Proclamation de l’Islam en France de la Grande Mosquée de Paris :

1. L’islam en France n’est ni un nouvel islam, ni une innovation. L’islam en France est simplement la clarification du dogme au regard des réalités d’aujourd’hui. L’islam en France est la résultante de la réinterprétation du texte dans le contexte, c’est-à-dire l’ijtihad.

2. Tout musulman doit prendre garde à ne pas chercher sa culture religieuse auprès de sources, de prédicateurs, de prêcheurs télévisuels, qui ne sont pas reconnus par les savants les plus respectés de la communauté. Il doit préférer directement lire les écrits de tels savants. Il doit se prémunir en la matière du péché de vanité, qui consiste à donner des leçons à autrui sur ce qu’est un bon ou un mauvais musulman quand on n’a soi-même qu’une culture religieuse péremptoire, superficielle et approximative.

3. Tout musulman doit prendre garde à ne pas verser dans l’observation irréfléchie et obsessionnelle de règles sans finalité spirituelle. Tout musulman doit se prémunir des diversions superficielles, pour se concentrer sur le respect des principes spirituels de sa foi.

4. Est musulman celui qui croit en l’unicité d’Allah, dieu unique et universel, et en la révélation divine faite au dernier prophète Mohammed (paix et bénédictions soient sur lui).

5. Tout musulman a le devoir de respecter l’éthique de réciprocité : il faut en tous points traiter autrui comme l’on voudrait soi-même être traité. La tradition prophétique dit en effet : « Vous ne serez musulmans que quand vous voudrez pour les autres ce que vous voulez pour vous-mêmes. »

6. Tout musulman a le devoir d’être miséricordieux : le saint Coran insiste sur la nécessité de savoir pardonner.

 7. Tout musulman a un devoir de solidarité : il doit pratiquer l’aumône au bénéfice des plus pauvres, à proportion de ses moyens.

8. Tout musulman a le devoir de cultiver sa connaissance des sciences et des savoirs de tous ordres. Il s’ensuit que l’obscurantisme, le refus de la science, le refus du progrès scientifique, sont des lectures erronées de l’islam.

9. Allah a créé l’Univers et tout ce qu’il contient. Les théories scientifiques actuelles les plus avancées laissent sans réponse la question de la cause première de la naissance de l’Univers. Il s’ensuit qu’elles sont compatibles avec l’islam.

10.    Allah a créé l’humanité. Il n’y a nulle contradiction entre la création de l’humanité selon le saint Coran, qui révèle métaphoriquement qu’Adam a été façonné à partir de la terre, et les théories scientifiques actuelles les plus avancées, selon lesquelles l’humanité a été façonnée au fil de l’évolution successive d’espèces terrestres.

11.    Allah a créé l’humanité en la voulant fraternelle. Tout musulman doit donc militer en toutes circonstances pour la paix et contre la guerre, pour la fraternité et contre le racisme, pour les paroles de concorde et contre les paroles de haine.

12.    Lorsqu’il entend quiconque asséner des mensonges et des préjugés sur ce qu’est l’islam et sur ce que sont les musulmans, la meilleure réponse d’un musulman est d’accomplir des actes de bienfaisance.

13.    Comme le rappelle la tradition prophétique, la pratique de la prière ne doit en aucune manière produire du désordre ou du trouble.

14.    La France n’est pas une terre d’islam : elle est une terre où coexistent plusieurs religions dont l’islam, ainsi que des habitants qui sont athées ou agnostiques. Dans ce contexte, tout musulman doit évidemment respecter les valeurs et les lois de la République française. Par exemple, puisque le blasphème et la caricature religieuse sont autorisés par la loi française, l’on peut s’en déclarer blessé ou offensé mais il ne faut ni exiger leur interdiction ni réagir par la violence. Plus largement, bien évidemment, nul musulman n’a le droit d’exiger que la France modifie ses valeurs et ses lois pour convenir à sa propre foi, tout comme nul chrétien, nul juif, nul athée, nul agnostique, n’en a le droit.

15.    Au sens de la loi de 1905, la laïcité est un principe de neutralité de l’État, de l’administration, des services publics, et des fonctionnaires, en ce qui concerne les religions et la spiritualité. En d’autres termes, la République française ne finance aucun culte, n’accepte aucune demande formulée au nom d’un culte, ne favorise aucun culte, ne pratique pas d’ingérence dans la vie d’un culte, et se contente de donner aux communautés religieuses les mêmes droits et les mêmes devoirs qu’à toute association d’habitants du pays, qu’elle soit cultuelle ou pas. Sa définition ainsi rappelée, l’existence du fait religieux musulman dans la société française est compatible avec la laïcité.

16.    La laïcité n’est pas un principe d’intolérance envers la manifestation du fait religieux dans l’espace public. Celles et ceux qui veulent la redéfinir ainsi se fourvoient et méconnaissent gravement la loi de 1905.

17.    Concernant les versets consacrés au devoir de chasteté et de pudeur en matière vestimentaire pour les hommes et les femmes, il faut retenir le principe général d’une tenue vestimentaire pudique en toutes circonstances, et non pas les vêtements précis qui sont cités. Il s’ensuit qu’hommes et femmes de confession musulmane ont simplement le devoir de s’habiller d’une façon décente.

18.    Dans un esprit de contextualisation nécessaire aux pratiques de la foi musulmane aujourd’hui, les châtiments corporels, la polygamie, ne se justifient plus et n’ont plus lieu d’être. Dans le même esprit, l’égalité entre hommes et femmes s’impose.

19.    Dans ses relations sociales, familiales et affectives, tout musulman doit faire preuve d’une maturité épanouie et responsable.

20.    Dans sa vie quotidienne, tout musulman doit faire preuve de tempérance et chercher le juste milieu.

21.    Tout musulman consomme de la viande halal. La souffrance animale ne saurait être admise par Allah. Il est donc nécessaire de réduire au maximum la souffrance causée à l’animal.

22.    Durant le mois de Ramadan, tout musulman s’abstient de boire, de manger, d’avoir des relations sexuelles, et de fumer s’il est fumeur, depuis l’aube jusqu’au coucher du soleil, afin de commémorer la révélation coranique. En cas d’incapacité, le croyant est tenu de remplacer son jeûne par une aumône ou par le fait de jeûner un autre jour. Les personnes malades, ainsi que les femmes durant leurs menstruations et leur grossesse, sont dispensées du jeûne. La règle qui suspend le jeûne lorsque l’on est en voyage ne vaut évidemment pas pour un trajet de quelques heures en train ou en avion. En outre, le Ramadan implique que les musulmans fassent montre de respect à l’égard du voisinage : il ne faut pas importuner la population, notamment pendant la nuit.

23.    Le prophète Mohammed (paix et bénédictions soient sur lui) avait proclamé lui-même, au moyen de la Constitution de Médine, que tous ceux qui croient en l’unicité d’Allah, qu’ils soient musulmans, juifs ou autres, faisaient partie de la même communauté du Livre. Il s’ensuit que toute forme d’antisémitisme est contraire à l’enseignement du prophète Mohammed lui-même (paix et bénédictions soient sur lui). Plus largement, sur son exemple, l’islam implique les vertus de tolérance et de bienveillance, car seul Dieu est juge.

24.    Il est explicitement interdit à tout musulman de déclencher une guerre, car ce type de djihad n’est permis qu’en situation de légitime défense contre un agresseur (Coran 2, 190). En outre, si l’adversaire est disposé à faire la paix, les musulmans ont le devoir de chercher eux aussi à obtenir la paix. Il s’ensuit que les criminels qui se prétendent « djihadistes » sont des usurpateurs impies du djihad et par voie de conséquence, des usurpateurs impies de l’islam, qui est la religion de la paix.

25.    Le djihad le plus noble est l’effort de maîtrise de soi, de dépassement de soi, pour atteindre les vertus du meilleur des musulmans.

Fait à Paris, le 28 mars 2017.

Le recteur de la Grande Mosquée de Paris,

Docteur Dalil Boubakeur

© Mélanie Gribinski

Cette petite fille qui va à la gare avec son père et sa mère prendre le train pour la première fois, on la fait monter difficilement, on l’installe, on abaisse la tablette, on lui donne des jouets, un livre, le train démarre, roule. Tout d’un coup la petite fille s’affole : « Où est le train ? » La mère lui dit « Ben, il est là, nous sommes dedans. » La petite fille dit : « Non, je veux descendre, où est le train ? » Alors à ce moment-là que se passe-t-il ? En général le père ou la mère donne une paire de gifle en disant « tais-toi » pendant que l’autre prend un air penaud d’avoir un enfant aussi sot. Quelque fois un voyageur avisé va prendre l’enfant par la main, la ramener jusqu’à la portière et lui fait faire à rebours tout le trajet de la portière au compartiment en l’accompagnant d’une présence attentive. Hé bien ce voyageur avisé c’est un peu le psychanalyste et les mains dont il se sert ce sont des mots.

Didier Anzieu, Bienfaits et méfaits de la psychanalyse, émission Apostrophe, 18 mars 1977

« Dictionnaire freudien » parce que, de même que l’inconscient est une découverte de Freud, la psychanalyse est sa création : ainsi, tous les concepts qui s’y rencontrent sont, de fait, des concepts freudiens ; ils s’y fondent et s’en inspirent, fussent-ils d’apparition récente.
« Être un outil » est la raison de ce dictionnaire ; un outil « universel » — au sens où il peut y avoir une clef ou une pince « universelle » — utilisable pour des tâches aussi simples que de retrouver une référence de Freud, aussi complexes que de préparer un livre qui en appelle à tel et tel de ses concepts; d’usage aisé pour l’analyste expérimenté comme pour l’étudiant débutant, voir le lecteur curieux. C’est pourquoi les différentes parties de chaque article (la définition proprement dite ; une mise en situation historique, linguistique et culturelle ; le suivi attentif de la notion dans le texte freudien ; les questions et enjeux qu’elle peut susciter) sont immédiatement repérables par leurs présentations distinctes. Les passages des textes de Freud évoqués (et bien évidemment les citations) sont référés en notes, avec précision, leurs paginations données dans l’édition française « commune », dans les Œuvres complètes de Freud en français, et dans le texte allemand des Gesammelte Werke — avec la volonté de fournir à l’usager du dictionnaire des repères clairs et précis.
Le corpus freudien est extraordinairement riche ; il est surtout évolutif, fait de remises en questions et d’incertitudes avouées, de repentirs et d’intuitions, de corrections soudaines ou graduelles des assertions premières, d’élans inspirés porteurs de conceptions inattendues pouvant parfois, aujourd’hui encore, paraître confondantes. Reprenant pas à pas ce corpus, de notion en concept, ce dictionnaire offre une occasion de redécouvrir la pensée de Freud — voire, au gré de chacun et pour lui-même, de la réinventer.

L’éros est un principe de vie, une pulsion de force vitale, un besoin de dépassement, d’accomplissement, d’accouplissement.

L’éros est un ressort. Un formidable stimulant pour la création. Dès que l’homo sapiens a ressenti le besoin de s’exprimer, l’érotisme a été la voie souveraine de l’imaginaire.

Constituée, en 1996, à Lausanne, la Fondation Internationale d’Arts et Littératures Erotiques – F.I.N.A.L.E – s’est donnée pour but de «réunir les créations inspirées par l’érotisme, sous forme d’écrits, d’oeuvres d’art, d’objets ou de divers supports, en désirant être un centre de documentation et de conservation des expressions érotiques et des comportements amoureux.»

Dans le monde francophone, F.I.N.A.L.E. est unique, car il n’y a pas d’autres lieux qui archivent le patrimoine lié à l’érotisme.

éros, indéfiniment a puisé dans les riches collections de la Fondation pour présenter ses trésors et singularités.

Littérature, éditions, revues, cinéma, prostitution, sexologie, LGTB, bandes dessinées, jeux & Cie, spectacles de cabarets, gastronomie, mort, censures, … tels sont quelques-uns des chapitres traités.

Sur 432 pages : des dessins, photographies, ex-libris, livres, magazines, objets, … avec 1’300 images.

Par leurs contributions originales, dix-neuf auteur(e)s ont élargi éros, indéfiniment : Julien Bodivit, Philippe Brenot, Rolf Burger, Thierry Chatelain, Isabelle Falconnier, Jean-Luc Fornelli, Michel Froidevaux, Benoît Junod, Pierre Yves Lador, Viviane Morey, Danièle Mussard, Patrick Morier-Genoud, Michel Pennec, Emmanuel Pierrat, Michel Rime, Jean-Marc Schillling, Claude-Hubert Tatot, Chloé Voillat, Véronique Willemin.

Par dessus tout, il convient de célébrer indéfiniment l’éros.

Le Naturisme un mouvement actuel qui invite au respect de soi, de l’autre et de son environnement.

Qu’est ce que le naturisme ?

Le respect de soi-même et des autres, avant tout ! Le naturisme prône le respect de chacun, de ses différences et de ses particularités. La nudité en commun permet d’accepter le corps avec ses qualités mais aussi ses défauts. 
C’est un véritable retour aux sources. Loin du stress quotidien, le corps se libère, l’esprit s’ouvre et recherche l’harmonie avec la nature. Tout naturellement, chacun contribue à préserver le calme et la propreté de son environnement. 
C’est une convivialité partagée! La famille et les amis sont au coeur des vacances naturistes.

Quelles sont les origines du naturisme ?

En France, le terme de naturisme fut employé pour la première fois en 1776 par le docteur Planchon dans un livre prônant une meilleure hygiène de vie, grâce à l’observation des lois naturelles. Mais c’est surtout dans les années 20 que le naturisme prit son essor, sous l’impulsion de médecins hygiénistes préconisant un mode de vie plus sain. Le mouvement naturiste a été reconnu dès le Front Populaire par Léo Lagrange. C’est en France qu’a été ouvert en 1950 le premier centre de vacances naturiste en Europe, en Gironde.
 Puis le mouvement s’est structuré, via une Fédération Nationale (FFN), Internationale (FNI) et le développement de clubs, associations et centres de vacances naturistes.

Qu’apporte le naturisme ?

Grâce au contact direct avec les éléments naturels et notamment celui de l’air ou de l’eau avec la peau, le naturisme procure un sentiment de bien-être indéniable. 
Le naturisme, c’est être bien avec soi-même, pour être mieux avec les autres, dans le cadre d’une nature préservée et respectée.

Quelle est la différence entre le nudisme et le naturisme ?

Le nudisme, c’est tout simplement le fait de ne pas porter de vêtements ou de se baigner nu. Le naturisme va plus loin que le nudisme puisqu’il relève d’une certaine approche comportementale. Les naturistes se veulent près de la nature et recherchent un style de vie sain, un environnement naturel et préservé.

Peut-on se mettre nu partout en France ?

La nudité en public n’est pas autorisée et peut être passible de poursuites. Néanmoins le législateur a précisé : « L’incrimination a été formulée de manière à écarter toute possibilité de poursuivre à l’encontre de personnes se livrant au naturisme, dans des lieux spécialement aménagés à cet effet ». 
Pour vivre naturiste, libre et heureux, il suffit donc de fréquenter un espace naturiste autorisé ! C’est notamment le cas des plages qui sont agréées par un arrêté préfectoral ou municipal.

Doit-on toujours être nu dans les centres naturistes ?

Les naturistes préfèrent être nus, mais s’habillent au besoin. Dans les centres de vacances, le port des vêtements est toléré dans certaines circonstances (conditions climatiques en particulier) ou pour la pratique de certaines activités sportives. 
Les naturistes estiment que les vêtements n’ont pas été conçus pour masquer le corps.
 Dans les centres, les règles de port du vêtement peuvent varier, mais la nudité est généralement de mise lorsque la température le permet et obligatoire à proximité des piscines et des lieux de baignade. 
Le mieux reste encore de consulter chaque centre pour connaître sa politique quant à la nudité.

A-t-on besoin d’une licence naturiste en France ?

En France, la licence (de la Fédération française de naturisme ou de la Fédération Internationale de Naturisme) est indispensable pour participer aux activités d’un club et avoir accès à certaines activités (piscines, saunas et gymnases par exemple), aux interclubs, aux centres de vacances agréés du monde entier et l’entrée à titre d’essai dans un autre club. Le mieux est de se renseigner auprès de chaque centre avant un séjour pour savoir si la licence y est exigée ou pas (les centres demandant une licence le précisent sur leur site internet).

Depuis des années, Monique de Kermadec est à l’écoute de la solitude et de l’extrême difficulté à s’intégrer des adultes surdoués. Elle explore ici la souffrance particulière de ces personnalités à part et ses conséquences sur la famille, la profession, ou l’amour. Et propose d’y remédier par un travail de reconnaissance de la souffrance, par l’acceptation de son abandon, par le travail de résilience.

Il est possible de sortir de situations d’échec en créant un lien nouveau avec le monde… à condition de s’en donner les moyens. Mais les outils thérapeutiques à disposition aujourd’hui ne conviennent pas tous aux adultes surdoués. Ce livre en propose une évaluation critique afin de les orienter vers les outils qui leur seront d’une aide efficace.

Forte de son expérience de thérapeute, Monique de Kermadec apporte ainsi un démenti lumineux à l’idée que souffrir serait une fatalité.

Suite à d’étranges rêves, le Roi d’un pays lointain, conseillé par son Sage et son Bouffon, décide de convoquer le premier Grand Tournoi de la Vérité. Les concurrents sont des athlètes de haut niveau ; leurs disciplines sont l’athéisme et les grandes religions du monde. A la recherche de la Beauté éternelle et de la Sagesse véritable, ils mettront tout en œuvre pour se dépasser et communiquer le meilleur d’eux-mêmes.

Mais que se passe-t-il quand un juif, un chrétien, un musulman, un hindou, un bouddhiste et un athée se rencontrent ?

Qui sortira vainqueur de cette compétition ?

Une fable brillante et pleine d’humour, où les religions sont au cœur d’un récit passionnant.

Le peintre et l’empereur

Un Fils du Ciel, dont l’histoire n’a pas retenu le nom, avait fait venir dans son palais le peintre le plus réputé de son empire. C’était un homme sans âge qui vivait dans un ermitage accroché aux flancs d’une montagne farouche. L’empereur lui commanda une fresque pour ses nouveaux appartements. Il voulait qu’y soient représentés deux dragons, l’un bleu et l’autre jaune, symbole des deux énergies primordiales dont l’union engendre l’harmonie céleste.

Le peintre promit de réaliser son chef-d’œuvre, d’y mettre la quintessence de son art, mais posa ses conditions : du temps, des vivres et des fournitures illimitées. Puis l’artiste reprit le chemin de son ermitage.

Les mois passèrent, pendant lesquels les caravanes charriaient vers le refuge du peintre provisions, torches, pinceaux, poudres d’or et de couleurs. Un an s’était écoulé et l’artiste n’avait toujours pas quitté sa retraite. L’empereur enrageait à chaque fois qu’il passait devant le mur désespérément vide. Il envoya un message au peintre, le sommant de venir au plus vite achever son travail. Mais l’artiste lui fit parvenir une lettre où il demandait, avec toutes les formules de politesse d’usage, un délai, et des fournitures supplémentaires. Il avait encore besoin d’un peu de temps car il approchait du but, il était sur le point de repousser les limites de son art. Intrigué, l’empereur accepta.

Six autres mois passèrent et, ne pouvant plus supporter le mur blanc qui semblait le narguer, le Fils du Ciel le fit recouvrir d’une immense tenture. Trois ans s’étaient écoulés quand le peintre, que l’empereur avait presque fini par oublier, refit son apparition à la cour. La tenture fut retirée et l’artiste peignit la fresque. Quand elle fut terminée, l’empereur vint contempler ce chef-d’œuvre tant attendu. Il découvrit alors avec stupéfaction deux espèces de zigzags grossièrement esquissés, l’un bleu et l’autre jaune. Cela ressemblait vaguement à deux calligraphies ! Et ce n’était même pas les idéogrammes du dragon ! Le visage impérial revêtit tour à tour le masque de la stupéfaction, le rictus de l’indignation pour exploser en grimace de colère. Et Sa Majesté, furibonde, fit jeter en prison le peintre qui s’était si bien moqué d’elle et dont l’entretien fort long avait fini par coûter cher.

L’empereur avait fait installer son lit face à la fresque car il avait souhaité contempler le chef d’œuvre en s’endormant. C’était plutôt raté mais, épuisé par tant d’émotions, il n’eut pas le courage de faire déplacer sa couche et s’y allongea, tournant résolument le dos à l’odieux gribouillage !

Au plus profond de la nuit, des rugissements réveillèrent le maître de la Chine. Celui-ci se tourna vers la fresque et, dans la pièce tout embrasée par un clair de lune, il crut voir deux éclairs, pareils à des dragons, l’un bleu et l’autre jaune. Ils s’affrontaient, s’enlaçaient, se repoussaient, échangeaient leurs places en une danse infinie.

Le lendemain, à l’aube, l’empereur fit sortir le peintre de son cachot pour qu’il lui explique sa vision nocturne. Le vieil artiste sourit et lui dit que la réponse se trouvait dans son ermitage.

Après avoir longtemps chevauché jusqu’à la montagne farouche, puis grimpé un sentier qui serpentait le long d’un précipice vertigineux, le peintre fit entrer l’empereur dans sa cabane adossée à la paroi rocheuse. Au fond de la cahute s’ouvrait la bouche béante d’une caverne qui pénétrait dans les entrailles de la montagne. Le peintre alluma une torche et guida le Fils du Ciel dans l’obscurité. Sur les parois, tout près de l’entrée, étaient peints des dragons bleus et jaunes comme l’empereur les avait tant espérés, avec tous les détails les plus réalistes, les écailles luisantes, les griffes acérées, les naseaux fumants… Mais à mesure que la torche s’enfonçait dans les profondeurs, elle réveillait des images de plus en plus épurées pour aboutir à de simples lignes de force. Il ne resta plus à la fin que l’essence vibrante des dragons, les énergies primordiales figurées par les mêmes traits de couleurs que ceux tracés sur la fresque.

Alors l’empereur prit chaleureusement les mains du vieux peintre et lui sourit, tout émerveillé d’avoir marché à son tour dans les pas de l’artiste, au coeur de la montagne farouche.

Véritable somme encyclopédique des techniques psychanalytiques, expliquées, commentées et resituées dans leur contexte théorique, ce livre, issu d’un enseignement donné pendant quarante ans, offre au lecteur une vue complète de toutes les pratiques psychanalytiques. Sigmund Freud, Anna Freud, Melanie Klein, Jacques Lacan ou Donald W. Winnicott : toutes les grandes figures de la psychanalyse sont ici présentées de manière à faire comprendre au lecteur les spécificités de leur technique. Aucun ouvrage de cette envergure n’avait été publié depuis celui d’Edward Glover en 1928.
Les différents thèmes y sont exposés selon une méthodologie historique, en observant comment surgissent et se développent les concepts, comment se nouent et se précisent les idées – comment aussi, parfois, elle s’estompent et se confondent.

Persuadé que la défense obstinée des idées reçues tient davantage à l’ignorance qu’à l’enthousiasme, l’auteur a tenu à s’éloigner des opinions extrêmes comme de l’éclectisme complaisant ou l’intransigeance des positions partisanes. Il en résulte un livre qui résume une longue expérience et qui sera utile à la réflexion des analystes, des étudiants et de tous ceux qu’intéresse l’univers psychanalytique.

Si ce livre peut avoir un certain mérite, c’est dans la mesure où il aidera l’analyste à trouver sa propre voie, à être cohérent avec lui-même.

R. Horacio Etchegoyen

Le taoïsme est un grand courant de pensée qui imprègne depuis l’Antiquité toute la culture chinoise. Mal connu jusqu’à aujourd’hui en Occident, cette philosophie est redécouverte grâce à l’engouement actuel pour les arts et disciplines qui s’en inspirent (Tai-chi, Qigong…). Le coffret les Maîtres du Tao réunit trois textes, tous édités dans la collection « Spiritualités vivantes », qui, au cœur de l’enseignement taoïste, ont acquis le statut de classique :

– Le Tao te king ou « Livre de la Voie et de la Vertu » de Lao tseu (Laozi) enseigne la conduite à tenir pour vivre en harmonie avec le Tao. Le livre comprend 81 courts chapitres sous forme d’aphorismes et d’images poétiques.

– Tchouang tseu illustre le principe de la transformation des êtres. Collection d’essais, de poèmes et d’histoires, Le Rêve du papillon se présente sous forme de paraboles et d’allégories.

– Le Traité ou « Vrai classique du Vide parfait », de Lie tseu (Liezi), présente des compilations sur le vide et la cosmologie.

« C’est ce que je fais qui m’apprend ce que je cherche » : en montrant les gestes de son travail, Soulages nous conduit au plus près de l’incertitude et du mystère de la création.

Bonus :
Séquences inédites, diaporama des photos de Willy Maywald dans l’atelier de Pierre Soulages dans les années 1950, remise à Soulages du prix Praemium Imperiale (1992), entretien avec Pierre Encrevé et Alfred Pacquement, commissaires de l’exposition consacrée à Pierre Soulages en 2009 au Centre Pompidou.

Réalisation : Jean-Noël Cristiani.

Les cinq besoins de base du cerveau [des surefficients mentaux]

Parlons maintenant des besoins de votre cerveau. Il ne s’agit pas de lubie, de caprice ou de petits luxes mais de besoins bien réels. Si l’un de ces besoins n’est pas rempli, votre cerveau est en souffrance. Au fur et à mesure que j’énumère ces besoins, les surefficients mentaux se rendent compte qu’ils les connaissent très bien. Ils ressentent le manque et la souffrance quand ils ne respectent pas ces besoins, mais jusque-là, ils n’avaient pas pris la mesure de leur importance.

Nourrir son cerveau d’apprentissage

Votre cerveau adore apprendre. Sans apprentissage, il déprime et rumine. Comme il a besoin de complexité, il va monter en épingle les moindres éléments qui seront à sa portée, sans y trouver pour autant les nutriments dont il a besoin. Faites-vous plaisir : qu’est-ce que vous auriez adoré apprendre ? Dans quel domaine l’école vous a frustré en ne faisant qu’effleurer une matière qui méritait d’être approfondie ? Il y a sûrement des programmes scolaires dont vous avez loupé la subtilité parce que le contenu était mal présenté ou que le prof était antipathique. Dans un coin de votre tête, vous le regrettez probablement : j’aurai du m’intéresser davantage à… Vous pouvez aussi développer vos capacités dans tous les domaines : décoration, jardinage, cuisine, bricolage, etc.

Quoi que vous désiriez apprendre, vous le pouvez. Il y a deux règles de base :

  • Si vous ne comprenez plus, c’est que vous êtes en train de compliquer quelque chose de plus simple que vous ne le pensez.
  • Apprendre nécessite une phase de persévérance. Même si ça devient un peu complexe ou ennuyeux, c’est un cap à passer.

Accrochez-vous et régalez-vous.

Faire du sport

Le sport va vous aider pour canaliser cette incroyable énergie. C’est une constante en consultation : quand on aborde ce sujet, les surefficients mentaux qui ne font plus de sport réalisent que le sport leur faisait un bien fou et à quel point ça leur manque de ne plus bouger. De plus, le sport aide à combler le déficit de sérotonine et vous bourre de dopamine, votre drogue favorite. C’est certainement par le sport et la relaxation que vous pouvez le mieux améliorer la qualité de votre sommeil. Faites un trou dans votre emploi du temps pour pouvoir y caser le temps nécessaire pour vous défouler.

Exploiter sa créativité

Un cerveau surefficient est fait pour créer. Qu’il s’agisse de création manuelle, intellectuelle ou artistique, votre cerveau doit pouvoir imaginer, inventer, concevoir, fabriquer, produire, construire… Non sollicité sur un projet excitant, il erre dans son arborescence, s’ennuie et déprime. Alors il se déconnecte des réalités quotidiennes et finit par se demander à quoi il sert.

Idéalement, cette créativité devrait être la première raison d’être de votre activité professionnelle. Il y a un énorme gâchis à ne pas exploiter à fond la force créative des cerveaux surefficients. Le plus désolant est quand un surefficient mental travaille dans une fonction purement exécutive, largement en dessous de ses capacités intellectuelles, sans autonomie, écrasé par la lourdeur institutionnelle. […].

De l’art

Indépendamment de votre besoin de créativité, votre cerveau a besoin d’art, c’est-à-dire de « beau » au sens le plus large. […]

De l’affectif : ocytocine et sérotonine

On en parle depuis le début du livre. Vous êtes un gros bisounours ayant besoin que l’amour et la tendresse circulent en abondance dans votre vie. Vous en avez des montagnes à donner, vous savez recevoir aussi. Vous aimez vivre dans le respect et la collaboration avec des gens de bonne volonté ayant les mêmes valeurs que vous. Alors, devenez sélectif dans le choix de vos intimes. […]

Cet art qu’est la psychanalyse est une introduction indispensable à la théorie et à la clinique d’un des psychanalystes les plus éminents de notre époque. C’est à travers l’exploration (clinique, surtout) du rôle du rêve dans le monde psychologique que Thomas Ogden nous offre ici une approche novatrice de la psychanalyse contemporaine.
Revenant sur les travaux de Freud, Klein, Winnicott et particulièrement inspiré par Bion, l’auteur développe l’idée que la souffrance psychique est une manifestation de l’échec de l’individu à rêver son expérience. Ses recherches sur le rôle d’un analyste qui, par le biais du transfert/contre-transfert, participerait à l’activité onirique du patient sont illustrées par le compte rendu élégant et très détaillé de sa clinique, proposant ainsi non seulement des perspectives inédites pour la pratique, mais aussi une façon différente d’aborder l’écriture analytique. Le chapitre sur ce qui est vrai dans une séance ou celui sur les valeurs qui guident sa conduite avec ses patients (l’éthique de l’analyste) sont à ce titre des exemples clairs et directs de sa conception de la position d’analyste. Loin de se borner à nous transmettre un ensemble de préceptes ou de techniques, Ogden raconte et explicite, à l’aide de nombreux exemples, une façon d’être avec les patients – avant tout, humanisée, présente, disponible, impliquée et généreuse.

Jean-Jacques Goldman, Veiller tard, album [Minoritaire],1982

Les lueurs immobiles d’un jour qui s’achève
La plainte douloureuse d’un chien qui aboie
Le silence inquiétant qui précède les rêves
Quand le monde a disparu l’on est face à soi

Les frissons où l’amour et l’automne s’emmêlent
Le noir où s’engloutissent notre foi, nos lois
Cette inquiètude sourde qui coule en nos veines
Qui nous saisit même après les plus grandes joies

Ces visages oubliés qui reviennent à la charge
Ces étreintes qu’en rêve on peut vivre cent fois
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard

Ces paroles enfermées que l’on n’a pas pu dire
Ces regards insistants que l’on n’a pas compris
Ces appels évidents, ces lueurs tardives
Ces morsures aux regrets qui se livrent à la nuit

Ces solitudes dignes au milieu des silences
Ces larmes si paisibles qui coulent inexpliquées
Ces ambitions passées mais auxquelles on repense
Comme un vieux coffre plein de vieux jouets cassés

Ces liens que l’on sécrète et qui joignent les êtres
Ces désirs évadés qui nous feront aimer
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard

Le National Museum of Women in the Arts (« musée national des femmes artistes ») est un musée privé nord-américain et sans but lucratif, fondé en 1981 à Washington par Wilhelmina Cole Holladay. Il s’agit du seul musée au monde consacré à la production artistique féminine.

Reconnu comme premier mouvement artistique né aux États-Unis à avoir exercé une influence mondiale, l’expressionnisme abstrait désigne l’usage non-représentationnel de la peinture à des fins d’expression personnelle. Il est apparu aux États-Unis dans les années 1940, porté par de grandes figures comme Jackson Pollock, Philip Guston, Robert Motherwell, Mark Rothko ou Willem de Kooning.

L’expressionnisme abstrait recouvre de nombreux styles différents, parmi lesquels se détachent deux sous-catégories principales: l’Action painting, dans laquelle se sont illustrés de Kooning et Pollock, et les «champs colorés», rendus célèbres par Mark Rothko. Les expressionnistes abstraits ont cherché à traduire les émotions et idées en travaillant sur les traces, les formes, les textures, les nuances et la qualité particulière des coups de pinceau. Ce mouvement privilégiait les toiles grand format et laissait la place au hasard et aux accidents.

Avec des œuvres de 20 artistes majeurs de l’expressionnisme abstrait, ce livre présente le mouvement qui a fait basculer le centre de gravité de l’art de Paris à New York et qui demeure pour beaucoup la grande époque de l’art américain.