Fondateur avec Jean Masurel de la collection d’art moderne du Lille Métropole Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut (anciennement musée d’Art moderne de Lille), le LaM, Roger Dutilleul croise la route de Modigliani en 1918, moins de deux ans avant la mort prématurée de l’artiste, peintre et sculpteur italien. C’est ainsi que le musée conserve l’une des plus belles collections publiques françaises du célèbre artiste : six peintures, huit dessins et une rare sculpture en marbre.
Une exposition événement réunit ce fonds exceptionnel et de nombreux prêts inédits début 2016. Une centaine de peintures et dessins de l’artiste sont présentés, aux côtés d’œuvres de Constantin Brancusi, Pablo Picasso, Jacques Lipchitz, Chaïm Soutine, Moïse Kisling, Henri Laurens, André Derain… Plusieurs approches sont proposées au visiteur : découverte du dialogue que l’artiste a entretenu avec la sculpture antique et extra-occidentale ou encore observation de sa pratique du portrait, autre dimension centrale dans son œuvre.
Le hors-série Beaux Arts éditions revient sur la vie et l’œuvre de l’artiste, sa rencontre avec le collectionneur Roger Dutilleul, tout en suivant le parcours de l’exposition et en proposant un éclairage sur les œuvres majeures de l’artiste. Un hors-série richement illustré.

Exposition au LaM,
du 27 février au 5 juin 2016

 

La rétrospective consacrée à George Desvallières (1861-1950) est l’occasion de découvrir la figure d’un artiste indépendant de toute école et curieux de toutes les formes d’art. Au-delà du parcours monographique illustré de nombreuses archives, l’ouvrage présente George Desvallières dans son ancrage parisien ainsi que son rôle dans le bouillonnement culturel du Paris de la modernité à travers une série de tableaux provenant pour la plupart de collections particulières.

Mais c’est certainement le sous-titre de la publication « La peinture corps et âme » qui traduit le mieux les préoccupations de l’artiste. Pour Desvallières, le corps humain demeure l’architecture suprême. Sa quête d’idéal s’incarne en des figures charnelles et héroïques.

Son retour à la  foi chrétienne en 1905, renforcée par l’expérience douloureuse des combats de la première guerre mondiale, en fit l’actif défenseur du renouveau de l’art sacré, formant aux côtés de Maurice Denis une jeune génération d’artistes chrétiens. Son enseignement prône un art audacieux, à la lumière de l’Evangile. Soldat durant la Grande Guerre, Desvallières fut l’un des tous premiers au retour du front à mettre en image l’expérience inouïe des combats grâce à toute une série d’œuvres monumentales.

L’ouvrage restitue le parcours de l’artiste tout en offrant un décryptage de son œuvre grâce à une série de courts essais qui mettent en perspective sa démarche l’artiste, tandis qu’un choix de notices détaillées conduit le regard du lecteur au plus près des œuvres majeures présentées dans l’exposition.

Chaque jour ou presque vous devez affronter des discussions difficiles avec votre patron, votre conjoint, vos amis, vos voisins, vos enfants… Et trop souvent, malgré tout vos efforts, la discussion tourne mal. Vous êtes sûr d’avoir raison et que votre interlocuteur ne comprend rien ou ne veut pas comprendre. Mais, de son côté, il éprouve exactement les mêmes sentiments. La discussion est sans issue. Les choses vont de mal en pis. La colère, la culpabilité ou la frustration se bousculent dans un indescriptible gâchis. Comment s’en sortir ? Faut-il toujours dire le fond de votre pensée et risquer une brouille ? Est-il préférable de ravaler vos états d’âme et de ruminer votre rancœur en silence ? Devez-vous céder pour avoir la paix, ou montrer de quel bois vous vous chauffez ? Et si vous aviez tort ?

Comment mener les discussions difficiles vous ouvre la porte de sortie de tous ces dilemmes. Après quinze années de recherches et des milliers de consultations, les auteurs nous initient à une méthode éprouvée, concrète et systématique permettant de comprendre et de gérer au mieux tous les types de discussions conflictuelles.

Si vous voulez éviter votre prochaine crise de nerfs, ou la prochaine brouille avec votre entourage, apprenez d’urgence la chose la plus importante (hormis savoir lire et écrire) : savoir discuter avec les autres.
« Enfin un livre qui sort des sentiers battus sur les pièges bloquant la communication dans les situations difficiles et offrant des réponses opérationnelles pour les déjouer.»

Michel Ghazal, Président du Centre Européen de la Négociation

Cerveau gauche, cerveau droit, un mythe neuronal

La localisation asymétrique de certaines fonctions cérébrales est une réalité connue depuis le 19e sicèle. mais l’idée d’attribuer à la dominance d’un hémisphère du cerveau la raison de dispositions intellectuelles ou caractérielles différentes est bien plus récente : on l’attribue à deux neurologues, Norman Geschwind et Albert Galaburda, qui publièrent en 1987 une hypothèse séduisante opposant le cerveau gauche « rationnel » au cerveau droit « intuitif » : selon que vous vous servez plus de l’un que de l’autre, vous serez donc comme ceci ou comme cela. En dépit du scepticisme de nombreux spécialistes, cette phrénologie moderne a connu, en raison de son dualisme simple, un grand succès médiatique, et reçu quelques appuis scientifiques (en France Lucien Israël, Béatrice Millêtre). Hélas, le flop devait arriver : une étude publiée en 2013 montrait – imagerie cérébrale à l’appui – que tout le monde utilise ses deux hémisphères à peu près de la même façon.

Nicolas Journet

Pierre de RONSARD   (1524-1585)

Mignonne, allons voir si la rose

A Cassandre

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d’espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu’une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.

Récemment, je suis tombée sur un article publié dans Le Point du 28 septembre 2014 intitulé « Pourquoi lisons-nous des livres de développement personnel ? » Cet article m’a beaucoup éclairée. Le ton était donné dès le départ : « Nicolas Marquis, docteur et chercheur en sociologie, professeur à l’université Saint-Louis-Bruxelles, a plongé dans le monde du développement personnel, il en est revenu avec une certitude : si, à la lettre, ces ouvrages semblent ne délivrer que des conseils d’une platitude absolue, les lecteurs, eux, y trouvent des ressorts puissants de changement. Quelle est cette société dans laquelle les individus, lorsqu’ils rencontrent un problème dans leur vie, ne se lamentent pas, ne le subissent pas, mais se mettent à lire des ouvrages qui leur enjoignent de « travailler sur eux-mêmes ? » » Nicolas Marquis a mené de nombreux entretiens et a analysé le courrier des lecteurs de Boris Cyrulnik, Thomas d’Ansembourg et Thierry Janssen. Il voit un paradoxe incompréhensible entre la banalité du discours et l’enthousiasme des lecteurs, certains allant jusqu’à prétendre que tel ou tel livre a « changé leur vie ». Visiblement, tout cela laisse perplexe ce docteur et chercheur en sociologie. De son point de vue, il raison : Pourquoi tant d’engouement pour des images sur lesquelles il n’y a que des points à regarder ?

Janet Malcolm a obtenu le témoignage d’un membre de la Société psychanalytique de New-York sur sa pratique. Au cours d’entretiens répétés, de semaine en semaine, les points essentiels de la théorie et de la technique psychanalytique ont été abordés sans réticences, entreprise difficile pour les deux protagonistes. Ceux-ci ont échappé aux difficultés inhérentes au sujet. Chacun s’est montré loyal, attentif au discours de l’autre. Ils ont ainsi restitué le plus possible, en dehors de l’expérience analytique personnelle, l’atmosphère des séances et les implications émotionnelles du transfert et du contre-transfert.

Kazuo Shiraga (1924 – 2008)
Sans titre
1957
Huile, aquarelle, encre de Chine sur papier marouflé sur toile
181,5 x 242,5 cm
Inscriptions : S.D.B.DR. en japonais : signature / 1957
Toile peinte avec les pieds