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Le Tao est l’asile de tous les êtres ; c’est le trésor de l’homme vertueux et l’appui du méchant.
Les paroles excellentes peuvent faire notre richesse, les actions honorables peuvent nous élever au-dessus des autres.
Si un homme n’est pas vertueux, pourrait-on le repousser avec mépris ?
C’est pour cela qu’on avait établi un empereur et institué trois ministres.
Il est beau de tenir devant soi une tablette de jade, ou d’être monté sur un quadrige ; mais il vaut mieux rester assis pour avancer dans le Tao. Pourquoi les anciens estimaient-ils le Tao ? N’est-ce pas parce qu’on le trouve naturellement sans le chercher tout le jour ? N’est-ce pas parce que les coupables obtiennent par lui la liberté et la vie ?
C’est pourquoi (le Tao) est l’être le plus estimable du monde.

Qu’est-ce que la philosophie antique ?
À cette question, la tradition universitaire répond par une histoire des doctrines et des systèmes – réponse d’ailleurs très tôt induite par la volonté du christianisme de s’arroger la sagesse comme l’ascèse.
À cette question, Pierre Hadot apporte une réponse tout à fait nouvelle : depuis Socrate et Platon, peut-être même depuis les présocratiques, jusqu’au début du christianisme, la philosophie procède toujours d’un choix initial pour un mode de vie, d’une vision globale de l’univers, d’une décision volontaire de vivre le monde avec d’autres, en communauté ou en école. De cette conversion de l’individu découle le discours philosophique qui dira l’option d’existence comme la représentation du monde.
La philosophie antique n’est donc pas un système, elle est un exercice préparatoire à la sagesse, elle est un exercice spirituel.

Le traumatisme s’inscrit, dans la théorie et la pratique psychanalytiques, dans une perspective bipolaire : source classique de désorganisation, il peut aussi avoir des effets positifs pour la psyché. C’est à l’élucidation de cette double perspective que se consacrent les différentes contributions. Le rappel des divergences entre Freud et Ferenczi ouvre sur l’opposition : impact du fantasme ou réalité du traumatisme sexuel ? En privilégiant le traumatisme précoce ne court-on pas le risque d’escamoter l’importance de la conflictualité intra-psychique ? N’est-ce pas la mauvaise qualité de l’environnement primaire qui confère leur caractère désorganisateur aux expériences de perte que l’enfant vit au cours de son premier développement ? Pourtant, ces traumatismes peuvent contribuer au déploiement de la dimension structurante des fantasmes originaires. Dans les traumatismes collectifs, la cruelle expérience des héritiers des génocides confirme aussi une grande inégalité de l’intégration de la souffrance. Comment les effets désintégrateurs peuvent-ils être  » rattrapés  » ? Dans cette clinique du traumatisme, entre désorganisation et réorganisation, l’aptitude du psychisme à faire émerger du nouveau sera dévoilée dans sa complexité créatrice.

Le plus ancien traité divinatoire de l’humanité, le grand livre de la sagesse chinoise depuis deux millénaires, accompagné d’un guide de consultation.

Parce qu’il associe l’homme à la formation de son destin, le Yi King est à la fois livre de sagesse et recueil divinatoire. Sa fréquentation permet d’apprendre à lire l’ordre de l’univers, d’apprivoiser le hasard et d’épouser l’harmonie du monde. Epouser l’harmonie du monde pour établir l’harmonie en soi.

Œuvre d’une absolue singularité, le Yi King délivre son message à travers 64 figures ou hexagrammes. Ces signes d’avant l’écriture symbolisent les lois de la vie ou du changement, les énergies opérant en toute situation. En offrant la connaissance de ces lois, ce livre rend l’homme apte à pressentir les déroulements prochains et à déterminer une juste conduite. L’homme devient ainsi son propre devin et l’artisan de son destin.

Ouvrir ce livre, c’est ouvrir le monde.

À la fin du premier semestre 1982, Michel Foucault prononce à l’Université Victoria de Toronto un cycle de conférences intitulé Dire vrai sur soi-même. Le thème de ces conférences, s’inscrivant dans le cadre du projet d’une généalogie du sujet occidental moderne, est la formation historique de l’herméneutique de soi. Après avoir analysé le type très particulier de connaissance de soi et de rapport à soi qui caractérise l’askêsis gréco-romaine, où il s’agit pour le sujet d’établir avec lui-même une relation de possession et de souveraineté, Foucault étudie le renversement qui conduit, aux premiers siècles du christianisme, et tout particulièrement dans les communautés monastiques, à la naissance d’une herméneutique de soi conçue comme l’exploration et le déchiffrement par le sujet de sa propre intériorité. Pour définir ce renversement, Foucault introduit ici une distinction inédite entre deux formes d’ascèse, l’une tournée vers la vérité, l’autre tournée vers la réalité. Parallèlement aux conférences, Foucault conduit à Toronto un séminaire consacré à l’étude détaillée de textes des auteurs anciens sur lesquels s’appuient ses analyses de la culture de soi antique. Il y présente également une esquisse des différentes significations de la notion de parrêsia dans l’Antiquité, qui allait devenir le thème principal de ses derniers travaux.

La relation qui unissait Freud et Ferenczi est l’un des chapitres les plus passionnants de l’histoire de la psychanalyse. Taraudé par la question du désir à l’œuvre dans chaque analyse, il a fait émerger des concepts cliniques majeurs : le trauma, la confusion des langues, l’enfant dans l’adulte, la thérapie active… Jamais satisfait de la technique analytique, il a toujours cherché à mieux pénétrer les mécanismes du transfert, y compris dans le travail avec les psychotiques. Ses recherches ont laissé de nombreux points aveugles mais aussi des avancées décisives que Lacan a pu continuer à penser et remettre en jeu. C’est donc forts de l’apport lacanien, que les auteurs du présent ouvrage ont souhaité éclairer l’œuvre fondamentale et actuelle de Ferenczi.

Collège International des Thérapeutes

LES DIX « ORIENTATIONS »

Jean Yves Leloup a donné aux Membres du Collège 10 orientations. Elles ne sont pas une règle qui impose ou qui oblige. Elles sont un rappel, une exigence qui inspire et qui oriente.

1 Anthropologie :

Reconnaître, respecter et en prendre soin de l’être dans son entièreté physique, psychique et spirituelle : soma-psyché-noos-pneuma.

Voir les équivalences dans les anthropologies traditionnelles :

Inde, Tibet, etc.

Cette anthropologie est également une cosmologie : elle n’envisage pas l’Homme comme séparé de l’Univers (d’où l’importance du soin accordé à l’environnement).

Elle est encore une ontologie : elle n’envisage pas l’Homme comme séparé d’une Origine, qui sans cesse lui manque et qui sans cesse le fonde.

2 Ethique :

Prendre soin de l’Etre en soi-même : l’accueillir, le contempler, l’incarner, le communiquer…

Prendre soin de l’Etre chez les autres : l’accueillir, le respecter, l’écouter (et si cela est nécessaire l’orienter, l’aider à guérir, l’épanouir)

Vire autant que possible, dans la simplicité et la beauté (nourriture, vêtement, habitation…) et demeurer libre à l’égard de l’accumulation des avoirs, des savoirs et des pouvoirs qui peuvent éloigner de l’Etre.

3 Silence :

Vivre chaque jour un temps de silence (d’environ 1 heure)

selon les pratiques propres à chaque Thérapeute.

4 Etude :

Vivre chaque jour un temps d’étude (d’environ 1 heure) des textes, écrits, « informations » nécessaires à l’édification et au ressourcement du Thérapeute.

5 Gratuité :

Donner un temps de « soin » gratuit et de disponibilité par jour

Selon la compétence particulière du Thérapeute.

6 Ressourcement :

Prendre chaque année une semaine de silence et une semaine d’étude, pour se « recentrer » et vérifier ses présupposés anthropologiques.

7 Reconnaissance :

Se placer dans l’écoute attentive et bienveillante d’un Thérapeute Accompagnant qui aura à valider chaque annéel’appartenance au Collège des Thérapeutes et à reconnaître la fidélité du Thérapeute à ses propres engagements, c’est-à-dire aux dix Orientations majeures.

8 Anamnèse :

Tenir un carnet d’anamnèse où seront consignés rêves et songes signifiants, ainsi que les évènements qui témoignent de la présence de l’Etre dans une vie.

(Ce carnet demeure la propriété de chaque Thérapeute.

9 Rappel :

Vivre si possible toutes les heures une minute de « Rappel » de mon être, à l’Etre qui l’informe, de mon souffle, au Souffle qui l’inspire.

Cet instant de « Rappel » peut se vivre à travers une invocation, une respiration ou simplement une attention sensorielle ou affective à la Présence de l’Etre dans le corps que nous sommes.

10 Fraternité :

Les Thérapeutes, dispersés à travers le monde, forment un réseau fraternel. L’hospitalité réciproque est un bonheur dont ils ne se priveront pas. Faisant mémoire de leurs engagements communs, ils partageront volontiers leur temps d’étude et de silence.

Télécharger :

CIT 10 orientations

http://www.college-international-des-therapeutes.eu/

– 61 –

Un grand royaume (doit s’abaisser comme) les fleuves et les mers, où se réunissent (toutes les eaux de) l’empire.
Dans le monde, tel est le rôle de la femelle. En restant en repos, elle triomphe constamment du mâle. Ce repos est une sorte d’abaissement.
C’est pourquoi, si un grand royaume s’abaisse devant les petits royaumes, il gagnera les petits royaumes.
Si les petits royaumes s’abaissent devant un grand royaume, ils gagneront le grand royaume.
C’est pourquoi les uns s’abaissent pour recevoir, les autres s’abaissent pour être reçus.
Ce que désire uniquement un grand royaume, c’est de réunir et de gouverner les autres hommes.
Ce que désire uniquement un petit royaume, c’est d’être admis à servir les autres hommes.
Alors tous deux obtiennent ce qu’ils désiraient.
Mais les grands doivent s’abaisser !

– 60 –

Pour gouverner un grand royaume, (on doit) imiter (celui qui) fait cuire un petit poisson.
Lorsque le prince dirige l’empire par le Tao, les démons ne montrent point leur puissance.
Ce n’est point que les démons manquent de puissance, c’est que les démons ne blessent point les hommes.
Ce n’est point que les démons ne (puissent) blesser les hommes, c’est que le Saint lui-même ne blesse point les hommes.
Ni le Saint ni les démons ne les blessent ; c’est pourquoi il confondent ensemble leur vertu.

En septembre 1918, à Budapest, le Ve Congrès international de psychanalyse est notamment consacré aux névroses de guerre. Parmi les intervenants, Sandor Ferenczi et Karl Abraham, qui, ayant servi depuis le début de la guerre en tant que médecins, ont pu faire d’étonnantes observations. Et ce qu’ils disent des traumatismes psychiques est suffisamment important pour que Freud, qui signe l’introduction aux Actes de ce colloque, ait éprouvé le besoin d’en reparler longuement deux ans plus tard, en 1920, dans Au-delà du principe de plaisir… Gageons que ce livre intéressera les historiens travaillant sur la guerre et les sorties de guerre, mais aussi les psychiatres, psychanalystes, psychologues, travailleurs sociaux et humanitaires qui accueillent, écoutent, aident et soignent aujourd’hui les militaires et les civils confrontés aux nouvelles formes de violences de guerre.

– 59 –

Pour gouverner les hommes et servir le ciel, rien n’est comparable à la modération.
La modération doit être le premier soin de l’homme.
Quand elle est devenue son premier soin, on peut dire qu’il accumule abondamment la vertu.
Quand il accumule abondamment la vertu, il n’y a rien dont il ne triomphe.
Quand il n’y a rien dont il ne triomphe, personne ne connaît ses limites.
Quand personne ne connaît ses limites, il peut posséder le royaume.
Celui qui possède la mère du royaume peut subsister longtemps.
C’est ce qu’on appelle avoir des racines profondes et une tige solide.
Voilà l’art de vivre longuement et de jouir d’une existence durable.

En interdisant les contenus «adultes», Tumblr signe son arrêt de mort

La nouvelle politique de la plateforme est le dernier exemple de la montée de la censure corporate sur les réseaux sociaux, avec pour justification la lutte contre les contenus indésirables.

[…]

Didier Lestrade

http://www.slate.fr/story/170781/tumblr-interdiction-contenus-adultes-nsfw

– 58 –

Lorsque l’administration (paraît) dépourvue de lumières, le peuple devient riche.
Lorsque l’administration est clairvoyante, le peuple manque de tout.
Le bonheur naît du malheur, le malheur est caché au sein du bonheur. Qui peut en prévoir la fin ?
Si le prince n’est pas droit, les hommes droits deviendront trompeurs, et les hommes vertueux, pervers.
Les hommes sont plongés dans l’erreur, et cela dure depuis bien longtemps !
C’est pourquoi le Saint est juste et ne blesse pas (le peuple).
Il est désintéressé et ne lui fait pas de tort.
Il est droit et ne le redresse pas.
Il est éclairé et ne l’éblouit pas.

Dans l’inconscient, chacun de nous est persuadé de son immortalité : nous ne pouvons pas nous représenter notre propre mort. Nous sommes déjà beaucoup plus ambivalents en ce qui concerne l’être aimé. Quand à l’étranger ou l’ennemi, nous sommes volontiers le jouet de désirs meurtriers… Pourquoi ?

« Un psychanalyste apathique, c’est un psy qui somnole ?
– Non, c’est quelqu’un qui ne se laisse pas prendre par le pathos.
– Il est indifférent – bravo !
– Il est engagé, au contraire, mais lui ne se laisse pas faire par les bons sentiments.
– Qui se laisse faire ?
– Les psychanalystes empathiques. Ce que ne sont pas les apathiques.
– Je vois. C’est mal, d’être empathique.
– Quand cela permet d’en finir avec toute visée scientifique. L’inconvenance et le mordant de la découverte freudienne sont menacés par une conception anglo-saxonne molle du postmoderne.
– C’est grave d’être un patient postmoderne ?
– Cela veut dire que l’on a un psychanalyste postmoderne. Il s’occupera de votre identité ; il s’occupera des traumas de votre « environnement précoce » (langue de bois pour parler de l’enfance) ; il s’occupera de votre unité. Mais que fera-t-il du scandale psychique qui vous fait vivre, et va du sexuel à la création ? »

Laurence Kahn, Le Psychanalyste apathique et le patient postmoderne

– 57 –

Avec la droiture, on gouverne le royaume ; avec la ruse, on fait la guerre ; avec le non-agir, on devient le maître de l’empire.
Comment sais-je qu’il en est ainsi de l’empire ? Par ceci.
Plus le roi multiplie les prohibitions et les défenses, et plus le peuple s’appauvrit ;
Plus le peuple a d’instruments de lucre, et plus le royaume se trouble ;
Plus le peuple a d’adresse et d’habileté, et plus l’on voit fabriquer d’objets bizarres ;
Plus les lois se manifestent, et plus les voleurs s’accroissent.
C’est pourquoi le Saint dit : Je pratique le non-agir, et le peuple se convertit de lui-même.
J’aime la quiétude, et le peuple se rectifie de lui-même.
Je m’abstiens de toute occupation, et le peuple s’enrichit de lui-même.
Je me dégage de tous désirs, et le peuple revient de lui-même à la simplicité.

– 56 –

L’homme qui connaît (le Tao) ne parle pas ; celui qui parle ne le connaît pas.
Il clôt sa bouche, il ferme ses oreilles et ses yeux, il émousse son activité, il se dégage de tous liens, il tempère sa lumière (intérieure), il s’assimile au vulgaire. On peut dire qu’il ressemble au Tao.
Il est inaccessible à la faveur comme à la disgrâce, au profit comme au détriment, aux honneurs comme à l’ignominie.
C’est pourquoi il est l’homme le plus honorable de l’univers.