Une liste des obligations vis-à-vis de soi-même

Voici, pour l’adulte surdoué, un mémo d’exercices à faire au quotidien, de consoles à méditer pour retrouver une cohérence dans sa vie et renouer le dialogue avec soi-même.

  • Trouvez un sens à votre destin, à vos actes, à vos désirs.
  • Devenez conscient de ce qui a de l’importance à vos yeux, et rassemblez vos pensées et vos actions pour soutenir votre définition du sens.
  • Gardez à l’esprit que vous vous souciez davantage d’être aimé que d’être ce que vous aimez, et qu’il faut inverser cette tendance.
  • Votre réussite ne peut se construire en suivant le chemin tracé par les autres. Elle ne peut se bâtir que sur des choix personnels.
  • Personne ne peut établir pour vous le chemin que vous devriez prendre. Choisissez la voie que vous aimez, pour le meilleur et pour le pire.
  • Vous n’avez pas à faire carrière dans tout ce qui a du sens à vos yeux, mais il vous faut trouver une place pour quelque chose qui en a. c’est l’équilibre à trouver.
  • Votre personnalité ne détermine pas une réussite durable. C’est ce que vous faites avec votre personnalité qui compte.
  • Ceux qui bâtissent voient dans chaque expérience l’occasion d’apprendre. Une faiblesse, un pas en arrière n’affectent pas de façon durable leur confiance en eux-mêmes.
  • On ne peut réussir à trouver le bonheur, et une certain bien-être dans sa vie, sans s’impliquer avec foi et passion dans une action ou dans un travail de recherche. ces actions, recherche et travaux, il faut s’y engager sans compter sur une récompense en argent, en pouvoir ou en admiration de l’entourage. Il faut s’engager par ce que c’est essentiel pour soi.
  • Visez un succès durable : ce que vous faites doit avoir un sens profond pour vous, vous passionner au point d’en perdre la notion du temps, et en dépit des critiques.
  • Adoptez une nouvelle façon de penser, avec audace, optimisme et responsabilité.
  • Adoptez une nouvelle façon d’agir, avec efficacité. Ayez une idée précise de ce qui est à accomplir, tout en acceptant que sa réalisation ne sera jamais aussi parfaite que l’idée que vous en aviez.
  • Renoncez à aller très vite. Réprimez votre impatience chronique. Notre époque entretient le mythe que tout doit et peut se faire très vite. Or la vitesse n’est pas garante de la perfection ni de la réussite.
  • Réfutez le mensonge de notre époque : la réussite n’est pas dans la célébrité.
  • Utilisez les nouvelles technologies avec méfiance et parcimonie. Elles flattent votre surefficience intellectuelle et entretiennent l’arborescence de votre pensée ; elles vous permettent d’accomplir plusieurs tâches dans un même moment, abolir le temps et les distances, d’être toujours avec tout le monderons être jamais avec personne… cependant, elles augmentent en proportion votre solitude.
  • Rappelez-vous cette phrase du psychologie Robert Sternberg, auteur d’un ouvrage sur l’« l’intelligence qui réussit » : « L’intelligence devrait être de savoir quand penser et agir rapidement, et quand penser et agir lentement » ; et celle de l’écrivain James Thurber : « Tout homme devrait chercher à savoir avant qu’il ne meure ce qu’il cherche à éviter, ce qu’il recherche, et pourquoi. » […].
  • Apprenez à écouter ! Cela vous permettra d’entendre les petites voix étouffées depuis si longtemps et, ainsi, de mieux vous connaître pour être efficace dans vos choix. Savoir ce que vous désirez fera la différence entre la foi et le doute, le courage et la peur, le succès et l’échec.
  • Le dialogue intérieur contient les clés de vos perceptions, de vos décisions, de vos actions et de la meilleure façon de vivre votre vie.
  • Apprenez à distinguer entre celles de vos pensées qui résultent de ce que vous avez appris et que vos parents et vos enseignants vous ont répété tout au long de votre vie et celles qui émanent de votre sagesse intérieure. la méditation est un excellent moyen pour y parvenir.
  • Privilégiez les objectifs spirituels aux objectifs matériels. l’adulte surdoué est hautement sensible à tout ce qui est spirituel. Il est doté d’un haut sens de la justice et d’une profonde empathie à l’endroit de ceux qui souffrent. Et comme, le plus souvent, il juge le monde extérieur frivole et superficiel, il trouvera de la joie dans une consécration spirituelle ou dans l’accomplissement d’une vocation, bien plus qu’en gagnant de l’argent.
  • Rappelez-vous qu’être à ce que l’on fait, cultiver sa singularité, ce n’est pas se différencier, voire mépriser le monde, c’est s’en rapprocher et créer des liens avec lui.

Jean-Jacques Goldman, A nos actes manqués, album « Fredericks Goldman Jones », 1990

A tous mes loupés, mes ratés, mes vrais soleils
Tous les chemins qui me sont passés à  côté
A tous mes bateaux manqués, mes mauvais sommeils
A tous ceux que je n’ai pas été

Aux malentendus, aux mensonges, à  nos silences
A tous ces moments que j’avais cru partager
Aux phrases qu’on dit trop vite et sans qu’on les pense
A celles que je n’ai pas osées
A nos actes manqués

Aux années perdues à  tenter de ressembler
A tous les murs que je n’aurais pas su briser
A tout c’que j’ai pas vu tout près, juste à  côté
Tout c’que j’aurais mieux fait d’ignorer

Au monde, à  ses douleurs qui ne me touchent plus
Aux notes, aux solos que je n’ai pas inventés
Tous ces mots que d’autres ont fait rimer et qui me tuent
Comme autant d’enfants jamais portés

A nos actes manqués

Aux amours échouées de s’être trop aimé
Visages et dentelles croisés justes frôlés
Aux trahisons que j’ai pas vraiment regrettées
Aux vivants qu’il aurait fallu tuer

A tout ce qui nous arrive enfin, mais trop tard
A tous les masques qu’il aura fallu porter
A nos faiblesses, à  nos oublis, nos désespoirs
Aux peurs impossibles à  échanger

A nos actes manqués

Un patient dont la mère est récemment décédé, doit donner à la radio une conférence sur un sujet qui intéresse – il le sait – son analyste. Il lui en donne le texte à lire et le psychanalyste, en effet, écoute l’émission. En raison de la mort de sa mère, le patient se sent peu disposé à prononcer cette conférence, mais il ne peut l’annuler. Le lendemain, il arrive à sa séance dans un état d’angoisse et de confusion extrêmes. Son analyste, qui est certainement un homme d’expérience, lui interprète aussitôt cette souffrance. Cette interprétation « aurait pu être correcte », note Margaret Little. Elle se révèlera complètement fausse, le psychanalyste ayant attribué à son patient un sentiment de jalousie… qui n’était autre que le sien.

C’est par ce récit que commence le Contre-transfert et la réponse qu’y apporte le patient, l’un des sept textes que recueille ce volume. Ecrits dans les années cinquante et soixante par quatre femmes, quatre psychanalyste de langue anglaise, ils firent date dans l’histoire de la psychanalyse. Sur ce thème du contre-transfert dont Freud disait qu’ « il compte parmi les plus complexes » de la pratique analytique, et auquel Lacan qui en critiqua l’usage, associa le terme de « piège ».

« Le taoïsme est tellement plus éloigné de nous que telle doctrine antique ou médiévale qu’il nous procurera une nourriture infiniment moins accessible, et qui devra être débarrassée de la gangue qui l’entoure ; elle sera infiniment moins variée aussi et plus difficilement assimilable. Mais elle n’en aura pas moins une force telle que tous ses manques disparaîtront devant l’idée unique qui en forme le noyau substantiel, et qui, indéfiniment répétée et sous toutes ses formes, ébranlera l’esprit le plus rebelle après l’avoir scandalisé. Elle la forcera, cette idée, à voir ce qui l’entoure et lui-même sous un jour nouveau, comme si le rayon d’une étoile, lui parvenant après des millions d’années-lumière, remettait en question tout ce que notre Soleil nous a fait voir jusqu’alors. »

Que sait-on vraiment de Lao-tseu, le père fondateur du taoïsme ? Qui était ce mystérieux personnage souvent représenté avec une longue barbe blanche à dos de buffle ? Un dieu ? Un philosophe ? ? A-t-il vraiment existé ?
Trop souvent réduit en Occident à de la gymnastique douce ou aux sports de combat, le taoïsme propose une à l’homme de vivre en accord avec lui-même et avec la nature, grâce à un intense travail sur soi, sur ses énergies et sur son souffle.
Sagesse très chinoise. Peut-elle s’adapter à l’Occident?
Le but de ce hors-série est d’expliquer les principes fondateurs du taoïsme en revenant aux textes fondateurs, à Lao-Tseu le penseur mythique mais aussi à ses successeurs.
Avec ce hors-série consacré à Lao-Tseu, Le Point propose à un public curieux et ouvert un éclairage documenté et pédagogique nourri des analyses et des interviews des meilleurs experts de la Chine, …comme – Catherine Despeux – Vincent Goossaert – John Lagerwey – Rémi Mathieu et d’autres encore.

114 pages

Pour reprendre les mots du professeur Sidney B. Simon : « Ce livre est un écrin, dans lequel on trouvera un joyau : le meilleur de Rogers. »

Inventeur de la « thérapie centrée sur la personne », Carl Rogers est considéré comme le plus influent de tous les psychologues américains. On lui doit seize livres et plus de deux cents articles.

Moins d’un an avant sa disparition, en février 1987, il avait entrepris de regrouper en un seul volume certains de ses écrits, s’assurant pour cela le concours de son biographe, Howard Kirschenbaum, et d’une collaboratrice de longue date, Valérie Land Henderson, qui ont, à la mort du grand psychologue, mené ce projet à son terme.

L’approche centrée sur la personne constitue la meilleure introduction possible à la vie et à l’œuvre de l’un des penseurs les plus créatifs et les plus novateurs du XXe siècle.

À travers des textes, dont la publication s’étend de 1942 à 1987, le lecteur découvrira l’homme évoquant l’origine de sa vocation ou encore son mariage ; le thérapeute aux prises avec des cas individuels mais aussi le chercheur, l’enseignant et l’humaniste, soucieux d’approfondir le dialogue par-delà les frontières. Il assistera à la naissance de la thérapie centrée sur la personne et, sous ses yeux, se déroulera une vie entièrement consacrée, par Rogers, aux idéaux qui furent les siens.

À côté de textes déjà publiés, cet ouvrage met à la disposition du public des documents dont l’originalité et l’importance avaient jusqu’alors été réservées au cercle étroit des revues spécialisées.

Le débat sur le statut du psychothérapeute et sur les relations entre psychanalyse et psychothérapie fait l’objet de cet ouvrage qui réunit les contributions de cinq grands noms du domaine. Ce livre détaille les caractéristiques du processus analytique dans les dispositifs psychothérapiques pratiques par les psychanalystes : face à face, psychodrame, situation groupale, travail avec les adolescents.

Johnny Hallyday, N’en vouloir à personne, texte d’Isabelle Bernal, album « L’attente », 2012

Quand la vie nous envoie
Dans les yeux
La poussière
Dans la peau
La peur
Dans les mains
La sueur
Rester debout

Quand la vie nous envoie
Dans la tête
La colère
Dans le coeur
La peine
Dans le corps
La douleur
Rester debout
Et malgré tout

N’en vouloir à personne
Et jusqu’au bout
Etre encore qui nous sommes
Prendre des coups
Et accepter la somme
De ce qui fait qu’on touche
Le fond et qu’on pardonne
N’en vouloir à personne

Quand la vie nous envoie
Dans les mains
De l’or
Dans les yeux
Le rêve
Dans l’âme
La paix
Etre à genoux

Quand la vie nous envoie
Dans le coeur
L’amour
Dans la peau
L’envie
Dans le corps
La vie
Etre à genoux
Par dessus tout

N’en vouloir à personne
Et être heureux
De c’que la vie nous donne
Et jusqu’au bout
Etre encore qui nous sommes
Tout ce qui fait qu’au fond
De nous un coeur résonne
N’en vouloir à personne

Et malgré tout
N’en vouloir à personne
Et jusqu’au bout
Etre encore qui nous sommes
Prendre des coups
Et accepter la somme
De ce qui fait qu’on touche
Le fond et qu’on pardonne

Et malgré tout
N’en vouloir à personne
Et être heureux
De c’que la vie nous donne
Et jusqu’au bout
Etre encore qui nous sommes
Tout ce qui fait qu’au fond
De nous un coeur résonne
N’en vouloir à personne

N’en vouloir à personne
N’en vouloir à personne

Suffit-il de supprimer les symptômes de la dépression pour en guérir ? Peut-on évacuer si facilement la souffrance psychique qui est au fond de l’état déprimé ? Peut-on, comme par enchantement, retrouver le désir de vivre, de rêver et d’agir ? Psychanalyste, Pierre Fédida montre ici pourquoi la psychothérapie aide à revivre. Les médicaments ont toute leur utilité, mais ils ne guérissent pas du malaise de l’existence. Pour cela, il faut être deux, et donner du temps — pas forcément longtemps. Alors, et alors seulement, la pensée, la parole et l’action redeviennent possibles. Et si la dépression survenait dans ces moments où la vie cherche à se protéger et à se transformer ? Alors, comment faire bon usage de la dépression ?

Pierre Fédida est membre de l’Association psychanalytique de France et professeur de psychopathologie à l’université de Paris-VII-Denis-Diderot. Il est directeur du Centre d’études du vivant.

Ce n’est pas parce que votre enfant ou vous-même êtes brillants ou talentueux que vous êtes surdoués. Et ce n’est pas parce que vous êtes surdoués que vous êtes malheureux. Le vrai surdoué  a un QI supérieur à 125, un fonctionnement intuitif, et une bonne insertion sociale. La souffrance n’est pas un critère, mais juste le signe que le surdoué a besoin – comme tout le monde – d’une thérapie. Béatrice Millêtre remet les pendules à l’heure ! Elle explique tout ce qu’il faut savoir sur les « hauts potentiels » – les vrais. Des données scientifiques à leur fonctionnement au quotidien, qu’il s’agisse des enfants ou des adultes, elle aborde concrètement tous les aspects de leur vie et de leurs relations aux autres (les surdoués en amitié, en couple, en famille, à l’école, au bureau) et fournit des outils pour leur plein épanouissement.

L’actualité de la psychanalyse dans le monde : une sélection en français d’une dizaine d’articles du très prestigieux  International Journal of Psychoanalysis.
En 1920, Freud et Ernest Jones fondent The International Journal of Psychoanalysis (IJP), une prestigieuse revue mensuelle de psychanalyse. Cet ouvrage reprend les articles de l’IJP les plus intéressants pour le lectorat français parus au cours de l’année. La sélection est effectuée par un comité de rédaction composé de neuf psychanalystes de l’Association Internationale de Psychanalyse.
Son ambition : permettre aux psychanalystes du monde entier de confronter leurs pratiques et leurs modèles et ouvrir de nouvelles voies de réflexion. Le débat clinique et théorique entre psychanalystes est, en effet, l’instrument majeur de recherche dans cette discipline.
Sortir de son environnement linguistique et culturel pour mettre au travail ces différences, tel est l’objectif de cette prestigieuse collection. Elle est tout à la fois, une fenêtre ouverte sur le monde de la psychanalyse et sur la psychanalyse dans le monde.

La bonne question pour interpréter l’énoncé ne serait donc pas « qu’est-ce qu’il a dit ? », mais « qu’est-ce qu’il fait en disant cela ? ». C’est d’ailleurs ce que Freud avait déjà bien senti et théorisé en termes de transfert.

Jacqueline Cosnier, Du côté du non-verbal, Revue de psychothérapie psychanalytique de groupe n° 17, 1991

Toute psyché est théâtre, tout «Je» est répertoire secret de personnages oubliés, méconnus, en quête d’auteur et de drame, toute psychanalyse une scène où se répètent, se déploient et se transforment les scénarios inconscients.
Des scénarios que Joyce McDougall découvre dans ce qu’elle nomme le Théâtre de l’Interdit, qui reste marqué par Œdipe, et le Théâtre de l’Impossible, modelé par Narcisse. Ces deux modalités se conjuguent sans cesse, comme le montrent les nombreux cas ici analysés avec une acuité peu commune.
Quand les mots manquent, l’inconscient est le plus demandeur ; quand le plateau paraît désert, la représentation, bouffonne ou tragique, est le plus traversée de bruit et de fureur.

Vêtements

Un jour la Beauté et le Laid se rencontrèrent sur le rivage. Et ils se dirent :  » Allons nous baigner dans la mer.  »
Alors ils se dévêtirent et nagèrent. Au bout d’un moment le Laid revint sur le rivage ; il s’habilla avec les vêtements de la Beauté et poursuivit son chemin.
Et la beauté sortit aussi de la mer, mais ne trouva pas ses habits ; parce qu’elle était trop timide pour rester nue, elle s’habilla avec les vêtements du Laid. Et la Beauté poursuivit son chemin.
Et à compter de ce jour les hommes et les femmes prennent l’un pour l’autre.
Cependant il en est qui ont aperçu le visage de la Beauté, et ils la reconnaissent malgré ses habits. Et il en est qui connaissent le visage du Laid, et ses vêtements ne le dissimulent pas à leurs yeux.

Peut-on, après Freud, rien du continent intérieur ou presque ne nous restant obscur, faire de son exploration oeuvre littéraire ? Peut-on, après Voltaire, Borgès et Lovecraft, écrire encore des contes ? Les textes qui suivent pousseront peut-être les lecteurs à se poser des questions, tout en les divisant, je l’espère, sur les réponses.
Un dernier mot : la psychanalyse devient de nos jours pédante, prêchante, artificieuse et triste.
Sans doute parce qu’elle demeure pour moi chose sérieuse à pratiquer, me fournit-elle, le reste du temps, d’infinies occasions de rire, ou de rêver.
Didier Anzieu

Christian Bourgois, 1975.
Nouvelles éditions revues et augmentées : Collection Psychopée, Clancier Guenaud, 1987, Apsygée, 1990, Les Belles lettres/Archimbaud, 1995.

« Impulsion et maîtrise, science du passé et spontanéité de l’instant, Orient et Occident, le travail de Fabienne Verdier semble non se jouer des contraires mais vouloir les concilier en une inédite et paradoxale unité. (…) La liberté de son travail actuel ne s’explique que par la longue ascèse de son travail d’apprentissage de la calligraphie, vécue moins comme un exercice formel que comme vecteur d’une culture riche et complexe, celle de la pensée chinoise, puis au contraire par la relecture, à travers ce filtre spécifique, de sa culture première. (…) Ses dernières œuvres conjuguent monumentalité et fragilité, comme si, nouvelle Alice ayant traversé le miroir, après avoir effectué sa traversée des signes, elle avait retrouvé l’envie, à nouveau, de concilier l’inconciliable. »

Daniel Abadie

La publication en français du journal de bord du grand psychanalyste W. R. Bion entraîne le lecteur – qu’il soit ou non familier de l’auteur – dans l’intensité de son travail quotidien, d’écoute clinique et d’élaboration. L’ouvrage se lit comme un recueil de nouvelles : celles du processus de pensée d’un immense chercheur, de ses doutes et de ses débats intérieurs, durant plus de vingt années (1958-1979).
Cogitations est le fruit d’un long travail de recherche et de classement mené par Francesca Bion, veuve de l’auteur, sur les écrits privés de Bion qui, ainsi que le faisait Freud, couchait ses pensées sur le papier quasi quotidiennement.
Sans jamais que les éléments de sa vie privée ne viennent distraire la curiosité du lecteur pour ce qui se modèle sous ses yeux, ces écrits proposent à tous ceux qui connaissent déjà la pensée de Bion une saveur d’intimité généralement absente de l’œuvre publiée de son vivant. Ils y découvriront des articulations inédites, des interrogations, des associations dont ses autres ouvrages ont été dépouillés

Henri Michaux et Zao Wou-Ki

Dans l’empire des signes

05 décembre 2015 – 10 avril 2016

Explorant une relation à la fois personnelle et artistique, l’exposition s’intéresse à l’écrivain et peintre Henri Michaux (1899-1984) et au peintre Zao Wou-Ki (1920-2013). Arrivé de Chine en France au début du printemps 1948, Zao Wou-Ki rencontra Henri Michaux dès la fin de l’année suivante. Cette relation humaine, qui devait durer jusqu’à la mort du poète, faite d’attention chaleureuse de part et d’autre, fut aussi et surtout une relation artistique. Non seulement Michaux apportait sa « caution » au jeune peintre, mais son œuvre peint et dessiné et celui de Zao Wou-Ki partagent un certain nombre de choix qui mettent en jeu des procédures opératoires : attention aux signes, appétit d’expérimentation, importance du geste, primat du mouvement.

Les pièces exposées viennent principalement du fonds d’éditions rares d’Henri Michaux que possède la Fondation Martin Bodmer, de la collection de Micheline Phankim, ayant-droit de Michaux, de celle de Françoise Marquet, ayant-droit de Zao Wou-Ki, et de celle de Sven Pitseys, bibliophile belge bien connu des amateurs de Michaux. Des prêts ponctuels sont enfin consentis, en Suisse par le Cabinet des estampes du musée d’Art et d’Histoire de la Ville de Genève et par les musées de Winterthur et Locarno, en France par le musée national d’Art moderne (Centre Georges Pompidou) et par le musée d’Art moderne de la Ville de Paris. Beaucoup de pièces retenues pour l’exposition seront montrées pour la première fois, et leur rassemblement constitue à lui seul un événement.

Commissariat : Bernard Vouilloux et Jacques Berchtold
Scénographie : Stasa Bibic

Dans la traversée de la vie, de ses tout-débuts jusqu’à son extrême fin, dans ses liaisons possibles avec le plaisir ou dans ses dérives mélancoliques, la douleur reste la compagne fidèle du corps et de la psyché.

La douleur relève de l’effraction, par rupture des barrières, par excès d’excitation, une implosion violente qui déborde les limites du moi-corps. Si le privilège est accordé à l’expérience de satisfaction dans la construction du psychisme, du moi et de ses objets, dans la création des fantasmes et des représentations, la douleur fait toujours retour, comme expérience humaine inéluctable et sans doute indispensable parce que toujours liée à la perte d’objet.

La douleur ne se confond ni avec la détresse ni avec la souffrance. Elle en désigne l’au-delà dans une radicalité qui défait les liaisons trop convenues entre les affects et les représentations. Comme éprouvé pur, elle peut exclure la part de l’autre et, en particulier, sa fonction consolatrice. Elle peut aussi et ce sont là son essence et son destin en psychanalyse comme dans la littérature constituer un point d’appel pour les mots et donc pour celui qui les dit ou les écrit.

La plupart d’entre nous avons été élevés dans un esprit de compétition, de jugement, d’exigence et de pensée de ce qui est « bon » ou « mauvais ». Au mieux, ces conditionnements peuvent conduire à une mauvaise compréhension des autres, au pire, ils génèrent colère, frustration, et peuvent conduire à la violence. Une communication de qualité entre soi et les autres est aujourd’hui une des compétences les plus précieuses.
Par un processus en quatre points, Marshall Rosenberg met ici à notre disposition un outil très simple dans son principe, mais extrêmement puissant, pour améliorer radicalement et rendre vraiment authentique notre relation aux autres. Grâce à des histoires, des exemples et des dialogues simples, ce livre nous apprend principalement : à manifester une compréhension respectueuse à tout message reçu, à briser les schémas de pensée qui mènent à la colère et à la déprime, à dire ce que nous désirons sans susciter d’hostilité et à communiquer en utilisant le pouvoir guérisseur de l’empathie.
Cette nouvelle édition est par ailleurs enrichie d’un important chapitre sur la médiation et la résolution des conflits. Bien plus qu’un processus, c’est un chemin de liberté, de cohérence et de lucidité qui nous est ici proposé !