Les Essais sur le symbolique (1969) étaient axés sur la figure du père, la fonction de la loi, les rapports du langage et de l’inconscient.
Ce nouveau livre de Guy Rosolato nous fait mesurer l’importance de l’autre versant que la référence prévalente au père risque d’autant plus aisément de camoufler qu’il doit demeurer zone d’ombre, garder une affinité avec le non-dit : la relation originelle à la mère dont l’auteur montre qu’elle façonne ce qu’il nomme la relation d’inconnu.
Relation d’inconnu – notion calquée sur celle, usuelle en psychanalyse, de relation d’objet – et non à l’inconnu qui, une fois localisé, serait par là même évacuable. Ce sont plutôt les effets en chacun de nous de cet inconnu, de ce que Breton appelait l’«infracassable noyau de nuit», que le livre rend sensibles, à travers l’étude ainsi renouvelée d’organisations psychopathologiques comme le fétichisme et la dépression, d’instances comme le narcissisme et les idéaux, de formations de l’inconscient comme le souvenir-écran. Des thèmes fantasmatiques tels que celui de l’enfant mort et des concepts originaux – entre autres, l’«oscillation métaphoro-métonymique» et l’«objet de perspective» – peuvent alors être dégagés.

Pour nous tous et toutes je souhaite que cette nouvelle année soit l’occasion de réaliser l’éveil dans le dojo et dans notre vie. La Voie de Bouddha que nous suivons est une voie de libération des souffrances occasionnées par nos illusions. Il faut avoir confiance dans le fait que cela est possible et s’employer à la réaliser.

Maître Roland Yuno Rech

S’appuyant sur des extraits de l’œuvre freudienne, Patrick Mahony étudie un aspect encore mal connu de Freud exceptionnels talents d’écrivain et d’orateur. Il se livre à l’analyse textuelle en profondeur de deux grands textes de Freud éclairant ainsi d’un jour nouveau la naissance des concepts psychanalytiques, car chez Freud, la théorie est inséparable d’une expérience littéraire dont tous les germanistes s’entendent à reconnaître l’exceptionnelle qualité.

Cette approche qui se concentre sur la langue, le style et la forme apporte des aperçus nouveaux à l’étudiant spécialiste et le chercheur en psychanalyse.

Le corps est un univers à rencontrer d’urgence et qui peut nourrir la pratique de tout art, y compris celui de soigner ou d’enseigner. « Dansez ! » s’adresse donc autant aux danseurs qu’aux acteurs, psys et thérapeutes de tous horizons, philosophes, poètes et à tous ceux pour qui le corps est le point de départ de la connaissance. Art, spiritualité et thérapie sont ici indissociables.
La danse y est vécue comme outil de transformation en englobant l’être entier, physique, subtil et spirituel, vers l’expérience de l’unité. . La danse vue par Poumi Lescaut nous invite à poser un regard neuf sur soi, sur l’autre, sur la vie de tous les jours en déshabituant le regard, qui alors s’élargi. Nous sommes invités à explorer tous les étages de l’être, dense et subtils qui s’unifient pour accoucher de notre propre mystère.

« Ce livre est un puzzle merveilleux. Une combinaison inclassable. On y trouve des cosmogonies, des envolées esthétiques et des considérations scientifiques, des témoignages spirituels et beaucoup de souvenirs extraordinaires, notamment rapportés d’Inde. Dans ce livre, on trouve aussi de très intéressantes considérations sur le mouvement, sur le corps, le rythme, la respiration, l’énergie, l’espace-temps, le vide. »
Extrait de la préface de Patrice van Eersel.

Cet essai d’André Comte-Sponville sur Svâmi Prajnânpad révèle, pour la première fois, une adéquation totale entre la pensée d’un philosophe contemporain occidental et celle d’un sage de l’Inde.
Prajnânpad exerce une fascination particulière sur le philosophe, car dégagé de toute illusion, de toute croyance puérile et de toute religiosité, il démontre que la « spiritualité » est avant tout un chemin vers « l’indépendance » et la « liberté ».
Prajnânpad est un sage-philosophe doublé d’un thérapeute. Sa voie emprunte autant au Védantâ (texte sacré hindou) qu’à la psychanalyse freudienne, autant à la tradition qu’à la modernité.
Cet ouvrage qui se veut un hommage à l’un des grands sages de notre époque est également une réflexion éclairée et éclairante sur le sujet le plus important de l’existence humaine : la « quête du bonheur ». Ainsi ce livre est utile à tous, pour le bonheur de tous … « La sagesse se trouve exactement où tu es, il suffit de passer de l’autre côté du désespoir ».

La référence au travail de la séance montre bien que nous ne cessons d’avoir en tête la préoccupation de suivre, au fur et à mesure que celle-ci progresse, l’expression d’un processus de transformations incessant selon les relations de l’intrapsychique et de l’intersubjectif, et selon le double angle du transfert sur la parole et du transfert sur l’objet.

André Green, Idées directrices pour une psychanalyse contemporaine

L’homme est cet être mortel qui, précisément, a la perception de la limite de l’existence. Nous pouvons craindre ou pressentir la mort d’un proche bien avant qu’elle n’ait lieu – nous savons que nous aurons à affronter le vide qui s’en suivra. Mais se préparer au vide qui se rapporte à nous-mêmes ne va pas de soi. Lorsque nous nous demandons comment nous saisissons notre propre mort, nous nous confrontons aux limites de notre pensée.Mais, alors, si notre mort n’est pas pensable, qu’entendons-nous par “peur de la mort” ? Qu’est-ce que cette chose que nous nous représentons comme la “mort” ? Par quoi sommes-nous tourmentés ? Comment, du point de vue psychanalytique, conceptualiser la perception qu’a l’être humain de sa propre mort ? Et de quelle façon la théorie psychanalytique rend-elle compte de la mort ? Bien que la littérature psychanalytique ait exploré la douleur liée aux séparations et aux pertes, jamais elle n’avait traité aussi en profondeur le désarroi que nous éprouvons face à la pensée de notre propre mort. Il Limite dell’Esistenza a remporté, en 2003, le Prix Gradiva du meilleur essai psychanalytique.

Liste des 100 mots
Acte manqué – addiction – ambivalence – amour – anal (analité) – angoisse – anorexie (boulimie) – après-coup – attachement (holding) – autoérotisme – bisexualité – ça (inconscient) – cadre (setting, site) – cannibalique (vagin denté) – castration (fantasme, angoisse, complexe) – clivage (du moi) – complexe d’Œdipe – compulsion (contrainte) de répétition – conflit psychique – contre-transfert – corps – crise d’adolescence – culpabilité (responsabilité) – cure psychanalytique – dépression – désir – désirs d’enfant – détresse (état de) – deuil (travail de) – différences – divan – emprise (pulsion d’) – enfant mort (l’) – envie du pénis (femme phallique, châtrée, castratrice) – état limite – fantasme – faux-self (personnalité « comme si ») – féminité (sexualité féminine) – fétichisme – frère, sœur – Freud – fusion (symbiose) – guérison – haine – homosexualités – honte – humour – hystérie – identification (incorporation) – inceste (désir d’) – indifférence – interprétation – langage – masochisme (sadisme) – mélancolie – mensonge (secret) – mère (le maternel) – mère/fille – moi – moi idéal – mort – narcissisme – névrose obsessionnelle – objet (partiel, total, transitionnel) – oral (oralité) – paranoïa – père  – perversion – phallus (primat du) – phobies – plasticité (de la libido) – préliminaires – psychose – psychosomatique – pulsion – pulsion de mort – rabaissement (de la femme) – refoulement – réalité psychique – règle fondamentale – régression – résistance – retour dans le ventre maternel (sommeil) – rêve (travail du) – scène primitive (origine) – schizophrénie – séduction – séparation – sexualité infantile – silence (du psychanalyste) – souvenir-écran – sublimation – suicide – surmoi (idéal du moi) – symptôme – temporalité (histoire) – tendresse – transfert – trauma (psychique) – visage.

Lorsque Yvon Lambert appelle Roland Barthes dans la seconde partie des années 1970 pour lui parler de Cy Twombly, l’accueil est réticent. L’auteur des Fragments d’un discours amoureux ne veut plus répondre à des commandes et ferme les portes. Mais le galeriste, encore situé rue de L’Échaudé, insiste. Et il fait bien.

Barthes, imprégné de culture gréco-latine, fasciné par l’acte d’écriture (au point de pratiquer lui-même des écritures imaginaires), semble trouver son artiste en la personne de Twombly. Il transforme notre regard et nourrit à jamais notre approche de l’artiste américain installé en Italie.

Entretiens

Avec Lin-tsi, son fils spirituel, et Ma Tsou, l’ancêtre de sa lignée spirituelle, Houang-po (?-850) est sans doute l’un des plus remarquables représentants de la mystique bouddhiste tch’an (zen) dite de Hong-tcheou, soit l’expérience immédiate de la réalité absolue, qu’il nomme esprit un. « Cet esprit, jamais venu à l’existence, n’a jamais cessé d’exister. Illimité et insondable, on dirait l’espace vide. »

Son discours non duel, fondé essentiellement sur la contradiction, fait écho aux préoccupations de son auditoire de chercheurs spirituels. « Hors l’Éveil, il n’est aucune Réalité, et si l’Éveil avait une quelconque réalité, ce ne serait pas l’Éveil », répète-t-il inlassablement, à la suite du Bouddha. Et comme Houang-po nie toute transmission de son Éveil, car en celui-ci il n’est pas d’autre susceptible de recevoir quoi que ce soit, aucun être se prenant pour tel ne peut le dire ou le penser. Seule une silencieuse coïncidence ouvre l’accès à la Voie où l’esprit se dissout et s’affine au fil de sa pureté primordiale.

– 11 – 
Trente rais se réunissent autour d’un moyeu. C’est de son vide que dépend l’usage du char.
On pétrit de la terre glaise pour faire des vases.
C’est de son vide que dépend l’usage des vases.
On perce des portes et des fenêtres pour faire une maison. C’est de leur vide que dépend l’usage de la maison.
C’est pourquoi l’utilité vient de l’être, l’usage naît du non-être.

Borderline, cas-limites, états-limites… les mots cherchent moins à cerner une personnalité originale qu’à dire l’incertitude de la limite qui sépare les catégories psychopathologiques, de la limite qui distingue les composantes de la personnalité psychique, des limites qui balisent le territoire du traitement d’âme. Des contributions d’auteurs, eux-mêmes psychanalystes, permettant de comprendre ces états et leurs possibles traitements.

En psychanalyse, l’interprétation désigne l’outil princeps de la cure et des traitements. Caractérisée par le sceau du double sens, cette opération décisive est envisagée comme un processus en plusieurs temps et à plusieurs voix. L’horizon professionnel polyphonique des auteurs, psychanalystes, mais aussi traducteur, se veut résolument le reflet de cette multiplicité. Illustrée par de nombreuses vignettes cliniques, L’interprétation réunit réflexions théoriques autour de l’usage de l’interprétation en tant qu’opération de pensée et moyen d’élucidation du transfert au cours des traitements psychanalytiques, et discussions entre spécialistes. L’ouvrage explicite les enjeux de la méthode psychanalytique et propose au final un regard renouvelé sur ce concept central de la psychanalyse.