Si ce que l’Occident a retenu sous le nom de zen (chan en chinois) est bien aux antipodes de la sottise qu’on en a faite (le « soyez zen » du discours publicitaire le rabattant en morale lénifiante de substitution, en temps de « crise », à la morale de l’effort) ; si le zen représente d’ailleurs en lui-même plus qu’une tradition particulière, parmi les écoles de l’Extrême-Orient, et constitue bien une expérience essentielle de la pensée -, c’est précisément qu’il enseigne comment c’est par décoïncidence que nous vient la conscience : comment c’est seulement en se désolidarisant brusquement du régime d’adéquation de l’esprit qu’on peut prendre conscience de l' »ainsi ».