« On voudrait croire que, quand les choses en viennent enfin à s’accorder, c’est là le bonheur…

Or, c’est précisément quand les choses se recoupent complètement et coïncident que cette adéquation, en se stabilisant, se stérilise.

La coïncidence est la mort. C’est par dé-coïncidence qu’advient l’essor.

Dieu lui-même dé-coïncide d’avec soi, en mourant sur la Croix, pour promouvoir la vie vivante. Dans la faille de la dé-coïncidence une initiative est à nouveau possible se déployant en liberté.

Or, comme l’Age classique a fait de l’adéquation la définition même de la vérité, ou de la coïncidence avec la Nature le grand précepte de l’art comme de la morale, il est revenu à la modernité de rompre avec ce confort de la pensée.

François Jullien fait jouer ici le concept de « dé-coïncidence » dans la Bible, la peinture, la littérature, la philosophie, pour montrer comment il est à la source de l’art et de l’existence. « 

Cette première biographie complète de la plus importante des théoriciennes du mouvement psychanalytique s’appuie sur une grande quantité de lettres et de documents inédits. Personnalité aussi riche que controversée, la  » géniale tripière « , comme l’avait un jour qualifiée Jacques Lacan, apparaît ici au long d’une vie que rien ne semblait prédestiner à tant de découvertes : après une enfance à Vienne, dans une famille juive de la classe moyenne, un mariage malheureux la conduit vers 1910 à Budapest, à la rencontre de la psychanalyse avec Sandor Ferenczi qui l’encouragera rapidement à travailler avec de jeunes enfants. A partir de 1920, elle vit à Berlin, bientôt divorcée et en analyse avec Karl Abraham, avant de se rendre à Londres, invitée par Ernest Jones, en 1926. On connaît la suite : son installation définitive en Angleterre où, imposant sa forte personnalité et ses théories novatrices à la British Psychoanalytical Society, elle se voit au centre des controverses les plus ardentes jusqu’à sa mort, en 1960. Sans complaisance hagiographique, Phyllis Grosskurth reconstruit les pénibles moments de sa relation avec sa fille, et les conflits qui l’opposèrent à Anna Freud durant plus de trente ans. Melanie Klein se révèle une créatrice exigeante, concentrée autour d’une œuvre à imposer. Ce livre nous en éclaire la conception et le développement progressif, constituant ainsi une vivante introduction à des suggestions théoriques et pratiques dont on sait la fécondité.