Michel Sapir (Moscou 1915, Paris 2002), médecin, psychiatre et psychanalyste, homme engagé dans tous les défis de son temps, se définissait avec humour comme  » anarchiste conservateur « . Lors des 31° journées de formation psychologique d’Annecy dont il a été le fondateur, un jeune soignant posa cette question :  » Mais qui est donc ce Michel Sapir dont vous parlez tous ?  » L’ambition de ce livre est de répondre à cette interrogation en organisant pour le lecteur – qu’il ignore tout de son itinéraire personnel et professionnel ou qu’il l’ait côtoyé d’une manière ou d’une autre – une véritable rencontre avec Michel Sapir, à la fois inventeur de la méthode de la relaxation à induction variable (RIV), animateur de groupes de formation à la relation soignants-soignés (groupe Balint), infatigable formateur et transmetteur dans le champ du soin psychique et somatique, et de la médecine générale en particulier.

Simone Cohen-Léon met ainsi à notre disposition une brève biographie qui retrace les moments forts de sa vie et de son œuvre et un ensemble de réflexions que Michel Sapir a dictées dans la dernière année de sa vie. Comme dans une conversation à battons rompus, ces textes rendent compte de la multiplicité de ses intérêts et de ses engagements, mais aussi témoignent de l’originalité de sa pensée où le fil du corps se mêle sans cesse à celui de la parole, que ce soit dans le champ psychanalytique, médical ou politique.

En 1933, poussée par une crise personnelle autant que par les événements historiques, Hilda Doolittle se rend à Vienne pour entreprendre une analyse avec Freud, qui la considérera à la fois comme sa patiente et comme son « étudiante ». Pour l’amour de Freud est le récit de cette analyse, publié pour la première fois aux États-Unis en 1956 sous le titre Tribute to Freud.
Une première traduction française, Visage de Freud, a été publiée en 1977 par Denoël, dans la célèbre collection, dirigée par Jacqueline Rousseau-Dujardin, « Freud et son temps ».
À la belle préface de Françoise de Gruson, traductrice du texte, s’ajoutaient quinze lettres inédites de Freud à H.D. Notre édition propose également des lettres inédites de H.D. à Freud, ainsi que des photographies. Une partie de la correspondance entre H.D. et Bryher, sa compagne, ajoute à ces récits une perspective privilégiée sur l’analyse de H.D., son écriture, et ses rapports avec son entourage.

« Le passé recomposé » est le troisième et dernier livre de F. Pasche constitué de textes qu’il avait choisis. Les lignes de force de son oeuvre apparaissent à travers les thèmes qui regroupent ses travaux indépendamment de l’ordre chronologique. Ce ensemble passionné et cohérent, conduit à ravers l’approche de la mythologie, de l’art et du langage, à un enrichissement des conceptions freudiennes et à la critique de positions extrêmes comme celles de Lacan ou de Viderman. Aucune adhésion à un système préétabli chez F. Pasche pour qui la liberté est une nécessité fondamentale de l’esprit. L’ensemble de ses écris révèle un penseur à la fois généreux et rigoureux, sensible à l’articulation entre psychanalyse et anthropologie.

Le plaisir de penser, de comprendre l’autre ont animé tout le parcours de cet auteur passionné par la psychanalyse.

La psychanalyse n’est pas sortie du néant au début du XXe siècle, pour y rentrer, peut-être bientôt. La métapsychologie freudienne a des antécédents millénaires : mythologies, théologies, métaphysiques. Elle a surgi au milieu d’elles, s’en distinguant par différences et oppositions, trouvant sa place et sa spécificité, mais leur restant liée par une sorte de consanguinité qui explique sans doute cet enrichissement mutuel qui se poursuit depuis son apparition. Cela tient à ce qu’elles constituent des modes de défense et une élaboration comparables contre et à partir des premières angoisses ; c’est ce que l’auteur s’est efforcé de montrer à la lumière de l’analyse de certains mythes, de quelques doctrines philosophiques et de textes religieux. Afin de fonder cette approche, il a poursuivi sa réflexion sur la notion d’angoisse primaire et sur les procédés du moi pour s’en dégager et en faire, parfois, son miel. Mais toutes ces élaborations souvent monumentales affirment une finalité qui leur est, à bien des égards, commune en particulier la connaissance de soi, et plus encore. En effet, qu’elles promettent le bonheur, la sagesse, la sainteté, le salut, il s’agit toujours de changer l’homme, de le parfaire, ne fût-ce qu’en le désabusant ; il s’agit de mettre chacun en face de sa vérité. Cela demande rites, secrets ou non, spectacles, transmission orale, prescriptions pour « conduire ses pensées », tête-à-tête avec un personnage plus ou moins sacralisé ; cela demande un mode d’emploi, en un mot : une praxis. L’examen approfondi de la théorie freudienne de la technique complète notre mise en place de la psychanalyse parmi ces entreprises, et se porte ainsi garant de son lignage et de la pérennité de sa fonction.

Par petites touches, Brett Kahr montre de l’extérieur ce qu’était la vie de D. W. Winnicott. Nous le voyons en action, comme suivi par une caméra à l’épaule. Nous le surprenons sortant du métro pour se rendre cinq à six fois par semaine au cœur de Bloomsbury, chez son analyste James Strachey. Nous l’imaginons conduisant sa vieille Rolls à deux places, roulant à 30 km à l’heure, tant il est absorbé dans ses pensées ou dans une conversation avec son passager ; nous l’observons, lors de ses consultations dans une pièce remplie d’élèves, d’enfants et de parents ; nous le retrouvons à son séminaire du jeudi soir improvisant sur un cas puis offrant des fraises et des cerises à tout le monde ; nous l’entendons jouer du piano à la fin de sa journée de travail ; enfin, nous le voyons lutter contre la maladie dans ses dernières années, sans jamais réduire ses activités…

Dans son autobiographie à peine esquissée, il écrivait : “Oh Dieu, faites que je sois vivant quand je mourrai. ” On peut penser que ce vœu fut exaucé, car jusqu’à son dernier souffle Winnicott travailla, aima, se réjouit et poursuivit de multiples projets.

C’est par deux livres A partir de Freud et Le sens de la psychanalyse que Francis Pasche est le plus généralement connu. Cependant son œœuvre, à redécouvrir, compte un nombre très grand d’articles couvrant l’essentiel du champ de la psychanalyse ; Un peu plus jeune que Lacan qu’il côtoie à la Société psychanalytique de Paris avant le départ de celui-ci, il développe des modes de pensée qui sont très différents des formulations lacaniennes. Il n’est pour s’en convaincre que de comparer leurs façons de concevoir la notion de sujet, de  » Je « . Sensible à tous les aspects de l’activité du psychisme y compris au cœur de l’expérience traumatique, les hypothèses qu’il propose ouvrent des voies de réflexion fécondes et d’une grande originalité. Les concepts d’antinarcissisme par exemple, ou de dépression d’infériorité ont renouvelé profondément la compréhension des états dépressifs et des modalités de l’investissement amoureux. La métaphore du bouclier de Persée lui sert de support à une théorie nouvelle des états psychotiques et du fétichisme.

« Notre corps n’est rien sans le corps de l’autre » (Ajuriaguerra). Ce livre parle du lien étroit entre corps et psychisme. Il montre l’impact des zones érogènes du corps sur la constitution du narcissisme du sujet. Certaines personnes présentent une défaillance de ce lien entre le somatique et le psychique (états-limites, personnalités narcissiques, psychosomatiques). La psychothérapie de relaxation (méthode Ajuriaguerra) s’adresse plus particulièrement à ce personnes. On trouvera ici un écho des investigations actuelles des psychanalystes et psychothérapeutes à partir de leur clinique.

Quel est le sens de la psychanalyse ? Ses fins, sa portée, ses limites ? Telle est l’interrogation qui renaît de chacun des textes rassemblés ici et qui les résume tous.

Interrogation qui n’est point détachée ; procédant de l’exercice quotidien de la psychanalyse, elle est lestée de beaucoup de clinique ; car si la pratique orthodoxe, même longtemps poursuivie, de la psychanalyse n’est pas toujours garante de la rectitude d’une réflexion théorique, l’auteur croit qu’elle doit en constituer la base naturelle.

Cela toutefois ne suffit pas. Se réclamant de Freud, la fidélité dans l’interprétation de sa pensée lui semble devoir s’imposer. Elle s’impose rarement. Le freudisme, parfois caricaturé jusqu’à prendre les traits d’une Weltanschauung, est une notion dont l’étude mérite autant de rigueur et de soins que celles de marxisme ou de démocratie ; elle n’a pas été moins malmenée qu’elles.

Cette fidélité a pour condition une connaissance globale de l’œuvre en tant compte de ses proportions. Embrasser le tout de cette pensée à chacun de ses moments et la série complète de ceux-ci est le principe de l’élaboration de ces textes où sont critiquées les erreurs, ou les habiletés, de l’attitude contraire. A cet égard cet ouvrage peut être considéré comme polémique.

Ces exigences satisfaites et ces précautions prises, comment apparaît à l’auteur le sujet-objet de l’analyse : n’importe qui ? Une subjectivité, un Je qui, si obscur à lui-même qu’il s’apparaisse et si divisé en lui-même qu’il soit, n’en est pas moins de fondation là où il est, dans la psyché qui l’exprime et où s’articulent : sens, structure et quantité. Une psyché, en chacun quelque peu singulière et qui a la vocation de l’être davantage ; un Je quelque peu libre et qui a la vocation de l’être davantage.

La psychanalyse de cela ne décompose que les mécanismes, le non-vivant, au profit du reste. A ce reste elle ne touche pas, elle le contourne ;  elle ne l’explique pas, elle le dévoile. Les œuvres d’art, de connaissance, d’amour, elle ne les entame pas ; comment serait-elle capable d’en rendre raison ? Mais loin de dissoudre l’homme dans la « Structure », elle lui permet de la déjouer ; loin de le changer en « Discours », elle lui permet de soumettre les mots.

Elle ne sonne donc pas le glas de l’humanisme, elle ne le réinvente pas non plus, elle constitue seulement le préalable à tout humanisme à venir.

L’analyse à transitions corporelles et les Ateliers du Geste s’inspirent du souffle nouveau donné par Ferenczi à la psychanalyse naissante, il y a presque cent ans. Des analystes et thérapeutes d’aujourd’hui, qui ne font aucunement référence à lui, sont pourtant bien dans cet élan de créativité, d’élasticité et de contactivité qu’il a initié par rapport au praticable freudien. Est-ce parce que le monde contemporain produit de plus en plus de sujets pluriels, fracturés, fragiles, limites et complexes que Ferenczi, à notre insu, revient dans les coulisses de la scène analytique secouer notre inventivité ? Michel Galasse est psychologue et psychothérapeute analytique à transitions corporelles. Il a suivi la formation de psycho-somatoanalyse à l’EEPSSA (École européenne de psychothérapie socio et somatoanalytique) créée par le Dr Richard Meyer. Depuis plus de vingt ans, il pratique en service de santé mentale en Belgique. Il rencontre des adolescents, des adultes, des couples et des familles et anime des ateliers thérapeutiques inspirés d’approches artistiques contemporaines, particulièrement la danse et le théâtre. Il intègre les corps, les transes et le jeu dans le processus thérapeutique avec les adultes.

Une Rétrospective
Pierre Soulages

En collaboration avec le Centre Pompidou

Du 15 juin 2018 au 25 novembre 2018 – Tous les jours de 9 h à 19 h

La Fondation Pierre Gianadda, qui fête les quarante ans de sa création, consacre son exposition d’été à Pierre Soulages, le peintre du noir et de la lumière.

La culture contemporaine a tellement assimilé les principaux apports de la psychanalyse qu’il est devenu difficile de percevoir le scandale que suscita la découverte par Freud, en 1897, de ce qu’il appellera des années plus tard le « complexe d’Œdipe ». En affirmant ainsi l’universalité de ce drame, qui constitue l’un des principes organisateurs de la vie psychique, Freud a mis en évidence un ressort essentiel du fonctionnement psychique humain.
Cette notion, l’une des plus banalisée aujourd’hui, demeure pourtant d’une grande difficulté. Le présent ouvrage vise à apporter, de la façon la plus claire possible, des éléments de réponse aux questions que la dynamique psychique œdipienne, trop souvent mal comprise, ne manque pas de susciter.