Le parcours de Jean Laplanche, avant d’être celui d’un normalien devenu psychiatre puis praticien et théoricien de la psychanalyse, professeur à la Sorbonne, est d’abord un itinéraire intérieur marqué par une exigence de recherche dont l’aboutissement est la remise en question de toute idée reçue, fût-elle freudienne. De la Résistance à l’action politique, du Vocabulaire de la psychanalyse, élaboré avec J.-B. Pontalis, et de Psychanalyse à l’Université à la traduction des Œuvres complètes de Freud, la même volonté, la même extrême rigueur conduisent la démarche d’une pensée et d’un style qui ont renouvelé la pensée psychanalytique de ces trente dernières années. Critique lucide de Lacan, dont il fut d’abord l’élève, il l’est tout autant de certains aspects de la pensée de Freud dont il considère qu’il s’est engagé dans un « fourvoiement  » biologisant. La question de l’originaire en psychanalyse a conduit Laplanche à la théorie de « la séduction généralisée « , sous le primat de l’autre, et à envisager la pratique psychanalytique à la lumière de la notion de « traduction « .