Les hommes ont tendance à vivre en jouant avec logique à certains « jeux » dans leurs relations avec autrui. Ils jouent à ces jeux pour toutes sortes de raisons : pour éviter d’affronter la réalité, pour cacher des motifs profonds, pour rationaliser leurs activités, ou pour rester « en dehors du coup ». Ces jeux – sauf quand ils se révèlent destructeurs – sont à la fois souhaitables et nécessaires. Le docteur Berne présente une analyse fascinante de trente-six jeux qu’il classe sous diverses rubriques : les « jeux vitaux » qui transcendent un mode spécifique de réaction dans une situation donnée, et affectent chaque action du joueur ; les « jeux conjugaux », auxquels deux personnes peuvent recourir afin de supporter une vie de frustration ou d’insatisfaction (un jeu conjugal des plus joués est celui de « la femme frigide », où l’un des deux joueurs provoque une discussion menant à la colère, à l’aliénation des sentiments, pour éviter les rapports sexuels) ; les « jeux sexuels », où quelqu’un provoque des réactions sexuelles chez quelqu’un d’autre, puis, agit comme si lui ou elle était la victime innocente ; les « jeux de société », sociaux par définition, et qui vont du cancan perpétuel au gémissement chronique ; les « jeux des bas-fonds » tel que « aux gendarmes et aux voleurs », pratiqués le plus souvent pour des gains matériels, mais pouvant aussi viser à des avantages psychologiques ; les « jeux du cabinet de consultation », peuvent être joués par un malade avec un médecin afin d’éviter la guérison. Le docteur Berne, poursuit dans cet ouvrage le développement et l’élaboration d’un concept qu’il a déjà décrit pour le spécialiste, et qu’il emploie dans son nouveau système de psychiatrie individuelle et sociale, où la thérapeutique de groupe tient lieu de méthode fondamentale, et où l’analyse des jeux forme un élément majeur du traitement. Le docteur Berne montre en outre comment ce concept peut aider à prendre une nouvelle conscience de soi, ainsi qu’à mener une existence plus constructive. Ce livre dont le succès est considérable aux Etats-Unis, traite de façon concise, claire et spirituelle un sujet profondément sérieux qui concerne chacun de nous de la façon la plus intime.

C’est la paire de lunettes la plus célèbre de l’histoire du cinéma. Le patient le plus assidu de tous les cabinets de psychanalyse. Le désespéré le plus hilarant de la littérature contemporaine. Le bavard le plus impénitent du septième art. Il s’est étendu sur des canapés innombrables. Il a mangé chinois, indien, pakistanais dans tout ce que New York compte de restaurants. On l’a vu déguisé en bouffon, en magicien, en révolutionnaire sud-américain, en soldat de l’armée du Tsar, en inventeur de machines volantes, en romancier en panne, en cinéaste aveugle, en escroc de bas étage, en spermatozoïde. Il a comparé les mérites de Shakespeare, Nietzsche, Dostoïevski avec ceux de Groucho Marx. Il nous a épuisés de ses gags, de ses névroses, de sa loufoquerie. Il a fait de ses déboires amoureux la matière d’une épopée sentimentale. Il a filmé Manhattan comme personne.

On a longtemps considéré Woody Allen comme un clown, un Louis de Funès new-yorkais. Il s’est imposé, en près de quarante films, comme l’une des figures centrales de la création contemporaine. Le Figaro hors-série lui consacre aujourd’hui sa 33e édition : un numéro exceptionnel de 114 pages, au fil desquelles vous découvrirez tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Woody Allen sans jamais oser le demander. La critique de l’intégrale de ses films y voisine avec l’évocation des thèmes qui rendent son oeuvre inimitable, le dictionnaire de ses aphorismes avec la reprise de ses dialogues les plus savoureux.

Illustré comme un ouvrage d’art, informé comme un livre, ce hors-série a toute sa place dans votre bibliothèque.

De septembre 2009 à juin 2010, Fabienne Verdier s’est consacrée à relever un défi artistique dont elle ne mesurait pas l’ampleur. Dans son atelier, l’artiste s’est attelée au jour le jour à l’exécution de quatre fresques monumentales destinées aux murs du Palazzo Torlonia à Rome. Le photographe Philippe Chancel a posé durant près de dix mois sa caméra pour suivre la genèse de ces fresques et le travail de l’artiste, son atelier, ses gestes, son univers. Sont nés un film et un livre – dont les images sont issues du film –

Pour reprendre les mots du professeur Sidney B. Simon : « Ce livre est un écrin, dans lequel on trouvera un joyau : le meilleur de Rogers. »

Inventeur de la « thérapie centrée sur la personne », Carl Rogers est considéré comme le plus influent de tous les psychologues américains. On lui doit seize livres et plus de deux cents articles.

Moins d’un an avant sa disparition, en février 1987, il avait entrepris de regrouper en un seul volume certains de ses écrits, s’assurant pour cela le concours de son biographe, Howard Kirschenbaum, et d’une collaboratrice de longue date, Valérie Land Henderson, qui ont, à la mort du grand psychologue, mené ce projet à son terme.

L’approche centrée sur la personne constitue la meilleure introduction possible à la vie et à l’œuvre de l’un des penseurs les plus créatifs et les plus novateurs du XXe siècle.

À travers des textes, dont la publication s’étend de 1942 à 1987, le lecteur découvrira l’homme évoquant l’origine de sa vocation ou encore son mariage ; le thérapeute aux prises avec des cas individuels mais aussi le chercheur, l’enseignant et l’humaniste, soucieux d’approfondir le dialogue par-delà les frontières. Il assistera à la naissance de la thérapie centrée sur la personne et, sous ses yeux, se déroulera une vie entièrement consacrée, par Rogers, aux idéaux qui furent les siens.

À côté de textes déjà publiés, cet ouvrage met à la disposition du public des documents dont l’originalité et l’importance avaient jusqu’alors été réservées au cercle étroit des revues spécialisées.

Le débat sur le statut du psychothérapeute et sur les relations entre psychanalyse et psychothérapie fait l’objet de cet ouvrage qui réunit les contributions de cinq grands noms du domaine. Ce livre détaille les caractéristiques du processus analytique dans les dispositifs psychothérapiques pratiques par les psychanalystes : face à face, psychodrame, situation groupale, travail avec les adolescents.

Suffit-il de supprimer les symptômes de la dépression pour en guérir ? Peut-on évacuer si facilement la souffrance psychique qui est au fond de l’état déprimé ? Peut-on, comme par enchantement, retrouver le désir de vivre, de rêver et d’agir ? Psychanalyste, Pierre Fédida montre ici pourquoi la psychothérapie aide à revivre. Les médicaments ont toute leur utilité, mais ils ne guérissent pas du malaise de l’existence. Pour cela, il faut être deux, et donner du temps — pas forcément longtemps. Alors, et alors seulement, la pensée, la parole et l’action redeviennent possibles. Et si la dépression survenait dans ces moments où la vie cherche à se protéger et à se transformer ? Alors, comment faire bon usage de la dépression ?

Pierre Fédida est membre de l’Association psychanalytique de France et professeur de psychopathologie à l’université de Paris-VII-Denis-Diderot. Il est directeur du Centre d’études du vivant.

L’actualité de la psychanalyse dans le monde : une sélection en français d’une dizaine d’articles du très prestigieux  International Journal of Psychoanalysis.
En 1920, Freud et Ernest Jones fondent The International Journal of Psychoanalysis (IJP), une prestigieuse revue mensuelle de psychanalyse. Cet ouvrage reprend les articles de l’IJP les plus intéressants pour le lectorat français parus au cours de l’année. La sélection est effectuée par un comité de rédaction composé de neuf psychanalystes de l’Association Internationale de Psychanalyse.
Son ambition : permettre aux psychanalystes du monde entier de confronter leurs pratiques et leurs modèles et ouvrir de nouvelles voies de réflexion. Le débat clinique et théorique entre psychanalystes est, en effet, l’instrument majeur de recherche dans cette discipline.
Sortir de son environnement linguistique et culturel pour mettre au travail ces différences, tel est l’objectif de cette prestigieuse collection. Elle est tout à la fois, une fenêtre ouverte sur le monde de la psychanalyse et sur la psychanalyse dans le monde.

La bonne question pour interpréter l’énoncé ne serait donc pas « qu’est-ce qu’il a dit ? », mais « qu’est-ce qu’il fait en disant cela ? ». C’est d’ailleurs ce que Freud avait déjà bien senti et théorisé en termes de transfert.

Jacqueline Cosnier, Du côté du non-verbal, Revue de psychothérapie psychanalytique de groupe n° 17, 1991

« Impulsion et maîtrise, science du passé et spontanéité de l’instant, Orient et Occident, le travail de Fabienne Verdier semble non se jouer des contraires mais vouloir les concilier en une inédite et paradoxale unité. (…) La liberté de son travail actuel ne s’explique que par la longue ascèse de son travail d’apprentissage de la calligraphie, vécue moins comme un exercice formel que comme vecteur d’une culture riche et complexe, celle de la pensée chinoise, puis au contraire par la relecture, à travers ce filtre spécifique, de sa culture première. (…) Ses dernières œuvres conjuguent monumentalité et fragilité, comme si, nouvelle Alice ayant traversé le miroir, après avoir effectué sa traversée des signes, elle avait retrouvé l’envie, à nouveau, de concilier l’inconciliable. »

Daniel Abadie

© C. Hélie / France Culture

Le surmoi ne prononce pas d’injonctions, il ne dit pas: « Tu dois », mais : « Tu aurais dû » ou : « Tu n’aurais pas dû » (il vous tutoie toujours celui-là, ce détestable ennemi intime qui prétend être votre ami, vouloir votre bien). Il vient constater la faute après qu’elle a été commise. L’effort de l’obsessionnel pour faire que la faute, fût-ce la plus infime, n’ait pas été commise, pour que ça ne soit pas arrivé (l’annulation rétroactive), vise à contrecarrer la voix du surmoi. Elle ne parvient qu’à la renforcer, à en accentuer la férocité, une férocité parfois doucereuse.

J.-B. Pontalis, En marge des jours

Zao Wou-Ki une donation exceptionnelle
Dessins, céramiques et encres de Chine, bronzes
et céladons de la collection du Maître

Musée Cernuschi 24 juin – 23 octobre 2016

L’entrée dans la collection du musée Cernuschi de la donation de Madame Françoise Marquet-Zao est historique.

Tout d’abord, elle rappelle que, dès 1946, les œuvres de Zao Wou-ki avaient été présentées pour la première fois en France au Musée Cernuschi. Vadime Elisseeff, alors conservateur au musée, avait eu le discernement et l’audace de présenter au public parisien cet artiste à la fois jeune et inconnu ! La presse de l’époque avait tout de suite reconnu le talent de Zao Wou-ki. Deux ans plus tard, le jeune peintre chinois arrivait à Paris, une ville qui allait demeurer l’espace privilégié de sa création.

Les œuvres de la donation évoquent justement cette période clé au cours de laquelle Zao Wou-ki multiplie les expériences techniques et chemine de la figuration vers l’abstraction. Ainsi pour le seul travail sur papier, l’artiste pratique le fusain, l’aquarelle, la gouache et bien sûr l’encre. Il réalise quelques portraits d’un trait sûr aux accents matissiens, s’inspire aussi bien de modèles vivants nus que de gravures et d’estampages chinois antiques. Après quelques années de rupture, il retrouvera la voie de l’encre à partir des années 1970 et ne la quittera plus. La série de compositions abstraites datées des décennies 1970 à 2000, illustre avec précision les multiples facettes de cette recherche.

Il faut également souligner l’extrême importance des objets antiques collectionnés par Zao Wou-ki pour les collections patrimoniales du musée Cernuschi. Il commence à les rassembler à partir de la fin des années 1960, mais c’est surtout à partir des années 1990 et 2000 que les acquisitions se font plus nombreuses, au gré des achats, des cadeaux d’amis à l’occasion d’anniversaire ou de visites à l’atelier. Ces pièces datées des Shang aux Qing, témoignent de plusieurs millénaires d’histoire de l’art de la Chine. Ces vases rituels, brûle-parfums aux patines vertes et bleutées, ces céladons aux formes simples sont aussi des sources irremplaçables pour tous ceux qui souhaitent connaître le goût et l’intérêt pour l’antiquité chinoise de Zao Wou-ki.

La donation compte également des œuvres des artistes chinois amis de Zao Wou-ki, en particulier Walasse Ting. Alors même que le musée Cernuschi prépare un hommage à cet artiste pour l’automne 2016, ces œuvres viennent enrichir les collections à point nommé.

Fondateur avec Jean Masurel de la collection d’art moderne du Lille Métropole Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut (anciennement musée d’Art moderne de Lille), le LaM, Roger Dutilleul croise la route de Modigliani en 1918, moins de deux ans avant la mort prématurée de l’artiste, peintre et sculpteur italien. C’est ainsi que le musée conserve l’une des plus belles collections publiques françaises du célèbre artiste : six peintures, huit dessins et une rare sculpture en marbre.
Une exposition événement réunit ce fonds exceptionnel et de nombreux prêts inédits début 2016. Une centaine de peintures et dessins de l’artiste sont présentés, aux côtés d’œuvres de Constantin Brancusi, Pablo Picasso, Jacques Lipchitz, Chaïm Soutine, Moïse Kisling, Henri Laurens, André Derain… Plusieurs approches sont proposées au visiteur : découverte du dialogue que l’artiste a entretenu avec la sculpture antique et extra-occidentale ou encore observation de sa pratique du portrait, autre dimension centrale dans son œuvre.
Le hors-série Beaux Arts éditions revient sur la vie et l’œuvre de l’artiste, sa rencontre avec le collectionneur Roger Dutilleul, tout en suivant le parcours de l’exposition et en proposant un éclairage sur les œuvres majeures de l’artiste. Un hors-série richement illustré.

Exposition au LaM,
du 27 février au 5 juin 2016

 

La rétrospective consacrée à George Desvallières (1861-1950) est l’occasion de découvrir la figure d’un artiste indépendant de toute école et curieux de toutes les formes d’art. Au-delà du parcours monographique illustré de nombreuses archives, l’ouvrage présente George Desvallières dans son ancrage parisien ainsi que son rôle dans le bouillonnement culturel du Paris de la modernité à travers une série de tableaux provenant pour la plupart de collections particulières.

Mais c’est certainement le sous-titre de la publication « La peinture corps et âme » qui traduit le mieux les préoccupations de l’artiste. Pour Desvallières, le corps humain demeure l’architecture suprême. Sa quête d’idéal s’incarne en des figures charnelles et héroïques.

Son retour à la  foi chrétienne en 1905, renforcée par l’expérience douloureuse des combats de la première guerre mondiale, en fit l’actif défenseur du renouveau de l’art sacré, formant aux côtés de Maurice Denis une jeune génération d’artistes chrétiens. Son enseignement prône un art audacieux, à la lumière de l’Evangile. Soldat durant la Grande Guerre, Desvallières fut l’un des tous premiers au retour du front à mettre en image l’expérience inouïe des combats grâce à toute une série d’œuvres monumentales.

L’ouvrage restitue le parcours de l’artiste tout en offrant un décryptage de son œuvre grâce à une série de courts essais qui mettent en perspective sa démarche l’artiste, tandis qu’un choix de notices détaillées conduit le regard du lecteur au plus près des œuvres majeures présentées dans l’exposition.

Kazuo Shiraga (1924 – 2008)
Sans titre
1957
Huile, aquarelle, encre de Chine sur papier marouflé sur toile
181,5 x 242,5 cm
Inscriptions : S.D.B.DR. en japonais : signature / 1957
Toile peinte avec les pieds

La Structure de la Magie forme un duo d’ouvrages audacieux, pédagogiques et visionnaires, fondant une approche dont on connait le fantastique développement. Ce tome 1 décrypte les secrets du langage. Il montre comment la grammaire transformationnelle a profondément influencé la psychologie expérimentale. Le livre a été explicitement conçu pour permettre aux personnes travaillant sur la complexité du comportement humain de prendre la mesure des découvertes de la grammaire transformationnelle. Il fournit un ensemble d’outils concrets pour devenir meilleur thérapeute.