Les hommes ont tendance à vivre en jouant avec logique à certains « jeux » dans leurs relations avec autrui. Ils jouent à ces jeux pour toutes sortes de raisons : pour éviter d’affronter la réalité, pour cacher des motifs profonds, pour rationaliser leurs activités, ou pour rester « en dehors du coup ». Ces jeux – sauf quand ils se révèlent destructeurs – sont à la fois souhaitables et nécessaires. Le docteur Berne présente une analyse fascinante de trente-six jeux qu’il classe sous diverses rubriques : les « jeux vitaux » qui transcendent un mode spécifique de réaction dans une situation donnée, et affectent chaque action du joueur ; les « jeux conjugaux », auxquels deux personnes peuvent recourir afin de supporter une vie de frustration ou d’insatisfaction (un jeu conjugal des plus joués est celui de « la femme frigide », où l’un des deux joueurs provoque une discussion menant à la colère, à l’aliénation des sentiments, pour éviter les rapports sexuels) ; les « jeux sexuels », où quelqu’un provoque des réactions sexuelles chez quelqu’un d’autre, puis, agit comme si lui ou elle était la victime innocente ; les « jeux de société », sociaux par définition, et qui vont du cancan perpétuel au gémissement chronique ; les « jeux des bas-fonds » tel que « aux gendarmes et aux voleurs », pratiqués le plus souvent pour des gains matériels, mais pouvant aussi viser à des avantages psychologiques ; les « jeux du cabinet de consultation », peuvent être joués par un malade avec un médecin afin d’éviter la guérison. Le docteur Berne, poursuit dans cet ouvrage le développement et l’élaboration d’un concept qu’il a déjà décrit pour le spécialiste, et qu’il emploie dans son nouveau système de psychiatrie individuelle et sociale, où la thérapeutique de groupe tient lieu de méthode fondamentale, et où l’analyse des jeux forme un élément majeur du traitement. Le docteur Berne montre en outre comment ce concept peut aider à prendre une nouvelle conscience de soi, ainsi qu’à mener une existence plus constructive. Ce livre dont le succès est considérable aux Etats-Unis, traite de façon concise, claire et spirituelle un sujet profondément sérieux qui concerne chacun de nous de la façon la plus intime.

Psychanalyse ou psychothérapie Psychanalytique ? Fondements de la position clinique par Albert Ciccone

Résumé

Dans la première partie de cet article, l’auteur déconstruit l’opposition entre « psychanalyse » et « psychothérapie psychanalytique », à partir notamment des textes freudiens. La « psychothérapie psychanalytique » ne désigne rien d’autre que la psychanalyse « en tant que traitement », ce qui correspond à l’un des axes de la définition que donne Freud de la psychanalyse. D’ailleurs Freud lui-même emploie indifféremment les termes « psychanalyse » et « psychothérapie psychanalytique ».
Un premier argument pour soutenir que la psychanalyse ne serait pas une « psychothérapie » concerne la question de la guérison qui serait étrangère à la psychanalyse. Or, Freud n’a jamais renoncé à l’idée de la guérison. Un deuxième argument concerne la suggestion qui serait antagoniste à la psychanalyse. Or, les textes techniques de Freud montrent qu’il utilisait abondamment cette dernière. Un troisième argument concerne le setting. Or, celui-ci a été adopté par Freud pour des raisons essentiellement personnelles. Par ailleurs que serait une psychanalyse qui ne s’adapterait pas aux contextes cliniques et aux patients ? La « psychothérapie psychanalytique » n’est que le nom de la psychanalyse qui peut s’ajuster aux patients ainsi qu’aux limites de l’analyste. Un quatrième argument concerne la différence entre « liaison » (qui relèverait de la psychothérapie) et « déliaison » (qui relèverait de la psychanalyse). Or, tout travail psychanalytique contient inévitablement ces deux processus.
On ne peut pas opposer « psychothérapie psychanalytique » et « psychanalyse », par contre on peut éclairer ce qui fait qu’une psychothérapie est psychanalytique, et détailler les fondements de la position clinique. L’auteur s’attache à décrire ces fondements dans la deuxième partie. Ils concernent l’écoute et l’observation de la réalité psychique, de l’inconscient, de l’infantile, des phénomènes transférentiels, l’importance de l’intersubjectivité, du cadre interne, le travail de pensée, l’engagement et l’implication de l’analyste, le travail d’élaboration contre-transférentielle, la considération du discours et de l’expressivité, quels qu’ils soient, comme matériel, l’observation du rapport aux objets réels et à l’espace, la mise en suspens du savoir, la prise en compte des « théories » du patient (de sa souffrance, du soin), la position d’humilité et de doute, la conviction qu’il n’y a jamais de contre-indication de soin psychanalytique.
Ces principes (il y en a d’autres) caractérisent le « psychanalytique » des psychothérapies, quelle qu’en soit la forme, cure-type ou dispositifs autres.

Il vous faut apprendre à détecter le langage sémantiquement vide, plus communément appelé « la langue de bois ». observez cette phrase : « Nous allons prendre toutes les mesures utiles pour étudier le problème dans les meilleurs délais. » Quelle information vous donne-t-elle ? Aucune ! Il en va de même pour toutes les phrases que personne ne pourrait contredire. On appelle truisme ou lapalissades mes phrases qui n’énoncent que des évidences. « Tu es là, debout devant moi et tu m’écoutes parler «  ou « Nous sommes réunis pour travailler sur ce projet ». Ou pourrait presque commenter avec humour : « sans blague ? »

Pour démontrer qu’une phrase est creuse, il suffit de la formuler en négatif. pour mieux réaliser l’aspect consensuel de ces phrases, essayez de reformuler celles-ci en négatif : « Je suis contre le chômage et pour l’emploi » ou « Je veux que ce projet réussisse ». En famille, c’est la même chose, des phrases comme : « Je veux le bien de mes enfants (ou le bonheur de mon épouse) « n’apportent aucune information. Ce qui st énoncé est même tellement évident qu’il est suspect d’avoir besoin de le verbaliser. Personne ne clamerait : « Je veux pourrir la vie de ma compagne et nuire à mes enfants. » A partir du moment où on ne peut dire l’inverse de ce qui est dit, la phrase n’a aucune valeur, ni aucun intérêt. c’est du langage sémantiquement vide. Apprenez à détecter ce genre de phrases, pour en désamorcer l’impact. Ensuite, faites bien la distinction entre information et communication : « Cette crème est composée de tels ingrédients ». C’est de l’information. « Elle vous fera la peau douce » C’est de la communication.

C’est la paire de lunettes la plus célèbre de l’histoire du cinéma. Le patient le plus assidu de tous les cabinets de psychanalyse. Le désespéré le plus hilarant de la littérature contemporaine. Le bavard le plus impénitent du septième art. Il s’est étendu sur des canapés innombrables. Il a mangé chinois, indien, pakistanais dans tout ce que New York compte de restaurants. On l’a vu déguisé en bouffon, en magicien, en révolutionnaire sud-américain, en soldat de l’armée du Tsar, en inventeur de machines volantes, en romancier en panne, en cinéaste aveugle, en escroc de bas étage, en spermatozoïde. Il a comparé les mérites de Shakespeare, Nietzsche, Dostoïevski avec ceux de Groucho Marx. Il nous a épuisés de ses gags, de ses névroses, de sa loufoquerie. Il a fait de ses déboires amoureux la matière d’une épopée sentimentale. Il a filmé Manhattan comme personne.

On a longtemps considéré Woody Allen comme un clown, un Louis de Funès new-yorkais. Il s’est imposé, en près de quarante films, comme l’une des figures centrales de la création contemporaine. Le Figaro hors-série lui consacre aujourd’hui sa 33e édition : un numéro exceptionnel de 114 pages, au fil desquelles vous découvrirez tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Woody Allen sans jamais oser le demander. La critique de l’intégrale de ses films y voisine avec l’évocation des thèmes qui rendent son oeuvre inimitable, le dictionnaire de ses aphorismes avec la reprise de ses dialogues les plus savoureux.

Illustré comme un ouvrage d’art, informé comme un livre, ce hors-série a toute sa place dans votre bibliothèque.

Les Grandes Religions est une invitation à découvrir ou à mieux comprendre les quatre principales religions qui participent, en cette fin de millénaire, à la marche du monde : le judaïsme, le catholicisme, l’islam et le bouddhisme tibétain. Le livre s’ouvre sur douze questions essentielles –  » Pourquoi Dieu permet-il le mal ? « ,  » Qu’est-ce que l’au-delà ? « ,  » La religion est-elle nécessaire ? « , etc. – auxquelles répondent, de façon claire et accessible, quatre auteurs représentant les différentes croyances. Une seconde partie, réunissant les textes de la collection  » Symboles des religions  » (Editions Assouline, 1996-1997), explique l’origine et le sens de chacune des religions à partir des symboles qui les représentent – objets, rites ou fêtes. Les Grandes Religions offre une réponse contemporaine à nos interrogations spirituelles, tout en nous aidant à décrypter ces symboles qui constituent notre héritage, parfois même à notre insu.

Les alliances inconscientes sont l’une des principales formations de la réalité psychique. Elles ont une double face.
D’un côté, elles organisent et caractérisent la consistance des liens qui se nouent entre plusieurs sujets.
D’un autre côté, les alliances soutiennent ce que chacun, pour son propre compte, doit refouler, dénier ou rejeter. Elles participent ainsi à la structuration de la vie psychique de chaque sujet. Par structure et par fonction les alliances inconscientes sont donc destinées à produire de l’inconscient et à demeurer inconscientes.
L’ouvrage distingue plusieurs types d’alliances inconscientes : des alliances structurantes, des alliances défensives et offensives, des alliances aliénantes et pathologiques.
De nombreuses situations cliniques, mais aussi des exemples littéraires et cinématographiques, montrent comment fonctionnent le contrat et le pacte narcissiques, l’alliance des Frères, l’alliance symbolique avec le Père, le contrat de renoncement à la réalisation directe des buts pulsionnels, le pacte dénégatif, le déni en commun, le pacte pervers. Une attention particulière est portée aux alliances défensives qui se nouent dans l’espace psychanalytique.

Cette planète est notre berceau mais nous l’avons saccagée.
Nous ne pourrons plus jamais la soigner ni la retrouver comme avant.
Quand la maison s’effondre, il faut partir.
Recommencer tout,
autrement et ailleurs.
Le Dernier Espoir, c’est la fuite.

Décidant d’aller voir si l’aventure humaine peut recommencer ailleurs, un jeune ingénieur en aéronautique conçoit et fabrique un gigantesque voilier solaire, capable de se propulser dans le vide interstellaire. A son bord, 144.000 passagers, dont la descendance aura une chance de parvenir à destination, après un voyage de 1000 ans.

Il y a tout juste quarante ans, Queneau exécutait 99 variations d’une même histoire. Il le fit avec un tel brio, il créa des effets si drôles que ces « exercices de style » furent un succès en librairie. Alors, se demanderont lecteurs, critiques, littérateurs, buveurs, sorbonnocrates et pataphysiciens, quel est l’intérêt de recommencer ? Pourquoi ne pas attendre quelques siècles, comme La Fontaine le fit pour Esope ?

« J’ai tenté, en acceptant la contrainte que me proposait Queneau, d’illustrer les avatars du français et de lui en imposer de nouveaux. Mais j’ai surtout voulu apprendre et m’amuser, en espérant que le lecteur en fasse autant. Cela ne signifie pas que les limites soient atteintes, que ces exercices soient exhaustifs. A l’instar des yeux de la belle marquise qui peuvent faire mourir d’amour de mille façons, le récit d’origine peut être repris à l’infini, ou peu s’en faut.

On pourrait l’écrire encore de manière biblique, créole, aphasique, scolaire, pathétique, géographique, architecturale, bibliographique, etc. On pourrait le mimer, le chanter ou le danser. On pourrait utiliser l’alphabet grec, les caractères cyrilliques, les motifs rupestres. On pourrait peut-être même le traduire et l’appliquer à une autre culture. » Bernard Demers

En 1985 paraît à Londres un article de Margaret Little, psychanalyste connue pour ses travaux sur les états-limites, faisant le récit de ses trois analyses dont la dernière avec Winnicott. Celui-ci n’a guère laissé de traces sur sa pratique avec les adultes, ceux-ci étant le plus souvent eux-mêmes des analystes. C’est pourquoi M. Little évoque les années passées sur le divan de celui qui fut son analyste, son maître à penser et à pratiquer. Son témoignage (traduit et reproduit dans ce livre) est aussi provoquant que passionnant, la question des limites y est omniprésente : celles du patient, de l’analyste et de l’analyse. L’ensemble de la théorie, de la pratique et des méthodes de l’analyse est « bousculé » par ce témoignage hors du commun.

Le narrateur rencontre, dans un autobus, un jeune homme au cou long, coiffé d’un chapeau orné d’une tresse au lieu de ruban. Le jeune voyageur échange quelques mots assez vifs avec un autre voyageur, puis va s’asseoir à une place devenue libre. Un peu plus tard, le narrateur rencontre le même jeune homme en grande conversation avec un ami qui lui conseille de faire remonter le bouton supérieur de son pardessus.

Cette brève histoire est racontée quatre-vingt-dix-neuf fois de quatre-vingt-dix-neuf manières différentes, dans l’édition souhaitée par Raymond Queneau. La prolongent, de façon exceptionnelle dans le présent volume, vingt-deux exercices supplémentaires et neuf variations publicitaires inédites.

L’occasion de redécouvrir une œuvre majeure, à la fois avant-gardiste et populaire, qui renouvèle avec humour les relations entre auteur, texte et lecteur.

En avril 1976, au Veterans Administration Hospital, à Los Angeles, vingt-cinq psychiatres, psychothérapeutes et psychologues se réunissent pour quatre discussions successives avec le psychanalyste britannique W. R. Bion.
Ce livre est la retranscription des propos recueillis lors de cette rencontre, où l’on questionne l’auteur sur certains de ses concepts, mais avant tout sur sa pratique analytique. Il fait partie de la série des séminaires cliniques donnés par l’auteur.

Tandis que les psychologues la placent à la racine du développement du nourrisson, que les psychothérapeutes en font leur atout essentiel et que les neurosciences essaient d’en déterminer les fondements biologiques, l’empathie devient presque la bonne à tout faire du management, du marketing, de la médecine, du travail social, de l’éducation, voire de la politique. Pourquoi un vocable aujourd’hui encore absent de certains dictionnaires connaît-il un tel succès ? D’où vient-il et, malgré les confusions qui l’entourent, que signifie-t-il ?

Jacques Hochmann propose un étonnant parcours dans l’histoire de la philosophie et de la psychologie, jusqu’aux recherches les plus fines d’aujourd’hui. Qu’était-ce que l’empathie « avant l’empathie », à l’époque où seule régnait la « sympathie » ? Tantôt moyen de se mettre à la place d’autrui, pour Freud et Husserl, tantôt tonalité affective, chez Scheler, Ferenczi ou encore Rogers et Kohut, quel a été son destin, en philosophie d’abord, puis en psychologie, en psychanalyse et dans les neurosciences ? Pourquoi est-elle centrale pour considérer de manière nouvelle des pathologies lourdes comme l’autisme infantile ou la schizophrénie ?

Auteur notamment d’une Histoire de l’autisme, de Pour soigner l’enfant autiste et de La Consolation, Jacques Hochmann est membre honoraire de la Société psychanalytique de Paris, professeur émérite à l’université Claude-Bernard et médecin honoraire des Hôpitaux de Lyon.

Le narrateur rencontre, dans un autobus, un jeune homme au cou long, coiffé d’un chapeau orné d’une tresse au lieu de ruban. Le jeune voyageur échange quelques mots assez vifs avec un autre voyageur, puis va s’asseoir à une place devenue libre. Un peu plus tard, le narrateur rencontre le même jeune homme en grande conversation avec un ami qui lui conseille de faire remonter le bouton supérieur de son pardessus.
Cette brève histoire est racontée quatre-vingt-dix-neuf fois, de quatre-vingt-dix-neuf manières différentes. Mise en images, portée sur la scène des cabarets, elle a connu une fortune extraordinaire. Exercices de style est un des livres les plus populaires de Queneau.

Tout désigne le Nu comme un phénomène qui a si bien « collé » à la culture européenne que nous n’en sommes jamais sortis. Tant il relie l’Occident d’un bord à la lettre, y compris la photographie, et a servi continûment de base dans la formation des Beaux-Arts. L’Église a pu rhabiller le sexe, mais elle a gardé le nu.

En revanche, s’il est espace culturel où le nu n’a jamais pénétré, où il soit resté complètement ignoré, c’est bien en Chine. Or, c’est là une donnée d’autant plus surprenante que la tradition artistique chinoise a largement développé la peinture et la sculpture des personnages.

Une absence aussi radicale, et qui ne souffre pas d’exception, exige donc qu’on l’envisage de plus près. Car elle renvoie à une impossibilité.

Nous voici donc conduits à nous interroger sur la condition de possibilité du nu : à quoi, d’un point de vue théorique, a-t-il dû de s’interposer entre la chair et la nudité, le désir et la honte ? Rouvrant ainsi un accès sensible à l’ontologie, François Jullien en fait le révélateur de notre quête de l’en-soi et de la présence, en même temps qu’il met au jour un nouvel objet d’autant plus intéressant à penser qu’il est à identifier par son absence : « le Nu impossible ».

De septembre 2009 à juin 2010, Fabienne Verdier s’est consacrée à relever un défi artistique dont elle ne mesurait pas l’ampleur. Dans son atelier, l’artiste s’est attelée au jour le jour à l’exécution de quatre fresques monumentales destinées aux murs du Palazzo Torlonia à Rome. Le photographe Philippe Chancel a posé durant près de dix mois sa caméra pour suivre la genèse de ces fresques et le travail de l’artiste, son atelier, ses gestes, son univers. Sont nés un film et un livre – dont les images sont issues du film –

Depuis sa première parution en 1998, Le groupe, espace analytique est devenu un ouvrage de référence pour tous les psychanalystes, psychothérapeutes, psychologues, psychiatres, mais aussi formateurs, travailleurs sociaux, éducateurs, enseignants, à qui il fournit des repères solides pour l’élaboration de leur pratique.

Jean Claude Rouchy y présente l’analyse de groupe, issue de la psychanalyse et d’autres disciplines, dans ses développements cliniques, théoriques, ouverts aux recherches internationales et aux avancées de ces dix dernières années, en référence notamment à Nicolas Abraham et Maria Torok, Salomon Resnik, René Kaës, André Green ou Claudio Neri. Cette nouvelle édition a été entièrement revue et augmentée, notamment par une approche interculturelle qui fonde une démarche innovante au plan clinique pour le traitement des perturbations liées à l’exil, à l’immigration, aux traumas sociaux, aux conflits inter et intraculturels.

Renouant avec la tradition des grands auteurs tels que Bion, Foulkes, Pichon-Rivière, son travail s’appuie sur une longue expérience clinique de la psychanalyse et de l’analyse de groupe, clairement posées ici comme des pratiques distinctes, mais aussi des groupes d’évolution, de supervisions d’équipes, d’analyse d’institution. Il témoigne d’une élaboration originale, rigoureuse et particulièrement féconde pour identifier et traiter la souffrance psychique à l’œuvre dans nos sociétés.

Jean Claude Rouchy, psychanalyste, analyste didacticien de groupe, rédacteur en chef de Connexions et de la Revue de psychothérapie psychanalytique de groupe. Ex-président de la Fédération des associations de psychothérapies psychanalytiques de groupe et de l’Association européenne d’analyse transculturelle de groupe, il est actuellement président de Transition – Analyse de groupe et d’institution, association européenne.

Sommes-nous faits pour le bonheur ? A lire cet essai de 1930, on peut en douter, notre existence étant plutôt caractérisée, selon Freud, par la violence, la souffrance et l’insatisfaction… Utilisant la théorie des pulsions élaborée quelques années plus tôt dans Au-delà du principe de plaisir, il explique pourquoi l’agressivité, l’hostilité et la cruauté sont inhérentes au genre humain, il dégage ce qui les relie au plaisir et à l’amour, et il montre à quelles conditions la culture permet de contrôler les pulsions de mort.

Reliant des thèmes aussi divers que le sentiment de culpabilité, l’égoïsme et l’altruisme, la liberté individuelle, la conscience morale, le travail, le plaisir sexuel ou les drogues, ce livre est essentiel pour qui veut comprendre la violence de notre société et répondre à la question : comment vivre ensemble ?

Dora a été victime d’une agression sexuelle à 13 ans. A 17 ans, elle est amenée chez Freud pour traiter sa « petite hystérie ». Que penser aujourd’hui de l’attitude de Freud face à cette jeune patiente ? Il semble bien que, loin d’être une cure exemplaire, ce cas traduit l’incompréhension totale de Freud de la sexualité féminine et de l’adolescence. Freud n’estime-t-il pas que Dora aurait dû céder à son agresseur ?

« Une heure n’est pas qu’une heure,
c’est un vase rempli de parfums,
de sons, de projets et de Climats »
Marcel Proust

Naissance d’une femme,
Un livre de Sam Guelimi

Il a été tiré de l’édition originale de cet ouvrage quinze exemplaires « Luxe » sur Rives Tradition Naturel 120 gr. numérotés de 1 à 15, quarante-cinq exemplaires « Noble » sur Pur Coton Absinthe 120 gr. numérotés de 16 à 60 et cent quatre-vingt-dix exemplaires « Normal » sur O-lin Naturel 90 gr. numérotés de 61 à 250.
Les 50 exemplaires suivants représentent un tirage hors commerce.

Son format est de 10cm x 18cm.

Une liste des obligations vis-à-vis de soi-même

Voici, pour l’adulte surdoué, un mémo d’exercices à faire au quotidien, de consoles à méditer pour retrouver une cohérence dans sa vie et renouer le dialogue avec soi-même.

  • Trouvez un sens à votre destin, à vos actes, à vos désirs.
  • Devenez conscient de ce qui a de l’importance à vos yeux, et rassemblez vos pensées et vos actions pour soutenir votre définition du sens.
  • Gardez à l’esprit que vous vous souciez davantage d’être aimé que d’être ce que vous aimez, et qu’il faut inverser cette tendance.
  • Votre réussite ne peut se construire en suivant le chemin tracé par les autres. Elle ne peut se bâtir que sur des choix personnels.
  • Personne ne peut établir pour vous le chemin que vous devriez prendre. Choisissez la voie que vous aimez, pour le meilleur et pour le pire.
  • Vous n’avez pas à faire carrière dans tout ce qui a du sens à vos yeux, mais il vous faut trouver une place pour quelque chose qui en a. c’est l’équilibre à trouver.
  • Votre personnalité ne détermine pas une réussite durable. C’est ce que vous faites avec votre personnalité qui compte.
  • Ceux qui bâtissent voient dans chaque expérience l’occasion d’apprendre. Une faiblesse, un pas en arrière n’affectent pas de façon durable leur confiance en eux-mêmes.
  • On ne peut réussir à trouver le bonheur, et une certain bien-être dans sa vie, sans s’impliquer avec foi et passion dans une action ou dans un travail de recherche. ces actions, recherche et travaux, il faut s’y engager sans compter sur une récompense en argent, en pouvoir ou en admiration de l’entourage. Il faut s’engager par ce que c’est essentiel pour soi.
  • Visez un succès durable : ce que vous faites doit avoir un sens profond pour vous, vous passionner au point d’en perdre la notion du temps, et en dépit des critiques.
  • Adoptez une nouvelle façon de penser, avec audace, optimisme et responsabilité.
  • Adoptez une nouvelle façon d’agir, avec efficacité. Ayez une idée précise de ce qui est à accomplir, tout en acceptant que sa réalisation ne sera jamais aussi parfaite que l’idée que vous en aviez.
  • Renoncez à aller très vite. Réprimez votre impatience chronique. Notre époque entretient le mythe que tout doit et peut se faire très vite. Or la vitesse n’est pas garante de la perfection ni de la réussite.
  • Réfutez le mensonge de notre époque : la réussite n’est pas dans la célébrité.
  • Utilisez les nouvelles technologies avec méfiance et parcimonie. Elles flattent votre surefficience intellectuelle et entretiennent l’arborescence de votre pensée ; elles vous permettent d’accomplir plusieurs tâches dans un même moment, abolir le temps et les distances, d’être toujours avec tout le monderons être jamais avec personne… cependant, elles augmentent en proportion votre solitude.
  • Rappelez-vous cette phrase du psychologie Robert Sternberg, auteur d’un ouvrage sur l’« l’intelligence qui réussit » : « L’intelligence devrait être de savoir quand penser et agir rapidement, et quand penser et agir lentement » ; et celle de l’écrivain James Thurber : « Tout homme devrait chercher à savoir avant qu’il ne meure ce qu’il cherche à éviter, ce qu’il recherche, et pourquoi. » […].
  • Apprenez à écouter ! Cela vous permettra d’entendre les petites voix étouffées depuis si longtemps et, ainsi, de mieux vous connaître pour être efficace dans vos choix. Savoir ce que vous désirez fera la différence entre la foi et le doute, le courage et la peur, le succès et l’échec.
  • Le dialogue intérieur contient les clés de vos perceptions, de vos décisions, de vos actions et de la meilleure façon de vivre votre vie.
  • Apprenez à distinguer entre celles de vos pensées qui résultent de ce que vous avez appris et que vos parents et vos enseignants vous ont répété tout au long de votre vie et celles qui émanent de votre sagesse intérieure. la méditation est un excellent moyen pour y parvenir.
  • Privilégiez les objectifs spirituels aux objectifs matériels. l’adulte surdoué est hautement sensible à tout ce qui est spirituel. Il est doté d’un haut sens de la justice et d’une profonde empathie à l’endroit de ceux qui souffrent. Et comme, le plus souvent, il juge le monde extérieur frivole et superficiel, il trouvera de la joie dans une consécration spirituelle ou dans l’accomplissement d’une vocation, bien plus qu’en gagnant de l’argent.
  • Rappelez-vous qu’être à ce que l’on fait, cultiver sa singularité, ce n’est pas se différencier, voire mépriser le monde, c’est s’en rapprocher et créer des liens avec lui.

Jean-Jacques Goldman, A nos actes manqués, album « Fredericks Goldman Jones », 1990

A tous mes loupés, mes ratés, mes vrais soleils
Tous les chemins qui me sont passés à  côté
A tous mes bateaux manqués, mes mauvais sommeils
A tous ceux que je n’ai pas été

Aux malentendus, aux mensonges, à  nos silences
A tous ces moments que j’avais cru partager
Aux phrases qu’on dit trop vite et sans qu’on les pense
A celles que je n’ai pas osées
A nos actes manqués

Aux années perdues à  tenter de ressembler
A tous les murs que je n’aurais pas su briser
A tout c’que j’ai pas vu tout près, juste à  côté
Tout c’que j’aurais mieux fait d’ignorer

Au monde, à  ses douleurs qui ne me touchent plus
Aux notes, aux solos que je n’ai pas inventés
Tous ces mots que d’autres ont fait rimer et qui me tuent
Comme autant d’enfants jamais portés

A nos actes manqués

Aux amours échouées de s’être trop aimé
Visages et dentelles croisés justes frôlés
Aux trahisons que j’ai pas vraiment regrettées
Aux vivants qu’il aurait fallu tuer

A tout ce qui nous arrive enfin, mais trop tard
A tous les masques qu’il aura fallu porter
A nos faiblesses, à  nos oublis, nos désespoirs
Aux peurs impossibles à  échanger

A nos actes manqués

Un patient dont la mère est récemment décédé, doit donner à la radio une conférence sur un sujet qui intéresse – il le sait – son analyste. Il lui en donne le texte à lire et le psychanalyste, en effet, écoute l’émission. En raison de la mort de sa mère, le patient se sent peu disposé à prononcer cette conférence, mais il ne peut l’annuler. Le lendemain, il arrive à sa séance dans un état d’angoisse et de confusion extrêmes. Son analyste, qui est certainement un homme d’expérience, lui interprète aussitôt cette souffrance. Cette interprétation « aurait pu être correcte », note Margaret Little. Elle se révèlera complètement fausse, le psychanalyste ayant attribué à son patient un sentiment de jalousie… qui n’était autre que le sien.

C’est par ce récit que commence le Contre-transfert et la réponse qu’y apporte le patient, l’un des sept textes que recueille ce volume. Ecrits dans les années cinquante et soixante par quatre femmes, quatre psychanalyste de langue anglaise, ils firent date dans l’histoire de la psychanalyse. Sur ce thème du contre-transfert dont Freud disait qu’ « il compte parmi les plus complexes » de la pratique analytique, et auquel Lacan qui en critiqua l’usage, associa le terme de « piège ».

« Le taoïsme est tellement plus éloigné de nous que telle doctrine antique ou médiévale qu’il nous procurera une nourriture infiniment moins accessible, et qui devra être débarrassée de la gangue qui l’entoure ; elle sera infiniment moins variée aussi et plus difficilement assimilable. Mais elle n’en aura pas moins une force telle que tous ses manques disparaîtront devant l’idée unique qui en forme le noyau substantiel, et qui, indéfiniment répétée et sous toutes ses formes, ébranlera l’esprit le plus rebelle après l’avoir scandalisé. Elle la forcera, cette idée, à voir ce qui l’entoure et lui-même sous un jour nouveau, comme si le rayon d’une étoile, lui parvenant après des millions d’années-lumière, remettait en question tout ce que notre Soleil nous a fait voir jusqu’alors. »