuelles.

En élargissant le concept de l’inconscient, Jung élabore la notion des archétypes dont l’apport considérable ne cesse encore aujourd’hui d’enrichir la psychologie analytique.

Ce livre s’adresse à celles et ceux qui désirent connaître les outils leur permettant de se confronter avec eux-mêmes grâce au passage enrichissant de l’expérience intérieure.

Issu de la médecine naturiste, elle aussi oubliée et avec laquelle il est souvent confondu mais dont il n’est qu’un des aspects, le nudisme cherche à participer au rétablissement de l’équilibre naturel de l’être humain. Mais il ouvre aussi cette réflexion sur la santé naturelle, initialement axée sur l’activité physique et l’alimentation, sur d’autres domaines tels que la culture, l’art, la philosophie et même la spiritualité. Ce livre a pour objet de présenter ces informations de manière simple et accessible, à travers une histoire résumée du mouvement nudiste français, de ses principaux auteurs et de leurs sources d’inspiration.

Le bonheur se construirait, s’enseignerait et s’apprendrait : telle est l’idée à laquelle la psychologie positive prétend conférer une légitimité scientifique. Il suffirait d’écouter les experts et d’appliquer leurs techniques pour devenir heureux. L’industrie du bonheur, qui brasse des milliards d’euros, affirme ainsi pouvoir façonner les individus en créatures capables de faire obstruction aux sentiments négatifs, de tirer le meilleur parti d’elles-mêmes en contrôlant totalement leurs désirs improductifs et leurs pensées défaitistes.
Mais n’aurions-nous pas affaire ici à une autre ruse destinée à nous convaincre, encore une fois, que la richesse et la pauvreté, le succès et l’échec, la santé et la maladie sont de notre seule responsabilité ?
Et si la dite science du bonheur élargissait le champ de la consommation à notre intériorité, faisant des émotions des marchandises comme les autres ?
Edgar Cabanas et Eva Illouz reconstituent ici avec brio les origines de cette nouvelle « science » et explorent les implications d’un phénomène parmi les plus captivants et inquiétants de ce début de siècle.

– 51 –

Le Tao produit les êtres, la Vertu les nourrit. Ils leur donnent un corps et les perfectionnent par une secrète impulsion.
C’est pourquoi tous les êtres révèrent le Tao et honorent la Vertu.
Personne n’a conféré au Tao sa dignité, ni à la Vertu sa noblesse : ils les possèdent éternellement en eux-mêmes.
C’est pourquoi le Tao produit les êtres, les nourrit, les fait croître, les perfectionne, les mûrit, les alimente, les protège.
Il les produit, et ne se les approprie point ; il les fait ce qu’ils sont et ne s’en glorifie point ; il règne sur eux et les laisse libres.
C’est là ce qu’on appelle une vertu profonde.

Jung raconte : « Lors de notre premier entretien, Freud me demanda tout à trac : – et que pensez-vous du transfert ?… Je lui répondis qu’à mon avis c’était l’alpha et l’oméga de la méthode. – Alors, me dit-il, vous avez compris l’essentiel. »

Le dialogue entre praticien et patient (ou patiente) est une réalité brûlante. Sur ce point comme sur tant d’autres, Jung avait conscience d’avoir mené à son terme la recherche de son prédécesseur. Cela ne put se faire que par la reconnaissance de la dimension transpersonnelle de l’échange thérapeutique. Pour la mettre en évidence Jung recourt au symbolisme alchimique.

A travers la rencontre de deux individus, il montre la mise en présence, à des niveaux divers, de deux archétypes, « le roi et la reine », l’homme et la femme en tant que principes.

S’appuyant sur les figures d’un traité publié en 1550, Le Rosaire des philosophes (Rosarium philosophorum), il décrit les phases dramatiques conduisant aux « noces royales ». La mort et la résurrection des deux partenaires donnent naissance au « fils des sages » ou androgyne, où s’unifient le masculin et le féminin.

Les chatoiements des symboles hermétiques laissent transparaître à chaque ligne l’expérience d’un praticien hardi et doté d’un sens aigu de sa responsabilité éthique, au service de l’âme, « sa seule maîtresse ». Le transfert, périlleuse et irremplaçable voie d’amour, est le cœur de la psychologie des profondeurs.

La pudeur habituelle de Jung ne l’a pas empêché de lever ici un coin du voile. Cet ouvrage servira de guide à quiconque est appelé à plonger, par le dialogue, dans « le feu secret des sages », nom de l’amour transformant, créateur de l’hermaphrodite, l’un des mille noms de la totalité psychique, du Soi jungien.

– 50 –

L’homme sort de la vie pour entrer dans la mort.
Il y a treize causes de vie et treize causes de mort.
A peine est-il né que ces treize causes de mort l’entraînent rapidement au trépas.
Quelle en est la raison ? C’est qu’il veut vivre avec trop d’intensité.
Or j’ai appris que celui qui sait gouverner sa vie ne craint sur sa route ni le rhinocéros ni le tigre.
S’il entre dans une armée, il n’a besoin ni de cuirasse ni d’armes.
Le rhinocéros ne saurait où le frapper de sa corne, le tigre où le déchirer de ses ongles, le soldat où le percer de son glaive.
Quelle en est la cause ? Il est à l’abri de la mort !

C’est dans la cadre de son engagement auprès de la SDN pour la paix et le désarmement qu’Einstein propose à Freud, en 1931, de collaborer avec lui à une brochure sur les racines psychologiques de la guerre et les moyens de l’empêcher à l’avenir. l’échange épistolaire entre les deux hommes, qui s’étaient déjà rencontrés et qui s’admiraient à bonne distance, met en lumière leurs divergences aussi bien que leur commune lucidité vis-à-vis des urgences et des périls du siècle : à l’idéal visionnaire d’Einstein, celui d’un arbitrage supranational dont les ressorts restent à penser, Freud répond en insistant sur la puissance de la pulsion de mort et suggère que le chemin de la paix universelle sera encore long et imprévisible. Les nazis, arrivés au pouvoir quelques semaines avant la publication de Pourquoi la guerre ?, en interdiront aussitôt la diffusion.

– 49 –

Le Saint n’a point de sentiments immuables. Il adopte les sentiments du peuple.
Celui qui est vertueux, il le traite comme un homme vertueux, celui qui n’est pas vertueux, il le traite aussi comme un homme vertueux. C’est là le comble de la vertu.
Celui qui est sincère, il le traite comme un homme sincère ; celui qui n’est pas sincère, il le traite aussi comme un homme sincère. C’est là le comble de la sincérité.
Le Saint vivant dans le monde reste calme et tranquille, et conserve les mêmes sentiments pour tous.
Les cent familles attachent sur lui leurs oreilles et leurs yeux.
Le Saint regarde le peuple comme un enfant.

Manger, tout comme boire, fumer ou se droguer, mais aussi jeûner, peuvent apporter un apaisement momentané lorsque la souffrance psychique est trop intense. S’intéressant, une fois de plus en précurseur, à l’alcoolisme et à la boulimie, Ferenczi montre que l’addiction n’est pas la cause, mais la conséquence d’une souffrance, d’un traumatisme, et qu’en cela elle relève de la stratégie de survie. Avec une fonction tout à fait précise : « soigner » le sujet…

– 48 –

Celui qui se livre à l’étude augmente chaque jour (ses connaissances).
Celui qui se livre au Tao diminue chaque jours (ses passions).
Il les diminue et les diminue sans cesse jusqu’à ce qu’il soit arrivé au non-agir.
Dès qu’il pratique le non-agir, il n’y a rien qui lui soit impossible.
C’est toujours par le non-agir que l’on devient le maître de l’empire.
Celui qui aime à agir est incapable de devenir le maître de l’empire.

Jeune médecin installé à Budapest, Sandor Ferenczi (1873-1933) deviendra un praticien et un théoricien de la psychanalyse après sa rencontre avec Freud en 1908. Il est le fondateur de la Société hongroise de psychanalyse. Ses oeuvres témoignent de la vitalité et de la curiosité d’un auteur audacieux, fécond et tourmenté, le plus original peut-être parmi la génération des pionniers. Ilse Barande dégage les lignes de force des écrits de celui qui fut le disciple, l’ami, et le grand vizir secret » de Freud. »