Donald W. Winnicott n’a cessé d’innover, d’inventer, de proposer des solutions inattendues dans la pratique analytique lorsqu’il constatait que l’expérience clinique « ne collait pas avec la théorie ». D’où une œuvre dispersée, aux concepts parfois confus, qu’il était nécessaire de clarifier. Laura Dethiville s’y emploie en reprenant et en expliquant les notions majeures du corpus théorique (objets transitionnels, self, faux self, importance de l’environnement, dissociation…), et en montrant comment Winnicott s’est révélé un étonnant précurseur des soins à apporter aux maux symptomatiques de notre société : pertes d’identité, anorexie ou boulimie, délinquance, maladies psychosomatiques, troubles scolaires… Cette précieuse initiation à la pensée de Winnicott fait de cet ouvrage un outil de réflexion indispensable à la connaissance de cette œuvre.

Counseling and Psychotherapy est en 1942 le premier ouvrage où Carl Rogers définit et illustre sa conception de l’aide psychologique. Alors âgé de quarante ans, Rogers crée en quelque sorte le modèle du psychologue thérapeute qu’il nomme « l’aidant », c’est-à-dire celui qui sait apporter sa spontanéité créatrice au projet d’autonomisation de son client. Cette nouvelle orientation de pensée abandonne tout a priori de jugement, de soutien et de contrôle. La non-directivité comporte une attitude de compréhension foncière laissant au client le choix de son itinéraire, de son langage et de ses décisions. Evitant les artéfacts transférentiels et les étiquettes, la relation d’aide se fonde sur l’optimisme et la confiance dans les capacités évolutives de chaque individu, malgré la souffrance psychique. Clairement ou non, elle sert de mode relationnel de base à de nombreuses situations et méthodes psychothérapiques d’aujourd’hui. D’autres ouvrages de Rogers – Liberté pour apprendre, par exemple – placent ce créateur parmi les tout premiers des praticiens et théoriciens de la psychothérapie moderne. Ce livre, à l’étape initiale d’une grande découverte, apporte une ligne claire à l’action thérapeutique, dans le chaos des techniques et la confusion des idées contemporaines.

La pensée habite des champs d’activité divers. Elle peut être philosophique, scientifique ou religieuse. Mais elle ne peut pas, à moins de renoncer à l’exigence théorique qui la fonde, investir le domaine de la clinique. Et pourtant… Comment qualifier le mode de rationalité issu de la pratique psychanalytique ? Comment rendre compte du travail de pensée qui est à l’œuvre dans l’expérience de la cure ? André Green montre de quelle façon il est possible d’introduire en psychanalyse le concept de pensée clinique. Il analyse, en particulier, la modification des tableaux cliniques sur lesquels l’œuvre de Freud s’est édifiée, apportant des innovations et des réponses que le père de la psychanalyse ne pouvait prévoir.

Regroupant aujourd’hui plus de vingt millions de disciples, le taoïsme est le témoin vivant d’un immense courant de la pensée chinoise. Cette histoire en explore toutes les facettes. Centrée sur l’individu et associant le corps et l’esprit, le taoïsme se distingue des autres religions par l’absence de tout dogmatisme. Une spiritualité créatrice de lien social, marquée par une forte composante cosmologique. Pensée ouverte, le taoïsme a toujours accueilli dans son sein des courants extérieurs qu’il a parfaitement assimilés, sans jamais perdre sa spécificité.

L’étude incontournable d’une tradition en plein essor.

Pendant plus de cinquante ans, Joyce McDougall a pris le risque de parler intimement, non seulement de ses patients, mais aussi de son propre contretransfert. Elle a légué un héritage exceptionnel en donnant à la génération qui l’a suivie le droit de pratiquer un travail psychanalytique plus personnel, plus émotionnel et plus corporel, sans jamais se noyer dans des abstractions métapsychologiques.

Amoureuse de théâtre, elle avait choisi de mettre en scène les diverses configurations psychologiques ou nosographiques sous cette forme particulière : théâtre de l’impossible dans les psychoses, de l’interdit dans les névroses, ou encore le théâtre en rond des narcissiques, ou le théâtre transitionnel pour les états-limites ou les problématiques addictives qui composent aujourd’hui une grande partie des demandes de consultation. Sans oublier, bien sûr, le théâtre du corps, pour tous ces patients n’ayant pas accès à la symbolisation et chez qui seul le langage corporel, non verbal, permet de donner une voix aux souffrances muettes.

À l’initiative de l’École belge de psychothérapie psychanalytique à médiations (PSYCORPS), les auteurs ayant noué avec Joyce McDougall une relation intense et singulière décrivent, de manière toute personnelle, l’impact de cette rencontre sur leur clinique et leur théorisation.

Je suis d’avis que chaque forme de psychopathologie représente, chez l’individu, un type spécifique de limitation de sa capacité d’être pleinement vivant en tant qu’être humain. Le but de l’analyse est dès lors plus large que celui de résoudre un conflit intrapsychique inconscient, réduire la symptomatologie, renforcer la subjectivité réflexive et la connaissance de soi, accroître la faculté d’initiative personnelle. Bien que la sensation d’être vivant soit intimement mêlée à chacune des capacités sus-mentionnées, l’expérience de la vitalité possède, je crois, la qualité de leur être hyperonymique, et doit par conséquent être estimée comme un aspect de l’expérience analytique selon ses propres termes.

Thomas H. Ogden, Analyser les formes de vie et de mort dans le transfert/contre-transfert

78ème CPLF à Gênes (Italie)

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Du jeudi 10 mai 2018 au dimanche 13 mai 2018 (grand week-end de l’Ascension)

Transformations et accomplissements psychiques

Au Centre des Congrès de Gênes

Organisé par la Société Psychanalytique de Paris et l’Association Psychanalytique Italienne, avec la participation l’Association Psychanalytique de France, et des Sociétés Psychanalytiques de Belgique, Brésiliennes de Porto Alegre (SPPA), Rio de Janeiro (Rio 2) et São Paulo (SBPSP), Canadienne, Espagnole, Hellénique, Israélienne, Portugaise, Suisse, des Associations Psychanalytiques d’Espagne, d’Italie et le concours de l’Association Psychanalytique Argentine (APA).

Deux rapports seront présentés :

Sabina LAMBERTUCCI MANN (SPP) :

Giuseppe CIVITARESE (SPI) :

Secrétaires scientifiques : Bernard Chervet, Marilia Aisenstein

Mon ami Serge a acheté un tableau.
C’est une toile d’environ un mètre soixante sur un mètre vingt, peinte en blanc. Le fond est blanc et si on cligne des yeux, on peut apercevoir de fins liserés blancs transversaux.
Mon ami Serge est un ami depuis longtemps.
C’est un garçon qui a bien réussi, il est médecin dermatologue et il aime l’art

Et si le grand problème actuel était que la plupart des injonctions qui nous sont assénées pour nous calmer ne font que nous mettre une pression plus grande ? Il faudrait « méditer », manger comme ceci, faire tel entraînement pour être en forme, avoir de l’initiative, ne pas parler comme cela, être à la fois calme et dynamique, chaleureux et sérieux… Et si au contraire il fallait plutôt commencer par se foutre la paix pour commencer à vivre ? Mais comment lâcher-prise et se donner l’autorisation d’être soi-même ? 

C’est ce que proposera d’explorer Fabrice Midal dans son nouveau livre Foutez-vous la paix ! Et commencez à vivre dont les différents chapitres inviteront à : 

Chapitre 1- Cessez de méditer — Ne faites rien
Chapitre 2- Cessez d’obéir — Vous êtes intelligent
Chapitre 3- Cessez d’être sage — Soyez enthousiaste
Chapitre 4- Cessez d’être calme — Soyez en paix
Chapitre 5- Cessez de vous réfréner — Désirez !
Chapitre 6- Cessez d’être passif — Sachez attendre
Chapitre 7- Cessez d’être conscient — Soyez présent
Chapitre 8- Cessez de vouloir être parfait — Acceptez les intempéries
Chapitre 9- Cessez de chercher à tout comprendre — Découvrez le pouvoir de l’ignorance
Chapitre 10- Cessez de rationaliser — Laissez faire
Chapitre 11- Cessez de vous comparer — Soyez vous-même
Chapitre 12- Cessez d’avoir honte de vous — Soyez vulnérable
Chapitre 13- Cessez de vous torturer — Devenez votre meilleur ami
Chapitre 14- Cessez de vouloir aimer — Soyez bienveillant
Chapitre 15- Cessez de discipliner vos enfants — La méditation n’est pas de la Ritaline
Conclusion- L’émerveillement d’être

Donald W. Winnicott (1896-1971), médecin, pédiatre et psychanalyste, occupe, du fait de l’originalité de sa pensée et de ses apports cliniques et conceptuels, une place unique dans la psychanalyse. Il fut le président, à deux reprises, de la Société britannique de Psychanalyse. Premier recueil d’articles de D. W. Winnicott publié en français en 1969, De la pédiatrie à la psychanalyse préfacé par le Dr Henri Sauguet, demeure l’ouvrage de base pour qui s’intéresse à son oeuvre ainsi qu’aux possibilités thérapeutiques offertes aux psychanalystes, aux pédiatres, aux travailleurs sociaux, à tous ceux, professionnels ou non, curieux de cet éclairage nouveau du psychisme. Ces trente textes de 1935 à 1963, constituent un ensemble privilégié pour suivre Winnicott dans sa longue expérience de la psychanalyse et de la psychothérapie d’enfants et d’adultes : vaste domaine d’exploration de la relation précoce mère enfant mais aussi des cas limite, antisociaux, psychotiques, pour lesquels la cure aménagée à cet effet par Winnicott rend possible la reconstruction de la période d’extrême dépendance infantile. Son indépendance d’esprit, la variété technique et conceptuelle de ses travaux, élargissant la voie frayée par Freud et approfondie par Mélanie Klein, apparaissent tout au long de ce livre essentiel.

La traduction de cette nouvelle édition de 1989 a été entièrement refondue par Jeannine Kalmanovitch qui l’a enrichie de quatre articles inédits ; elle a mis à jour la bibliographie de D. W. Winnicott et a ajouté des annexes.

Il n’y a rien de certain au sujet de l’art sinon que c’est un mot […]. L’art en soi, c’est la partie éternellement muette dont on peut parler éternellement.

Willem de Kooning (1904 – 1997)