On pose généralement que le Moi s’édifie à partir de ses identifications successives. Peut-être, pour ce qui est des fonctions étroitement instrumentales. Mais je me demande parfois si ce n’est aussi de cette manière qu’il se falsifie ; car le « Je » le plus vrai ne peut-être ailleurs que dans l’élaboration de l’instinct, c’est-à-dire dans ce qu’il y a de plus essentiel et, comme l’inconscient lui-même, de plus inacceptable pour l’esprit.

Michel de M’Uzan, Contre-transfert et système paradoxal