Quelles sont les valeurs éthiques et spirituelles des Chinois, et en quoi peuvent-elles nous parler ? Les mots « dieu », « esprit », « immortalité » ont-ils pour eux le même sens qu’en Occident ? Le taoïsme, le confucianisme et le bouddhisme sont-ils des croyances, des philosophies, des sagesses ? À partir de sa connaissance intime de la Chine, Cyrille Javary, auteur d’une monumentale traduction du Yi Jing, nous introduit à la perception qu’ont les Chinois eux-mêmes de leur univers spirituel et nous donne les clefs pour l’appréhender. Du chamanisme archaïque et toujours vivace aux cultes contemporains, tel celui de Mao, en passant par les enseignements de Lao Zi et de Confucius, il retrace avec clarté une histoire plurimillénaire de rivalités  autant que de dialogues et d’influences. Surtout, il nous montre ce que ces sagesses ont d’universel.

Ce Vocabulaire fut publié pour la première fois en 1967 dans une version reliée, puis repris dans la collection « Quadrige ». Son succès, tant en France (plus de 200 000 exemplaires vendus) qu’à l’étranger (des éditions en dix-sept langues, de l’anglais au japonais, du suédois au turc et à l’arabe), ne s’est jamais démenti, preuve de la pertinence de ce travail « encore bien présent, même s’il serait améliorable… Il ne s’agissait pas de faire le tour de Freud mais de lancer des coups de sonde, d’approfondissement. Le contraire même d’une mise en manuel : une mise en problème », selon les termes de J. Laplanche.

La méditation n’a rien à voir avec la position couchée, assise ou debout !

Adage Zen

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L’expérience est commune, qui nous fait rougir ou mourir de honte. Diverse aussi : honte de ce que je suis ou de ce que je n’ai pas, honte de demander quand il faudrait taire ou de taire quand il faudrait faire, honte de soi ou honte pour eux. C’est toujours sous le regard d’un autre, et le jugement que nous lui prêtons, que la honte nous saisit, et parfois nous ronge. À cet autre qui la fait naître, comment la dire sans en être davantage accablé ?

L’écoute d’un psychanalyste peut aider à la dire sans en mourir, et ce faisant à la déplacer, c’est-à-dire à la transformer. Six analystes s’interrogent, à partir de ce qui survient dans le traitement, sur les accointances inattendues de cet affect avec l’excitation et le plaisir infantiles comme avec la rage et les blessures liées aux défaillances du moi et à la menace de ses idéaux ; ailleurs, c’est avec la culpabilité et la cruauté du surmoi qu’elle pactise. Et si la cure permettait de retrouver la face que la honte nous a fait perdre ?

Les surefficient mentaux se bloquent face à l’idée d’être supérieurement intelligent. Tout au plus acceptent-ils l’idée d’une intelligence différente. Mais supérieure, non ! Car le paradoxe est le suivant : plus on est intelligent, plus on doute de l’être et moins on le sait. Alors, ils se débattent avec cette idée d’une intelligence exceptionnelle. Elle les choque même profondément. D’abord et avant tout parce qu’elle va à l’encontre de leurs valeurs d’égalité et de fraternité. Ensuite, s’admettre intellectuellement plus performant que la moyenne fait aussi violence à leur modestie. Enfin, il est plus confortable de se croire juste un peu hypersensible et décalé. Être si intelligent serait encore plus stigmatisant. Certains surefficients m’ont dit que cela confirmerait et rendrait définitif cet isolement qui les fait souffrir.

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L’âme spirituelle doit commander à l’âme sensitive.
Si l’homme conserve l’unité, elles pourront rester indissolubles.
S’il dompte sa force vitale et la rend extrêmement souple, il pourra être comme un nouveau-né.
S’il se délivre des lumières de l’intelligence, il pourra être exempt de toute infirmité (morale).
S’il chérit le peuple et procure la paix au royaume, il pourra pratiquer le non-agir.
S’il laisse les portes du ciel s’ouvrir et se fermer, il pourra être comme la femelle (c’est-à-dire rester au repos).
Si ses lumières pénètrent en tous lieux, il pourra paraître ignorant.
Il produit les êtres et les nourrit.
Il les produit et ne les regarde pas comme sa propriété.
Il leur fait du bien et ne compte pas sur eux.
Il règne sur eux et ne les traite pas en maître.
C’est ce qu’on appelle posséder une vertu profonde.

Au-delà de l’analyse des névrosés adultes, le travail analytique s’est avéré viable avec des enfants, des adolescents, mais aussi avec des familles et des groupes, dès lors que la dimension de rencontre entre le psychanalyste et le patient est pensée comme fondamentale. La rencontre psychanalytique est envisagée dans sa dimension inter-sujets de reconnaissance mutuelle.  Cet ouvrage contribue ainsi à la compréhension de la façon dont l’« or pur » de la méthode analytique est à l’œuvre dans des situations éloignées du dispositif de la cure analytique classique,  par exemple dans les pratiques institutionnelles et la clinique de l’adolescence.

Voici sans doute le plus étrange et le plus freudien des écrits de Freud. Composé par strates successives en trois essais, il garde tout au long des traces de sa fabrication insolite. Étrange aussi par son audacieuse hypothèse de départ – « Si Moïse était un Égyptien ? » -, il est bien loin de s’y réduire. À travers l’histoire de l’homme Moïse, c’est en effet la formation d’une religion, celle de l’identité juive (et de l’antisémitisme), enfin le passage de la sensorialité à la vie de l’esprit qui font ici l’objet de l’enquête, avec, en arrière-plan, la question du père mort qui, tout comme la figure de Moïse, n’a cessé de hanter Freud.
« Roman historique » au dire de son auteur, Bildungsroman ou roman secret – l’homme Moïse, c’est aussi l’homme Freud -, ce livre appelle autre chose qu’une interprétation : une lecture.

Initiatrice des tableaux tirs à la carabine, auteur des sculptures monumentales des Nanas et du jardin des tarots, Niki de Saint-Phalle (1930-2002) traverse les avant gardes de la fin du XXème siècle sans s’inféoder à d’autre mot d’ordre que celui d’exprimer généreusement sa vie et son temps dans un féminisme enjoué.

Cette biographie éclaire le dialogue que la femme et la créatrice entretiennent, contribuant ainsi à rétablir l’artiste à sa juste place – l’une des premières – au sein de l’histoire de l’art de la seconde partie du XXème siècle. Première biographie documentée de l’artiste fondée sur les archives familiales.
Entrée sur la scène de l’art armée d’un fusil destiné à « faire saigner la peinture », Niki de Saint Phalle (1930-2002) a créé une œuvre protéiforme traversée de façon continue par ce qu’elle a vu et vécu. Cette biographie de référence – la première en langue française qui lui est consacrée – éclaire le dialogue que la femme et la créatrice ont constamment entretenu. Elle révèle le parcours hors du commun de cette artiste autodidacte, élevée en Amérique dans une famille de la vieille aristocratie française, et met en évidence la cohérence de son engagement artistique, depuis ses débuts peu connus de peintre, jusqu’aux animaux de l’Arche de Noé, en passant par les Tableaux-tirs, les Autels, les Mariées, les Nanas, les diverses sculptures monumentales, créées ou non avec son compagnon Jean Tinguely, sans oublier les films et les innombrables dessins, pétris de poésie et d’humour, qu’elle a réalisés. Croisant, pour la première fois et de manière systématique, quantités de sources (témoignages, correspondance, journaux, travaux préparatoires, archives sonores et audiovisuelles, notes, manuscrits) recueillies dans plusieurs pays (Amérique, France, Allemagne, Suisse, Belgique, Italie), cet ouvrage a bénéficié de la confiance de la Fondation Niki de Saint Phalle installée en Californie. Il campe une personnalité exceptionnelle par la forme remarquablement joueuse qu’elle a donnée à son féminisme, par l’énergie qu’elle a déployée, notamment pour construire son Jardin des tarots en Toscane, et l’opulence de son œuvre, conçue en menant vies privée et professionnelle de concert. A travers le portrait de celle qui fut la seule femme du groupe des Nouveaux réalistes (Klein, César, Arman, Villeglé, etc.), cette biographie dessine celui d’une époque dont les révoltes et les audaces fascinent toujours la jeune génération.

« La capacité d’être seul est l’un des signes les plus importants de la maturité. » (Donald W. Winnicott)

La solitude nous angoisse, et pourtant nous avons tous besoin d’être seuls pour nous ressourcer. Winnicott est le premier psychanalyste à s’être penché sur ce paradoxe. Il montre comment le petit enfant, pour mûrir affectivement, fait l’expérience de la solitude bien que sa mère soit à ses côtés. Et il souligne l’importance de respecter le besoin d’isolement des patients pour leur permettre de revivre l’expérience infantile d’une solitude accompagnée et apaisante. Replaçant le rôle du corps au premier plan, il nous rappelle que le bien-être mental peut aussi passer par une simple présence physique.
Par son empathie et sa sollicitude, Donald W. Winnicott (1896-1971) est sans conteste l’un des plus grands psychanalystes de notre époque.

Si ce que l’Occident a retenu sous le nom de zen (chan en chinois) est bien aux antipodes de la sottise qu’on en a faite (le « soyez zen » du discours publicitaire le rabattant en morale lénifiante de substitution, en temps de « crise », à la morale de l’effort) ; si le zen représente d’ailleurs en lui-même plus qu’une tradition particulière, parmi les écoles de l’Extrême-Orient, et constitue bien une expérience essentielle de la pensée -, c’est précisément qu’il enseigne comment c’est par décoïncidence que nous vient la conscience : comment c’est seulement en se désolidarisant brusquement du régime d’adéquation de l’esprit qu’on peut prendre conscience de l' »ainsi ».

Numéro en couleur consacré à Cy Twombly
– Thierry Groeb, sur Twombly et l’Orient
– David Baum, « Réflexions sur Twombly et Narcisse »
– Yve-Alain Bois, « « Der liebe got steckt im detail ». LireTwombly »
– Francesco Stocchi, sur les dessins d’enfants
– Bernard Frizot, sur les photos de Twombly
– Portfolio