André Comte-Sponville est probablement l’un des plus grands philosophes français depuis Sartre. Son Petit traité des grandes vertus est devenu un classique qui a complètement bouleversé le champ de la morale, en le débarrassant de l’obsession kantienne, purement formaliste, du devoir, et lui substituant plutôt les vertus dont il convient de faire preuve dans la multitudes des circonstances de la vie. Faire le bien devient ainsi éminemment variable et riche.

Héritier d’Aristote et de Spinoza, Comte-Sponville nous parle de Dieu comme du capitalisme avec le même bonheur. Son livre sur Le goût de vivre (2010) est un petit bijou de la réfl exion courte, entre La Rochefoucauld et Montaigne, un autre de ses maîtres avec le philosophe Alain.

Loin des tréteaux médiatiques, où des philosophes à la banalité déconcertante viennent nous faire la leçon sur la politique ou sur l’amour et la religion, André Comte-Sponville possède la patience du créateur et le sens de la profondeur. La Revue Internationale de Philosophie a toujours honoré la grandeur des philosophes qui ont changé notre façon de penser. Comte-Sponville en fait partie. C’est avec une grande reconnaissance pour avoir renouvelé l’éthique que je terminerai la présentation de ce volume qui lui est consacré.
(Michel Meyer)

Ont participé à ce volume : L. Bove, D. Cohen, A. Comte-Sponville, Ch. Larmore, M. Meyer, M. Seel et B. Vergely

Lucky Luke – Nouvelle Intégrale, tome 2

Ce tome reprend les histoires suivantes : « Sous le ciel de l’Ouest », « Lucky Luke contre Pat Poker » et « Hors-la-loi », trois aventures classées chronologiquement qui retracent en outre la genèse des Daltons.

Daina Ashbee, Serpentine, 2017

Serpentine est une installation-performance, où Ashbee capture l’essence sombre et féminine de ses trois œuvres précédentes. Confrontée à une composition pour orgue électrique à la fois dérangeante et puissante, la danseuse Areli Moran répond par une gestuelle lente qui se métamorphose peu à peu en la présence d’une violence concentrée. 

Assumant pleinement l’abstraction de son langage chorégraphique, Ashbee manifeste néanmoins des images fortes et percutantes sur scène. La répétition joue un rôle clé dans ses trois œuvres passées et la chorégraphe l’utilise à nouveau avec Serpentine. Elle demande ainsi à l’interprète de répéter un cycle de 30 minutes, plusieurs fois par performance.

Ashbee s’intéresse au changement qui s’effectue avec le temps et la répétition. On peut choisir de regarder la pièce une fois en 30 minutes ou se défier à la répétition, en se demandant comment l’espace et l’expérience se transforment à travers la répétition de chaque cycle.

André Green n’a cessé de montrer comment la psychanalyse, tant dans sa théorie que dans sa pratique, ne peut plus se satisfaire du seul recours aux «modèles» freudiens. Ceux-ci ne permettent pas en effet de comprendre ce qu’on a appelé les cas-limites, pourtant de plus en plus fréquemment rencontrés dans la clinique de notre temps.
Ces cas se situent entre les névroses classiques et les psychoses avérées : à la frontière. Car «limite» désigne le fait que la ligne fragile qui sépare le dehors et le dedans, le moi et l’autre, est mal assurée. De là une perturbation de l’identité personnelle, un douloureux sentiment de vide, une aspiration vers le rien. Il arrive qu’Œdipe cède la place à Hamlet…
Toutes inspirées par la riche expérience clinique de l’auteur comme par le souci d’intégrer dans une théorisation personnelle les grands courants de la psychanalyse contemporaine, les onze études ici rassemblées, au-delà de la description des états-limites, dévoilent ce qui est le plus souvent maintenu au secret : notre folie privée.

Si la métaphysique continue de susciter curiosité et fascination, nombreux sont ceux qui la confondent avec les aspirations mystiques ou redoutent son caractère trop abstrait. La métaphysique débute souvent par des questions enfantines mais désarmantes : Qu’est-ce qu’un objet ? Les couleurs et les formes existent-elles vraiment ? Est-ce que le temps passe ? Qu’est-ce que l’identité d’une personne ?

En dix courts chapitres, Mumford passe en revue certaines des questions les plus fondamentales de la métaphysique et présente de façon claire et vivante les théories et les débats au coeur de la métaphysique contemporaine.

En présentant douze entretiens tenus entre 1992 et 2011, Fernando Urribarri restitue ici une vingtaine d’années de dialogue avec les plus grandes figures du postlacanisme français. D’abord élèves de Jacques Lacan à l’époque du glorieux
« retour à Freud », Laplanche, Pontalis, Aulagnier, McDougall et Green, allaient bientôt se séparer du « Maître» pour développer leurs propres pensées, inspirées avant tout d’un retour à la clinique.

Comme l’explique Pontalis, auteur du célèbre Vocabulaire de la Psychanalyse, dans l’un de ces entretiens, c’est en appliquant à la lettre la consigne lacanienne du « retour à Freud » que, paradoxalement, les plus brillants parmi cette génération finiront par s’éloigner de Lacan : un exercice de radicalité salutaire puisqu’il jettera les bases d’une pensée psychanalytique renouvelée,
non dogmatique, en phase avec les bouleversements nosologiques
du XXIe siècle.

Dans l’essai introductif, Urribarri revient sur le contexte historique de ces dialogues et en explicite l’importance pour le psychanalyste d’aujourd’hui.

Cet ouvrage, premier tome d’un traité en 4 volumes (tome 1 : Les névroses ; tome 2 : Narcissisme et dépression ; tome 3 : Psychopathologie des limites ; tome 4 : Les psychoses) est consacré aux névroses. Il analyse l’apport de l’oeuvre freudienne à l’étude de ces pathologies.

Un voyage inédit aux sources du langage et de la peinture.
Dans ce livre unique, Alain Rey et Fabienne Verdier partent à la découverte des sources de leur inspiration langagière et picturale. Les forces telluriques, la musique, le chant de la terre, le cosmos… À deux voix, ils dessinent les contours des formes sensibles du monde : une « polyphonie » littéraire et artistique, illustrée des tableaux, des films, des Carnets et des photographies de l’artiste à l’œuvre dans son atelier.

Voici le sommaire des numéros antérieurs publiés de la revue Filigrane.

Les archives sont disponibles sur le site de Teluq

  • Volume 1 : Le blues du psychothérapeute (1992),
  • Volume 2 : La clinique au quotidien à la fin du XXe siècle (1993),
  • Volume 3 : Vieillissement et capacité thérapeutique chez le psy et son patient (1994),
  • Volume 4 : Ruptures et continuités dans la situation thérapeutique (1995),
  • Volume 5 : Un étranger sur mon divan : différences linguistiques, culturelles et situation thérapeutique (1996).
  • Volume 6, Numéro 1 : « Dis-moi qui tuer ? » : Violence dans le social et en situation thérapeutique
  • Volume 6, Numéro 2 : Migration, culture et psychothérapie.
  • Volume 7, Numéro 1 : Nouvelles sexualités ?
  • Volume 7, Numéro 2 : La bisexualité psychique.
  • Volume 8, Numéro 1 : Malaise dans la clinique 1.
  • Volume 8, Numéro 2 : Malaise dans la clinique 2.
  • Volume 9, Numéro 1 : Sandor Ferenczi
  • Volume 9, Numéro 2 : Discours actuels sur l’enfance
  • Volume 10, Numéro 1 : Histoire de la psychanalyse au Québec
  • Volume 10, Numéro 2 : Histoire de la psychanalyse au Québec
  • Volume 11, Numéro 1 : Tout sur mon père 1
  • Volume 11, Numéro 2 : Tout sur mon père 2
  • Volume 12, Numéro 1 : Perversion : Un peu, beaucoup. Passionnément ! Pas du tout ?
  • Volume 12, Numéro 2 : Perversion : Un peu, beaucoup. Passionnément ! Pas du tout ?
  • Volume 13, Numéro 1 : Les voies du contre-transfert 1
  • Volume 13, Numéro 2 : Les voies du contre-transfert 2
  • Volume 14, Numéro 1 : Sur les traces de D.W. Winnicott
  • Volume 14, Numéro 2 : L’angoisse dans tous ses états
  • Volume 15, Numéro 1 : Journée de travail Otto Kernberg – Paulette Letarte 1
  • Volume 15, Numéro 2 : Journée de travail Otto Kernberg – Paulette Letarte 2
  • Volume 16, Numéro 1 : Les hauts lieux et les non-lieux du rêve I
  • Volume 16, Numéro 2 : Les hauts lieux et les non-lieux du rêve II

Historique de la revue (22 numéros)

Ce manuel présente la logique des processus de la vie psychique à tous les âges de la vie, de la naissance à la vieillesse.
Les auteurs, issus de la pensée psychanalytique, retracent tout d’abord l’histoire de la réalité psychique de la subjectivité. Ils présentent ensuite les logiques, en large partie inconscientes, qui sous-tendent les formes d’expression de la psychopathologie. L’apport des neurosciences dans le champ de la psychopathologie est également abordé. Une approche projective complète enfin cette démarche d’ensemble et fournit une méthode pour médiatiser la subjectivité propre du clinicien.
Ainsi composé, ce manuel s’adresse à tous ceux qui, étudiants, jeunes professionnels et psychologues confirmés, sont soucieux d’une vue d’ensemble et actualisée de l’approche clinique de la vie psychique et des formes de sa pathologie.
Cette deuxième édition a été enrichie des nouvelles thématiques suivantes : le travail de psychothérapie et les médiations thérapeutiques, ainsi que la psychopathologie du sujet vieillissant.

Galerie Jeanne Jaeger Bucher, espace St Germain

08.09.2017 — 12.10.2017

Whispers from the Earth

Chuchotements de la Terre

Michael Biberstein, Miguel Branco, Zarina Hashmi, Yang Jiechang, Paul Klee, André Masson, Rui Moreira, Robert Motherwell, Susumu Shingu, Arpad Szenes, Mark Tobey, Maria Helena Vieira da Silva, Paul Wallach

Espace St Germain

Qui est Michael Balint?

Médecin et psychanalyste anglais né Mihaly Bergsmann (1896-1970)

Né à Budapest dans une famille de la petite bourgeoisie juive, Michael Bergsmann était le fils d’un médecin généraliste. Analysé par Hanns Sachs et contrôlé par Max Eitingon, dans le cadre du prestigieux Berliner Psychoanalytisches Institut (BPI), Balint s’orienta vers la médecine psychosomatique en soignant des patients à l’hôpital de la Charité. Puis il regagna Budapest où il refit une tranche d’analyse avec Ferenczi. En 1939, il prit la route de l’exil et arriva à Manchester.

A partir de 1946, Balint changea de vie. Installé à Londres, il commença à travailler à la Tavistock Clinic où il rencontra les grands “ténors” de l’école psychanalyste anglaise : John Rickman, Wilfred Ruprecht Bion. C’est là aussi qu’il fit la connaissance d’Enid Albu-Eichholtz, sa troisième femme. Analysée par Donald Woods Winnicott, Enid Balint (1904-1994) initia Michael à une nouvelle technique : le case work. Il s’agissait de commenter et d’échanger des récits de cas au sein de groupes composés de médecins et de psychanalystes. Cette expérience donna naissance à ce qu’on a appelé les groupes Balint.

Dans la double lignée de Ferenczi et de l’école anglaise, Balint définit une notion nouvelle, le “défaut fondamental”, désignant sous cette appellation une “zone” préoedipienne caractérisée par l’absence, chez certains sujets, d’une partie tierce structurante et donc de toute réalité objectale extérieure. Le sujet est alors seul et son principal souci est de créer quelque chose à partir de lui-même. L’existence de ce défaut ne permet pas l’instauration d’un contre-transfert. L’analyste est donc obligé dans ce cas de procéder à un réaménagement du cadre technique qui permette d’accepter la régression du patient.

Les groupes Balint permirent par ailleurs d’étendre la technique psychanalytique à une meilleure compréhension des relations entre les médecins et les malades.

(Extraits du dictionnaire de la psychanalyse de E. Roudinesco et M. Plon)

Le monde comme terrain de jeu : le grand écart

L’ouverture d’esprit est inhérente à votre vie. Plus que de la curiosité, c’est bien d’un intérêt pour tout qui vous anime.

Vous avez des passions, simultanées ou successives, et ne comprenez pas que l’on puisse se satisfaire d’une seule activité. Pour vous, le monde est pluriel et mérite d’être exploré.

Capable de vous intéresser à tout et son contraire, vous êtes surpris lorsque l’on vous dit que c’est impossible.

Carine raconte à ses amis ses dernières vacances, pendant lesquelles elle est partie sac à doc faire du camping sauvage.  Puis elle a passé les quelques jours qui lui restaient dans un hôtel cinq étoiles à faire des visites culturelles. Elle s’étonne devant l’incompréhension de ses amis : « Ils ne comprennent pas que je puisse concilier les deux. Personnellement, je ne vois pas où est le problème, puisque mes plaisirs et mes satisfactions sont différents. Je ne conçois pas, comme Luc, par exemple, de ne passer mes vacances qu’au Vietnam, chaque année, l’une après l’autre. »

Plus que de la compréhension, il y a l’acceptation de l’autre dans sa différence, dans ses goûts et ses choix.

Pour vous le monde est pluriel, et s’arrêter à une vision unique n’a aucun sens.

Vous êtes ainsi capable de faire le grand écart, d’être aventurier et casanier, de voir du monde comme d’avoir besoin de solitude.

Vous avez des passions, et savez que vous pouvez et avez envie de toujours explorer plus et plus loin.

Pour Anne, 22 ans, rien que de très normal : « Je vais au cinéma, au théâtre et au concert ; environ une fois par semaine je vais voir des expos, je vais me promener, je vois mes amis. »

De par leur plus grande intelligence, leur implication et leur motivation, leur désir de progresser et leur capacité à percevoir au-delà du premier abord, ce sont des personnes qui réussissent très vite dans les activités qu’ils investissent.

Ils progressent rapidement en sport, utilisant leurs sens comme autant de récepteurs d’information, ils sont de bons observateurs, qui digèrent les connaissances qu’ils perçoivent ainsi des autres sportifs et leur apprentissage se fait plus par expérience et observation que par théorie.

On dit d’eux qu’ils ont un bon œil, et une bonne capacité d’observation et d’assimilation.

Je prends couvent l’exemple de l’équitation à ce sujet, dans lequel les cavaliers de saut d’obstacle doivent parcourir à pied le tracé qu’ils auront ensuite à effectuer à cheval. L’entraîneur leur demande de compter le nombre de foulées que leur cheval devra effectuer entre deux obstacles. Lucie, 13 ans, membre de l’équipe de France junior, me dit regarder faire les autres, compter avec eux, mais ne pas savoir quoi en faire : « Je les accompagne et je compte, mais une fois à cheval, tout se fait tout seul, je ne compte rien, mes mains savent ce qu’elles doivent faire et les transmettent au cheval. Je ne sais pas comment je fais ; ça se fait, et ça marche ! »

Ils ont des facilités dans tous les domaines qu’ils investissent, notamment en art où leurs œuvrent plaisent ; ils aiment écrire, organisent des voyages ou des week-ends insolites en sachant dénicher ce qui en fera un voyage différent ; ils réunissent des amis intéressants ; ils apprennent facilement les langues.

Cette biographie, due à son meilleur connaisseur, met la pensée de Winnicott en tension, voire en crise : il s’agit d’une biographie critique. D’où, peut-être, le fait qu’on ait dû attendre vingt ans pour qu’elle paraisse en français. Dans les années 1980, en effet, le médecin parfois un peu trop positif du couple mère-enfant, que l’on se contentait souvent en France de voir comme un théoricien délicat et original, semblait installé à l’écart des conflits – ceux de la sexualité, ceux du pouvoir, et ceux, s’ils en diffèrent, de la psychanalyse. Il a fallu du temps pour déchanter. La « capacité d’être seul » – titre d’un de ses articles célèbres paru en 1958 – deviendra une vision hautement conflictuelle et quasi négative de l’homme quand, en 1963, Winnicott écrira : « Chaque individu est un isolat, en état permanent de non-communication, inconnu en permanence, en fait jamais découvert. »

Comment vivre au quotidien ?

http://biospraktikos.hypotheses.org/

Ce carnet de recherche a pour objectif de partager le travail effectué dans le cadre de mon projet de thèse, qui a pour objet la vie droite dans les philosophies et religions de l’Antiquité tardive (IIIe-VIe siècles). Ce carnet a également pour but de faire connaître les richesses de la pensée tardo-antique, et discuter de l’intérêt des textes de cette période pour le lecteur contemporain : pourquoi lire ces auteurs d’un autre temps ? Que peuvent-ils nous apporter aujourd’hui, notamment dans le domaine éthique ?