Celui qui a l’âge du monde

Mais voilà l’autre facette inattendue. La part infantile du surdoué côtoie une autre perception : se sentir multiâge.

Qu’est-ce que cela veut dire ? Une chose finalement très simple, la sensation, selon les circonstances, les contextes, les personnes avec lesquelles on se trouve, d’avoir simultanément ou successivement des niveaux de maturité différents.

  • Oublions l’immaturité, parlons d’hypermaturité

Voilà encore une conception qui vient à l’encontre de ce que l’on dit souvent du surdoué, en particulier de l’enfant surdoué, lorsque l’on parle d’immaturité affective. C’est une notion erronée car on confond immaturité avec dépendance affective. Ce qui n’a rien à voir. Oui, le surdoué est un être profondément affectif. C’est d’abord un être affectif. L’ingérence affective est toujours présente chez le surdoué, y compris dans l’acte cognitif. Le surdoué pense d’abord avec ses émotions avant de penser avec sa tête. Voilà ce qui lui donne parfois ce qualificatif d’immature. Comme si la dominante de l’affectif était seulement le privilège des tout petits enfants !

Au contraire, un surdoué est un caméléon. Il peut jouer sur un registre très large : il ajuste son comportement, sa pensée, ses actes, pour les adapter au plus près des contraintes de l’environnement. D’une certaine façon, le surdoué joue avec son intelligence et sa sensibilité pour déterminer son adéquation au monde.

[…] L’hypermaturité doit être ici comprise comme cette capacité unique d’analyser avec une lucidité exemplaire toutes les composantes d’une situation et s’y adapter. Ou lutter contre, ce qui revient au même en termes de mécanisme. […]