Qui a dit que le développement personnel devait toujours se décliner au sérieux ? La sagesse réside peut-être aussi ailleurs que là où vous l’attendez ! Les trois désaccords en sont la preuve flagrante. Ces trois principes sont destinés à aider toute personne souhaitant atteindre plus de liberté, de satisfaction et de bien-être dans sa vie. Même si au passage ils égratignent et écornent quelques classiques de l’establishment du développement personnel.

Après un quart de siècle consacré à des recherches en neurophysiologie qui lui valent une renommée internationale, Sigmund Freud, en un geste audacieux de rupture, s’engage dans cette étrange autoanalyse qui lui fait inventer la psychanalyse – sur la base d’un examen de ses propres rêves et d’une perception singulière des hystéries et des névroses.
À vocation clinique, la pensée freudienne se fixe pour tâche d’explorer tous les domaines de la condition humaine : érotique, onirique, esthétique, mais aussi anthropologique, esquissant au passage la possibilité d’une psychanalyse politique.
Roger Dadoun présente le « roman intellectuel » de ce savant qui, longtemps seul, regroupa autour de lui une « horde sauvage » et étendit son emprise bien au-delà de son cabinet. Ainsi se donne à voir le médecin, penseur, humaniste, libérateur, théoricien de la sexualité et de la pulsion de mort, chasseur d’illusions, confronté à l’« inquiétante étrangeté » du monde contemporain.

Imaginez un livre
qui serait comme un ami de papier.

Imaginez un livre
qui vous aide à explorer
votre propre esprit.

Imaginez un livre
qui vous entraîne vers le plus beau,
le plus simple
et le plus étonnant des voyages.

Un voyage dans votre vie.
Un voyage dans vos rêves.
Un voyage hors du temps.

Ce livre vous le tenez entre vos mains.

« L’angoisse est la réaction au danger. »

Vertiges, tremblements ou frissons, nausées, palpitations, maux de ventre, poitrine oppressée – notre corps manifeste de mille façons que nous sommes pris d’angoisse. Mais comment déchiffrer un affect aussi impalpable et protéiforme ? Que nous signale l’angoisse ? Renvoie-t-elle au présent ou au passé ? Peut-on s’en protéger ? Pour le savoir, deux célèbres essais (l’un de 1895, l’autre de 1926) où Freud ‒ éclairant au passage des troubles comme l’agoraphobie, l’anorexie ou la boulimie, mais évoquant aussi bien la douleur et le deuil ‒ se livre à une véritable enquête sur le rôle du corps dans notre vie psychique.

Le baron de Münchhausen, d’après la légende, se prit lui-même par les cheveux pour se sauver, ainsi que son cheval, de la noyade. Est-il possible, à son exemple, de se tirer ou de tirer quelqu’un d’autre de quelque intenable situation en voyant la vie avec des yeux nouveaux ?

Telle est la question à laquelle Paul Watzlawick veut répondre dans ce livre, clair et attrayant. Il nous montre comment nous pouvons changer notre perspective sur la réalité au lieu de nous enfermer dans une vision limitée et rigide ; il pose les bases d’une science paradoxale du changement, et décrit de façon minutieuse et fouillée le modèle théorique qui sous-tend la pratique de l’Institut de Palo Alto.

Il semble bien qu’à l’exhortation courante ‘Assez de paroles, des actes’ la psychanalyse réponde par une exigence contraire : ‘Toujours plus de paroles et le moins d’actes possibles’ ! La psychanalyse ou du moins l’idée qu’on s’en fait. C’est cette idée reçue que ce numéro vise à mettre à l’épreuve, en ne s’enfermant pas dans l’opposition schématique du dire et du faire. Actes, tu jactes !

Après avoir commis « la seule faute impardonnable du début du XXIe siècle » – exprimer publiquement une opinion impopulaire –, Adeline, célèbre illustratrice de bande dessinée, devient la cible d’attaques haineuses sur les réseaux sociaux. Ellen, une jeune femme de vingt-deux ans sans histoires, subit le même sort lorsque des photos de ses ébats sexuels avec son petit ami du lycée se propagent de manière virale sur la toile. Dans le San Francisco de 2013, elles ont fait l’erreur d’être des femmes au sein d’une société qui déteste les femmes.
Dans Je hais Internet, Jarett Kobek pose un regard satirique sur une société hyper-connectée, tout acquise au virtuel, intrusive. Il s’en prend à l’idéal libertaire aux origines d’Internet, et se demande comment les géants du net ont réussi à générer des milliards de dollars en exploitant la créativité d’internautes impuissants, sans rencontrer d’opposition. À l’ère du sacre des réseaux sociaux, un récit jubilatoire et salutaire.

Les recherches d’André Green témoignent d’une attention constante portée à la question du langage en psychanalyse. C’est là une des caractéristiques les plus remarquables de son œuvre, mais sans doute aussi la moins connue. Du signe au discours met maintenant en évidence les principaux jalons de sa réflexion sur ce thème durant ces quinze dernières années. Si Green mobilise ici les apports des théories du langage et sollicite notamment les travaux de Hagège, Culioli, Halliday, Austin ou Peirce, il soutient avant tout la spécificité de la position psychanalytique et propose un modèle original des rapports entre psychanalyse et langage, en défendant la singularité du discours au sein du cadre analytique. Privilégiant une conception complexe, à la fois intrapsychique et intersubjective, du processus de création et de destruction du sens en séance, il explicite les impasses dues au réductionnisme du modèle lacanien, insiste sur l’hétérogénéité de la signification en psychanalyse, fait valoir la dimension de l’affect dans le discours analytique, et montre, enfin, comment seule une théorie de la représentation généralisée peut répondre aux problèmes soulevés par la pratique et la théorie de la psychanalyse contemporaine.

Henriette Bichonnier : ne pas s’excuser de “n’écrire QUE pour les enfants”

Auteure qui s’était consacrée à la littérature jeunesse, et journaliste, Henriette Bichonnier est décédée à l’âge de 74 ans. Née le 27 juin 1943, elle avait fait paraître ses premières histoires en 1969. Dans la presse, elle travailla pour Pomme d’Api à partir de 1971 ainsi que dans F Magazine, journal féministe, et dans la rubrique loisirs enfants de Télérama.

La névrose est caractérisée par le fait qu’elle donne à la réalité psychique le pas sur la réalité de fait, qu’elle réagit à l’action des idées avec le même sérieux avec lequel les êtres normaux réagissent devant les réalités.

Sigmund Freud, Totem et tabou

Aux États-Unis, la recherche militaire s’intéresse de très près à un certain oiseau migrateur, le bruant à gorge blanche. Sa particularité : pouvoir voler plusieurs jours d’affilée sans dormir. Les scientifiques qui l’étudient rêvent de façonner, demain, des soldats insomniaques, mais aussi, après-demain, des travailleurs et des consommateurs sans sommeil.
« Open 24/7 » – 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 – tel est le mot d’ordre du capitalisme contemporain. C’est l’idéal d’une vie sans pause, active à toute heure du jour et de la nuit, dans une sorte d’état d’insomnie globale. Cet essai expose ce processus de grignotage du temps : où l’on apprend qu’un adulte américain dort aujourd’hui 6 heures et demie par nuit en moyenne, contre 8 heures pour la génération précédente, et 10 heures au début du XXe siècle.
Si personne ne peut réellement travailler, consommer, jouer, bloguer ou chater en continu 24 heures sur 24, aucun moment de la vie n’est plus désormais exempt de telles sollicitations. Cet état continuel de frénésie connectée érode la trame de la vie quotidienne et, avec elle, les conditions de l’action politique.
Dans cet essai brillant et accessible, Jonathan Crary combine références philosophiques, analyses de films ou d’oeuvres d’art, pour faire un éloge paradoxal du sommeil et du rêve, subversifs dans leurs capacités d’arrachement à un présent englué dans des routines accélérées.

Notre monde nous sollicite en permanence à l’action immédiate et à la rentabilité du temps, alors à quoi bon et pourquoi parler d’ennui ? N’avons-nous rien de mieux à faire… À une époque « hyper-agitée », l’ennui devient peut-être même tabou, ce qu’il s’agit d’éviter à tout prix. Mais à force de nous agiter effrénément d’une occupation à l’autre, ne courrons-nous pas le risque de basculer de l’exaltation à la dépression ? Faute de n’avoir su apprivoiser ce désœuvrement que nous craignions tant… Ce livre démontre que l’« ennui » n’est pas « mortel » ni « ennuyeux » pour celui qui s’y adonne sans crainte. Bien au contraire, il serait même une condition d’accès à ce qui est « vivant » au plus profond de nous-même et à ce qui a authentiquement de l’« intérêt » pour nous. Il ne s’agit plus dès lors de fuir l’ennui mais de le savourer ; comme ce temps (inquiétant mais nécessaire) de latence de soi d’où advient la possibilité d’être et d’agir en pleine conscience. C’est là que la joie, la créativité et l’amour de soi, des autres, de la vie, trouvent leur source.

Quels modèles théoriques inspirent principalement la psychanalyse actuelle ? Comment comprendre les lois de l’inconscient face à celles de la réalité émotionnelle ? Quelle est la différence entre le transfert et la relation analytique, la dépression mélancolique et la dépression non mélancolique ? Comment travailler avec le contre-transfert ou avec les identifications projectives ? Comment aborder, dans la cure, le narcissisme et la construction des refuges psychiques ? Voici quelques-uns des nombreux sujets auxquels Franco De Masi s’attaque dans cette série de leçons psychanalytiques données à l’Institut de formation de Milan. Pleinement averti des transformations qui agitent la psychanalyse contemporaine, l’auteur passe en revue les fondamentaux de la pratique de l’analyste. Portant haut les couleurs d’une psychopathologie proprement psychanalytique, l’ouvrage contextualise l’émergence de certains concepts-clés et suit leur évolution au fil du temps, fournissant à l’analyste en formation un panorama extrêmement clair et utile de la psychanalyse clinique d’aujourd’hui. 

« La question cruciale pour le genre humain me semble être de savoir si et dans quelle mesure l’évolution de sa civilisation parviendra à venir à bout des perturbations de la vie collective par l’agressivité des hommes et leur pulsion d’autodestruction. Sous ce rapport, peut-être que précisément l’époque actuelle mérite un intérêt particulier. Les hommes sont arrivés maintenant à un tel degré de maîtrise des forces de la nature qu’avec l’aide de celles-ci il leur est facile de s’exterminer les uns les autres jusqu’au dernier. Ils le savent, d’où une bonne part de leur inquiétude actuelle, de leur malheur, de leur angoisse. Il faut dès lors espérer que l’autre des deux « puissances célestes », l’éros éternel, fera un effort pour l’emporter dans le combat contre son non moins immortel adversaire. Mais qui peut prédire le succès et l’issue ? » Sigmund Freud